Chaque geste que tu fais, de David Malouf

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Quatrième de couverture

Un jeune homme partant à la guerre tente de comprendre quelle est sa véritable place dans le monde qu’il s’apprête à quitter ; une partie de chasse met à nu les secrets de chacun ; un compositeur voit sa vie prendre des allures de cantate complexe ; une femme se souvient de son bonheur passé au bord d’une piscine italienne ; une veuve essaye de garder le contrôle de sa vie …

Dans les sept nouvelles bouleversantes qui composent ce recueil, David Malouf, l’un des plus grands auteurs australiens contemporains, nous laisse entendre des hommes et des femmes étrangement seuls, face à un passé enfoui et un présent à décrypter.

Puissamment enraciné dans les paysages et les réalités d’une Australie magnifiée, ce livre poignant résonne comme une exploration de ces mondes intérieurs qui nous séparent et nous relient les uns aux autres.

 

Chronique d’Ailayah

Je tiens tout d’abord à remercier les éditions Albin Michel pour m’avoir permise de découvrir cet auteur.

Je dois dire que le début m’a littéralement enchantée. Je ne m’attendais à rien en particulier, et j’ai été agréablement surprise de me retrouver plongée dans un univers captivant, en Australie, avec des personnages qui restent toujours très proche malgré tout ce qu’on ignore d’eux. J’ai énormément aimé la thématique perçue dans les premières nouvelles. David Malouf, à travers ses histoires, nous montre qu’on peut se croire proche d’une personne, penser la connaître sur le bout des doigts, et pourtant ignorer totalement ce qu’elle est au fond d’elle, ce qu’elle peut ressentir, penser … Le mystère qui entoure l’être humain est présent partout, en chacun, même en celui qui est le plus proche de nous, et c’est là tout ce qui est fascinant dans ces nouvelles.

Il s’en détache alors une certaine solitude de l’homme assez intéressante. Les personnages ne sont jamais seuls physiquement, et pourtant, on les sent parfois si lointain, errant en solitaire au milieu d’un monde qu’ils ont du mal à comprendre. David Malouf analyse avec beaucoup de justesse toute la complexité de l’âme humaine et je dirai même de l’identité d’une personne. On se rend compte à travers tous ses récits, que l’homme est bien plus que ce qu’il montre à travers ses actions. Il y a tout un monde intérieur qui reste enfoui. Le passé d’une personne forge également son identité, et on ne cesse d’y revenir.

Ce recueil de nouvelle nous fait réfléchir sur tous ces thèmes-là, et bien que cela puisse paraître bien complexe parfois, David Malouf arrive à nous captiver avec son écriture fluide et très agréable. Chaque nouvelle est romancée de manière à la fois à nous faire passer un agréable moment de lecture en compagnie de personnages intéressants et touchants, et à nous faire réfléchir sur l’homme et les relations humaines.

Si dans l’ensemble j’ai vraiment apprécié cette lecture, j’ai cependant aimé certaines nouvelles plus que d’autres. Celles qui me resteront le plus en mémoire sont la première « La vallée des lagons », qui nous fait voyager en Australie et nous fait rencontrer des personnages tout à la fois fascinants, émouvants et complexes, la deuxième dont le nom a été donné au recueil et qui n’est pas sans nous rappeler cette chanson de The Police « Every breath you take », et la troisième « Enfant soldat ». Dans la deuxième la révélation faite sur l’un des personnages m’a énormément émue et j’ai adoré cette petite lueur de compréhension lorsque nous savons enfin pourquoi il avait ce comportement face à sa beauté. Dans la troisième nouvelle, le personnage m’a beaucoup touché en soi, et son évolution, sa prise sur le monde, son innocence et son côté très flou sur sa connaissance de lui-même donnent tout son charme à cette histoire qui fait beaucoup réfléchir.

Il ya une nouvelle dont je n’ai pas vraiment compris l’intérêt, « Ce lieu et ce temps », et une que je n’ai pas réussi à terminer tellement elle m’a complètement déboussolée, « Mrs Porter et le Roc ». Cette nouvelle nous parle d’une veuve qui semble avoir complètement perdu pied depuis la mort de son mari. Le côté très désarticulé de cette nouvelle m’a perdu car je n’arrivais plus à suivre l’histoire, les pensées de cette femme qui nous fait rentrer dans des souvenirs, qui nous parle de personnages dont on n’arrive pas à comprendre la place dans le récit, qui fait rentrer dans sa folie finalement. Cette nouvelle est très bien faite et je pense que le sens se trouve dans l’écriture elle-même, malheureusement je n’ai pas trouvé la force de la finir car pour moi, elle ne menait nulle part et en devenait beaucoup trop longue.

Malgré ces petits bémols, ce recueil restera pour moi une très belle découverte et si vous êtes avare de récits qui vous font réfléchir sur la nature humaine tout en vous faisant passer un agréable moment et voyager à travers des paysages exquis, alors ce livre est pour vous !

 

Chaque geste que tu fais

David Malouf

Albin Michel

319 pages

22€

 

 

Ailayah

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