Dans l'ombre de la ville, de James Conan

Quatrième de couverture

Chicago, octobre 1893. Alors que l'Exposition Universelle bat son plein, le cadavre d'une jeune femme est repêché dans le fleuve.

Il s'agirait d'Anna Zemeckis, une New-Yorkaise de vingt et un ans installée depuis peu dans la région. Jeune journaliste pleine d'ambition, Emily Strauss convainc le magnat de la presse Joseph Pulitzer de l'envoyer enquêter sur l'affaire. Son but : montrer le vrai visage de Chicago, celui que le maire s'efforce de cacher afin de ne pas ternir l'image d'une ville au centre de toutes les attentions. Emily ne tarde pas à découvrir qu'Anna Zemeckis n'est pas morte, mais que, comme d'autres jeunes femmes, elle a été victime d'un réseau florissant de pornographie implanté dans la cité la plus moderne d'Amérique...


Chronique de Garlon

Je vais vous parler d’un livre qui m’a à la fois fort plu et fort déçu : Dans l’ombre de la ville, de James Conan (qui est le pseudonyme de Helen Rappaport et William Horwood).

Avant de rentrer dans le livre en lui-même, je voudrais m’attarder sur le quatrième de couverture. C’est la première fois que cela m’arrive, mais oui, je vais donner un avis négatif sur un point avant même de rentrer dans le livre. En effet, il est marqué dans le quatrième de couverture qu’un corps est repêché dans le fleuve et qu’il s’agirait d’Anna Zemeckis. Ce n’est pas le cas, étant donné que le corps que l’on prend pour celui d’Anna est un corps écrasé par un tramway et que celui repêché dans le fleuve est la vraie Anna Zemeckis, mais bien vivante, et c’est comme ça que démarre l’histoire. Il y a donc une erreur au niveau du quatrième de couverture.

Un autre point qui me dérange à cet endroit est la révélation dans les grandes lignes de ce qui est arrivé à Anna dès le quatrième de couverture. Cela en dit de trop et permet facilement de comprendre toute l’histoire bien avant la moitié du livre (mais je parlerai de l’intrigue plus loin).

Il est temps d’ouvrir le livre et de rentrer dans l’histoire en elle-même :

Une jeune fille a disparu dans Chicago et un corps qui semble être le sien est retrouvé. Le père de la fille envoie alors une lettre au World, les priant de mener une enquête sur le vrai visage de Chicago et le danger de cette ville pour les jeunes filles. Emily Strauss, désireuse de bien se faire voir de Mr Pulitzer, se lance dans ce sujet et se rend donc à Chicago, où elle va faire de bien sombres découvertes.

Nous suivons également une jeune fille, découverte presque morte au bord de l’un des fleuves de Chicago, qui se retrouve internée en hôpital psychiatrique car elle a perdu la mémoire. Nous comprenons bien vite que cette jeune fille n’est autre qu’Anna Zemeckis, la jeune disparue dont on aurait « retrouvé » le corps. Mais qu’a-t-il bien pu lui arriver pour qu’elle se retrouve là ? Et pourquoi tout le monde semble-t-il chercher sa mort ?

Bon, je vais directement dire le point qui m’a le plus ennuyé dans le récit, afin de passer ensuite à ses points positifs.

Ce qui m’a dérangé est l’intrigue. En effet, le livre prend vite une allure d’histoire un peu plus policière, et on s’attend donc à une intrigue assez bien ficelée qui nous tiendra en haleine jusqu’au bout. Eh ben non, l’intrigue n’est vraiment pas terrible (et encore plus gâchée par ce qui est dit dans le quatrième de couverture), et on devine ce qui se passe, qui est responsable de l’état d’Anna, avant la moitié du livre, et le reste se retrouve assez vidé de son intrigue.

Malgré ce point, je dois dire que le livre m’a quand même assez plu, et ce surtout grâce à l’ambiance de l’époque vraiment très bien faite, des descriptions complètes et intéressantes et des personnages hauts en couleurs. Le contexte de Chicago dans le rôle de la plus belle ville du monde se retrouve petit à petit changé par l’image réelle de la ville, avec sa violence et sa déchéance.

J’ai eu un peu de mal à m’accroché aux personnages, mais cela n’est dû qu’au fait que la façon de penser à fort changé et que les mœurs de l’époque sont loin de me convenir (comme l’autorité abusive d’un père sur sa fille, l’histoire vielle comme le monde du « pas de sexe avant le mariage », ou encore le fait que le plaisir d’une femme dans le sexe relève d’une manifestation du Diable, car la femme ne doit pas prendre de plaisir pendant l’acte). Malgré cela, je me suis attendrit pour les personnages d’Anna et d’Emily, et j’ai vraiment aimé la façon d’être et de penser de celui que l’on appelle Monsieur Dingo et de Hans Darke.

Un dernier point que je souhaite ajouter en faveur du livre, c’est que, malgré que l’intrigue soit vite épuisée, le livre ne manque pas du tout d’action, et ce jusqu’au bout, et les auteurs ont vraiment un grand talent pour dépeindre tout un tas de situations, ce qui fait que le livre se lit quand même assez rapidement.

Voila donc un livre non exempt de défauts, mais qui m’a quand même assez bien plu malgré tout, et que je conseillerais à tout lecteur tenté par la découverte de la « mauvaise » facette de Chicago à la fin du 19ème siècle, mais que je déconseille si l’intérêt que vous recherchez est une intrigue approfondie. 

 

Dans l'Ombre de la ville

James Conan

Presses de la Cité

524 pages

22 €

 

Garlon


 

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Date de dernière mise à jour : 25/05/2012