Des nouvelles du Celsa, de Collectif

des-nouvelles-du-celsa.jpgQuatrième de couverture :

Le Celsa : quelles nouvelles ? Au fronton de son sigle, trois lettres figurent, depuis maintenant plus de cinquante ans, pour nous rappeler que le Celsa s'est d'abord défini comme un Centre d'Études Littéraires... En donnant ici le plus vif de ses nouvelles, l'école rend ainsi hommage à cette vocation première : ni université de Lettres, ni école de littérature, le Celsa s'inscrit néanmoins, dès l'origine, comme un lieu du littéraire, mais du littéraire « appliqué ». En réaffirmant les liens qui les unissent à l'écriture, les étudiants de Licence vérifient chaque année l'intérêt des questions que pose l'étude d'une communication littérairement ancrée, qui considère que les « relations publiques », le « marketing », les « médias » ou les « ressources humaines » sont autant d'objets qui trouvent leur sens à l'articulation intime des textes, des paroles et des hommes. C'est pourquoi la dimension littéraire - qu'elle soit écrite, orale, inscrite, parlée - reste si précieuse à nos yeux pour révéler ce fonds esthétique auquel puisent les échanges quand ils croisent la sensorialité de la voix, de l'écran ou du papier, la poésie des matérialités faites (de) mots et la valeur des expériences partagées. À l'image d'une école qui fait le choix de ne pas démêler le savoir et la saveur, le son et le sens, les sens et les valeurs, l'information ne peut que s'éclairer au feu des formes, et la communication à celui des communions.

À nous livrer leurs plus beaux textes, les étudiants se recueillent ici pour célébrer les liens sûrs qui unissent la création avec l'étude et la pratique des supports d'expression, qu'ils soient les plus familièrement « innovants » ou les plus « révolutionnairement » immémoriaux : telle est sans aucun doute la portée profonde de leurs « nouvelles ». Le rappel des origines n'aurait enfin que peu de sens s'il ne nous invitait pas à ouvrir un carnet d'hommages sincères et amicaux aux initiateurs d'un concours de nouvelles au Celsa : nous pensons en les remerciant à Adeline Wrona et à Francis Yaiche qui ont créé et animé avec passion les premiers ateliers d'écriture et que nous n'avons fait que reprendre en leur permettant d entrer sous la lumière nouvelle du texte publié. --Avant-propos d'Olivier Aïm (Maître de conférences au Celsa)

Chronique de Sybille :

Avant tout, je tiens à remercier les éditions Kyklos et Le Celsa, pour m'avoir permis de lire ce recueil de nouvelles très intéressant. En effet, cet ouvrage contient une petite dizaine de nouvelles écrites par des étudiantes. Pour tout vous dire, j'ai été plutôt enchanté de lire ce livre. Ces nouvelles sont toutes très bien écrites et on sent en lisant ce recueil le travail impressionant qui a été fourni par chacune des étudiantes. Cependant, j'ai trouvé que certaines nouvelles étaient plus prenantes et plus intéressantes que d'autres, de par leurs formes ou de par leurs sujets.

J'ai donc décidé de reprendre chacune de ces nouvelles et d'expliquer ce qui m'a plu ou pas. Tout d'abord, j'ai eu des préférences pour Pelure d'oignon et pour l'Éclipse. Ces deux nouvelles sont de véritables petits bijoux, et je vous conseille de les lire. Pelure d'oignon m'a vraiment touché, parce que l'auteure a pris pour sujet, les Sans Abris. En effet, l'histoire raconte une véritable amitié entre un Sans Abri solitaire et un lapin blanc, dénommé Pelure d'Oignon. On s'attache très vite à cette petite boule de poil, presque autant que ce Sans Abri qui fera tout pour le sauver. L'Éclipse est une histoire qui s'inscrit dans un tout autre registre puisqu'elle aborde de manière impressionante, le deuil, sujet qui selon moi, est un des plus durs à traiter. Mais l'auteure s'y prend vraiment très bien et réussit à nous présenter une nouvelle magnifique et triste à la fois.

Ensuite, viennent deux autres nouvelles que j'ai beaucoup aimé, en partie pour l'originalité des deux auteures. En effet, Pomme de Discorde est une petite nouvelle qui se passe dans une foire et qui apparaît assez dérangeante pour le lecteur. Cette histoire représente très bien la folie, et fait partie intégrante des nouvelles qui ne me laisse pas indifférente. C'est d'ailleurs pour cette dernière raison que j'ai apprécié Démon du Jeu, qui est aussi dérangeante que Pomme de Discorde, mais d'une autre façon. En effet, cette nouvelle mêle réel et iréel, si bien qu'on a parfois du mal à faire la différence. Là aussi, la nouvelle est tournée vers la folie mais elle est exploitée d'une autre manière : j'ai vraiment compris où l'auteure voulait en venir lorsqu'elle expose la chute finale, qui, je dois bien le dire, prend aux tripes.

Pour finir, j'ai regroupé les trois dernières nouvelles, car ce sont celles que j'ai le moins apprécié. Mais malgré cela, il faut dire qu'elles se détachent des autres par la forme. En effet, c'est cette forme qui va faire toute l'originalité de ces nouvelles et qui permet de relever le talent de ces auteures. Silences de Minh m'a tout de même beaucoup plu, parce que cette histoire rappelle l'existence de l'immigration et de l'asile politique, qui ont tendance à être oublier. L'auteure fait passer un message d'espoir à travers cette nouvelle écrite sur un fond historique et politique et j'ai trouvé celle ci très agréable à lire. Espoir et Spire est vraiment très originale : l'histoire ne m'a pas vraiment emballé mais la forme est carrément exceptionnelle. En effet, je l'ai considéré comme un hymne à la routine et aux cercles vicieux. La situation du personnage principal est vraiment bien mise en place, à tel point qu'on a l'impression de tourner en rond, ce qui ,je suppose, était le message que l'auteure voulait transmettre au lecteur. Pour finir, Salaud de Deacon, pauvre Bridget, est aussi présentée dans une forme qui sort de l'ordinaire. Cependant, je l'ai trouvé tellement originale que j'ai eu du mal à comprendre où l'auteure voulait en venir. Je n'ai pas vraiment été transporté par l'histoire et l'écriture de l'auteure m'a un peu dérangé. Ceci dit, dans son ensemble, je pense que c'est une très bonne nouvelle, mais son potentiel aurait sans doute été mieux développé si l'auteure avait choisi une forme et une écriture un peu plus conventionnel.

Pour finir, je dois dire que ce recueil de nouvelles est très intéressant. Dans son ensemble, c'est un recueil qui se lit très bien, tellement bien qu'on tourne les pages sans même s'en rendre compte. A la fin, on n'en redemanderait bien ! Ce recueil revèle un talent certain, et je tenais à féliciter ces jeunes auteures qui ont devant elles, un avenir prometteur. Je ne peux que vous conseiller de vous plonger dans les nouvelles du Celsa.

Des nouvelles du Celsa,

de Collectif

éditions Kyklos

412 pages

22 euros

 

 

Sybille

 
 

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Date de dernière mise à jour : 25/05/2012