Huit minutes de ma vie, de Gilles Bornais

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Quatrième de couverture :

 

La prochaine fois que j’irai pisser, je serai la meilleure nageuse de tous les temps ou une pauvre fille trop grande et trop blonde, sans le bac et pas mal portée sur les garçons. L’Australienne est derrière la porte, livide dans son survêtement vert, la figure lavée d’un sourire d’enterrement. Ai-je moi aussi cette mine de déterrée ? Évidemment. Il n’y a plus que la course qui peut me tirer de là. Un plongeon, seize longueurs, sept cent quarante mouvements de bras, huit minutes et des poussières pour me ramener à la vie. Huit minutes d’une finale où se joue le destin d’Alizée. Un état de grâce aux yeux du monde. Mais dans l’angoisse de la chambre d’appel, les muscles revivent déjà les entraînements de fer, les boyaux se tordent et les souvenirs affluent, douloureux et dangereux. Vertige de funambule, ce récit suspendu vous entraîne pour la première fois dans la violence cachée du monde olympique. Une vie de femme et de failles, entre amours, désamour, sacerdoce et faux-semblants.

 

Chronique de Yukarie :

 

Rares sont les livres abordant le sujet des compétitions de natation alors grand fût mon plaisir lorsque les éditions JC Lattes ont proposé une œuvre sur ce sport que j'aime beaucoup.

 

Le livre de Gilles Bornais raconte l'histoire d'une jeune nageuse déjà championne du monde, Alizée, qui se prépare à concourir pour la finale du 800 mètres des Jeux Olympiques. Dans quelques minutes, elle s'élancera pour une course de 8 minutes qui changera sa vie. Durant ce temps, Alizée, dans la chambre d’appel avec les sept autres concurrentes, nous confie minute par minute son ressenti mais aussi ses souvenirs et ses souffrances pour en être arrivée là.

La compétition à haut niveau est loin d'être de tout repos. Derrière les médailles, les podiums et ce que l'on peut voir a l'écran en tant que public se cachent douleurs, fatigues et souffrances. L'entrainement des sportifs professionnels est beaucoup plus complexe et physique que ce que l'on peut croire et la pression des médias ou de la fédération est imposante !

Dans ce livre, Alizée nous ouvre les portes de son enfance, de ses premières compétitions au club de Saint-Villiers, de ses premières victoires, de ses entraînements difficiles avec Philippe mais aussi de ses chagrins et de ses déceptions. La partie cachée d'une compétitrice qui, malgré son assurance devant les cameras, est remplie de peur, d'anxiété et d'amertume.

Ce roman a plus l'effet d'un documentaire sportif ou d'un témoignage que d'un roman contemporain. En effet, l'histoire ne se passe que sur 17 minutes et le reste ne décrit que la pression de la compétition. Une nageuse qui malgré sa fatigue, ses douleurs, son manque de volonté et son aspiration à faire autre chose doit subir les entrainements quotidiens de Philippe qui ne pense qu'à la faire nager, encore et encore, jusqu’à la victoire. Une victoire qui finit par ne même plus lui procurer de plaisir. Comment rester avec un entraineur qui va lui faire perdre jusqu’à son envie de nager?

Ces jeux olympiques sont l'occasion pour Alizée de montrer sa rage, ses rancœurs et sa combativité à son ancien entraineur et à ceux qui ne voyait en elle qu'une machine a médailles. Pour une fois, cette compétition sera sa victoire et non celle des autres.

En tant que lecteurs, il est difficile de ramener tous les morceaux ensemble pour reconstituer la vie d'Alizée, mais plus le roman avance et plus nous supportons notre héroïne dans sa course jusqu'à ces fameuses huit dernières minutes ou le suspense est à son comble. Victoire ou défaite? Vous le saurez seulement à la fin de la lecture mais une chose est sûre : le résultat ne compte pas car il est clair que ce livre est une dénonciation du monde athlétique, en particulier envers les personnes qui ne considèrent pas les athlètes comme des champions mais plutôt comme des ordinateurs programmés pour gagner à défaut du coté humains!

Je remercie les éditions JC Lattes et le site Lire Ou Mourir pour ce service presse. Une bonne lecture dans l'ensemble, dommage que le coté documentaire soit trop mis en valeur par rapport au coté roman. Le sujet reste cependant intéressant et l'écriture agréable.

 

Huit minutes de ma vie

Gilles Bornais

JC Lattès

203 pages

16 euros.

 

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