Je n'ai pas fini de regarder le monde, de David Thomas

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Quatrième de couverture

« Je ne sais pas pourquoi je raconte tout ça, sans doute parce que j’aimerais moi aussi savoir qui je suis … »

Une comédienne déçue, un trader recyclé en écrivain à succès, un ouvrier misanthrope, un milliardaire retiré dans une cabane, une femme qui claque les portes, un homme qui les démontent, des couples effrayés par le bonheur et d’autres à la croisée des chemins …

Après La Patience des buffles sous la pluie (Prix Découverte Prince Pierre de Monaco) et Un silence de clairière (Prix Orange), David Thomas s’invite une nouvelle fois dans les interstices de nos vies. Rien n’est épargné : notre ridicule, nos cruautés, nos faiblesses, nos inavouables arrangements avec nous-mêmes. Mais qu’ils nous fassent rire ou nous serrent le cœur, tous ces personnages portent malgré tout en eux ce qui rend l’humain attachant.

 

Chronique d’Ailayah

Je tiens tout d’abord à remercier les éditions Albin Michel pour m’avoir permise de découvrir l’écriture cynique et décalée de David Thomas.

Ce recueil qui regroupe 75 nouvelles en moins de 200 pages est à la frontière selon moi entre nouvelle et poésie. Quand j’ai commencé à le lire, je me suis vraiment demandé où ça allait me mener. Je ne voyais pas vraiment l’intérêt de certaines nouvelles si ce n’est de raconter avec un humour parfois cynique des petites scènes de vie, des comportements humains.

Mais plus j’ai continué à lire et plus je suis rentrée dans le jeu de l’auteur, dans son écriture et dans son humour décalé qui met en avant tous nos petits travers et en joue énormément. Il nous met tous à mal, hommes et femmes, et se joue de nos différences, de nos faiblesses afin de faire ressortir notre côté ridicule.

Mais ce que j’ai vraiment apprécié également, c’est qu’il ne tombe jamais dans l’accusation ou dans la critique. Ce ne sont finalement toujours que des constats comme le laisse l’entendre le titre, et c’est en arrière-plan avec beaucoup de respect (teinté d’humour et de cynisme parfois) qu’il parle de notre race humaine. On se sent parfois très proche de certains personnages, parfois moins, mais qu’importe car on se sent faire partie de cette race imparfaite, aux allures souvent ridicules, et on se sent bien car on ne cherche pas à travers ce recueil à prouver quoi que ce soit, on reste vrai, avec nos défauts, nos travers, ces situations ridicules on se sent tout petit. Rien n’est laissé de côté.

Ce fut au final une lecture bien divertissante, et j’ai tout particulièrement apprécié la dernière nouvelle sur la fin car ce qui y est dit, et qui a là beaucoup plus de sens que certaines autre nouvelles, m’a vraiment touché. J’aime cette façon de penser la fin et le passé. Mais je ne vous en dirai pas plus si ce n’est que vous allez devoir le lire pour le découvrir. Pour tous ceux qui aiment trouver et mettre en avant le ridicule de l’homme, alors ce recueil est fait pour vous, et vous ne serez pas déçu.

 

Je n’ai pas fini de regarder le monde

David Thomas

Albin Michel

174 pages

15€

 

 

Ailayah

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Date de dernière mise à jour : 25/05/2012