Je rends grâce, de Agnès Cornier

je-rends-grace.pngQuatrième de couverture :

"Arnaud a 20 ans, il va intégrer Polytechnique. […] Retour en arrière. Le voile du passé se déchire comme celui qui permet à l’eau de mon corps de couler, annonce d’un enfantement mais qui arrive trop tôt. Toute ma chair sent que c’est grave mais mon être pensant n’y croit pas. Journée angoissante où mon corps ne répond plus malgré les visages médicaux qui se penchent anxieusement sur ce ventre d’où un être veut sortir malgré tout…?"

Chronique de Sybille :

J'ai reçu ce livre grâce à la Société des Ecrivains que je remercie pour cet envoi. Je ne suis pas une inconditionnelle des nouvelles mais j'aime bien en lire de temps en temps, certaines sont plus intéressantes et mieux développées que d'autres. 

C'est une petite nouvelle assez sympathique. Le sujet en lui même, n'est pas forcément très utilisé pour les livres en règle général mais je trouve qu'il est traité d'une façon assez originale. La femme de la nouvelle doit faire face à un adultère et à une séparation alors qu'elle est mère de trois enfants. Pendant tout le long du livre, elle est donc tiraillée entre son rôle de femme et son rôle de mère.

L'écriture de l'auteure est très belle et mélancolique, ce qui fait qu'on ressent bien la souffrance de cette femme face aux aléas de la vie. Elle veut préserver ces enfants coûte que coûte de la séparation paternelle. De ce fait, l'histoire se lit très facilement et très vite : je l'ai lu en à peine une heure et demie. On s'attache à cette femme, on s'identifie même parfois à elle en se demandant ce qu'on ferait à sa place. C'est ce que j'ai ressenti lorsqu'elle raconte la venue au monde de son dernier enfant : il est né à sept mois. On comprend l'inquiétude et l'impuissance qu'elle a ressenti.

Cependant, j'ai un peu eu du mal à la comprendre notamment sur sa vision du couple. Je ne conçois pas la vie de cette façon. En effet, à plusieurs reprises, elle affirme qu'il est préférable de rester en couple pour sauvegarder le bien être de ses enfants même si pour cela, on doit sacrifier son bonheur personnel. Je ne trouve pas que ce soit très judicieux. Je pars du principe que si les parents sont malheureux, les enfants le seront aussi. Et ce n'est pas donné à tout le monde de pouvoir supporter la personne que l'on aime plus au quotidien. Je dis cela en connaissance de cause étant donné que mes parents sont divorcés.

Après, cela n'enlève rien à la qualité de l'écriture et à l'histoire en elle même. C'est juste mon point de vue qui diffère. Ceci dit, j'ai apprécié cette petite nouvelle et je la recommande vivement aux amateurs du genre.

Je rends grâce,

de Agnès Cornier

édition La société des écrivains

53 pages

11 euros

 

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Date de dernière mise à jour : 16/08/2012