L'an prochain à Tbilissi, Sana Krasikov

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Quatrième de couverture

De temps à autre apparaît un jeune écrivain d’une maturité exceptionnelle, dont les personnages incarnent une expérience peu commune. Sana Krasikov est de ceux-là. Avec L’an prochain à Tbilissi, elle s’impose d’emblée comme une voix majeure, influencée par les traditions littéraires juive, russe et américaine.

Dans ses nouvelles au ton doux-amer, cette jeune Américaine d’origine ukrainienne décrit les réussites et les défaites d’immigrées d’Europe de l’Est, venus aux Etats-Unis en quête d’une vie meilleure. Avec une sensibilité incisive mais pleine de compassion, elle restitue le détail de ces vies, souvent des vies de femmes, faites de petites ou de grandes tragédies, où l’espoir ne cède jamais à la désillusion. Une œuvre remarquable d’une humanité étonnante.

 

Chronique de Melisande

Je tiens tout d'abord à remercier les éditions Albin Michel pour m'avoir permis de découvrir ce livre, même si j'ai été assez déçue, à moins que j'attendais peut-être un peu trop de ce recueil. Il est composé de 8 nouvelles, dont le premier lien est la ville de Tbilissi en Géorgie, dont la plupart des personnages proviennent de là-bas, ou ont un lien avec. Toutes ces histoires parlent de femmes qui ont tenté de refaire leur vie aux Etats-Unis afin d’avoir une vie meilleure. Je vais résumer brièvement ce qui se passe dans chaque nouvelle avant d’en donner mon avis dessus de manière plus précise.

Dame de Compagnie raconte l'histoire d'Ilona Siegal, une femme d'origine russe qui a tout quitté pour aller vivre aux Etats-Unis et qui a fini par s'installer chez un vieil homme de 70 ans puisqu'elle n'avait nulle part où aller et on voit ici brièvement son quotidien.

Maia de Yonkers : raconte l’histoire de Maia qui est une comptable vivant à New York, qui vit chez une grand-mère dont elle s’occupe parfois. On rencontre ainsi cette femme qui va finir par aller chercher son fils Gogi à l’aéroport pour passer un peu de temps avec lui, malgré la distance afin d’avoir un bon travail pour subvenir à ses besoins.

L'Alternative raconte l’histoire d’Alina et Victor, rencontré lors d’un mariage à travers un intermédiaire. Ce dernier appelle Alina, afin de la voir et de lui parler de sa mère qu’il connut jadis et afin de mieux connaitre cette jeune femme.

Asal raconte l’histoire de Goulia, jeune femme mariée à Rachid, qui doit subir la polygamie de son mari (il a une autre femme à qui il a fait des enfants) et qui n’apprécie pas toujours cette situation et qui tente d’affronter cette réalité comme elle le peut.

Cher et tendre raconte l’histoire d’Ania et Ryan, jeune couple marié qui vit des instants difficiles. Elle reste avec lui malgré tout, parce qu’elle a besoin de lui pour la création de sa carte verte (carte permettant de vivre aux USA légalement). Mais on voit bien que le couple n’a rien d’idyllique.

Dette raconte l’histoire de Dania et Lev, un couple qui vit sur les routes du commerce mais qui ont l’espoir d’ouvrir un restaurant afin de se poser et pour cela, ils vont rendre visite à des amis. Dans cette nouvelle, on voit la différence entre deux modes de vie, deux classes sociales.

Les rapatriés raconte l’histoire de Lera et Gricha, un couple qui en apparence fonctionne bien, jusqu’au jour où Lera découvre la vérité sur son mari et la situation de son couple, là, rien ne va plus.

Il n'y aura pas de quatrième Rome raconte l’histoire de Regina (narration à la 1ere personne), qui vit chez sa tante Larissa et qui va découvrir la vraie vie de manière rude, entre ses déboires amoureuses et les problèmes avec certains amis vis-à-vis de leur situation, elle va voir que la vie est loin d’être rose.

La quatrième de couverture parle davantage de l'écriture de l'auteur, de sa manière de raconter les histoires plutôt que le contenu et en effet, c'est ce que je retiendrais le plus dans ce recueil. L'écriture de l'auteur est très fluide, agréable à lire. Ces histoires se lisent avec une facilité et les pages défilent sans qu'on ne s'en rende compte. C'est franchement très sympathique, il n'y a pas de soucis à ce niveau là, on est entraîné dans diverses histoires, divers problèmes chez ses femmes qui essayent pour la plupart de reconstruire leur vie ailleurs, mais qui avaient pour la plupart, fini par déchanter en se rendant compte des conditions dans lesquelles elles vivaient.

Seulement, à la lecture de ce recueil, je dois avouer que j'ai été désappointée, et déçue d'une certaine manière parce que je m’attendais à un traitement du sujet d’une autre manière et ce qu’en a fait ici l’auteur m’a surprise, mais pas dans le bon sens. Le sujet des nouvelles est intéressant, et même si ce n’est pas mon genre de lecture d’habitude, j’étais assez intéressée par la lecture de ce recueil, sauf que bien souvent, je trouve que les histoires font inachevées et creuses. On nous raconte des faits, parfois évoquant des anecdotes pas forcément nécessaire pour la compréhension de l'histoire, si bien que l'on finit par perdre le fil et ne plus savoir vraiment de quoi parle la nouvelle, et finalement, on ne voit pas vraiment où l'auteur veut en venir et ce qu'elle veut nous faire comprendre. Bien souvent on nous parle de personnes dont on en sait rien et on n'a pas d'explications sur qui ils sont, les liens familiaux ou autre, et quand on a plein de noms qui nous tombent dessus et bien on décroche car on ne sait plus où on en est. Les nouvelles étaient telles que je ne me suis pas vraiment attachés aux personnages, et pourtant avec un tel sujet, on pourrait s’attendre à de la compassion, etc. mais je n’ai pas vraiment adhéré et je lisais ces histoires avec trop de détachement, sans que je ne puisse m’attacher à elles d’une quelconque manière ; ce qui est un peu dommage.

Je trouve que l'auteur nous perd et ne se consacre pas entièrement au sujet (à savoir les immigrations de ces femmes, les problèmes et réussites - qui sont très rares tout de même), ce qui est assez problématique et l'intérêt de cette lecture se perd. On nous dit des choses, mais ce qui me reste en tête est : " oui, et alors ? Ça nous amène à quoi ? " Pas à grand chose finalement alors que le sujet aurait pu être bien, mais je trouve que ça n'est pas bien traité ou ce livre n'était peut-être pas fait pour moi, mais il manque quelque chose pour que ce soit bien plus intéressant et accrocheur.

En bref, j’ai été assez déçue par ce recueil qui manque de profondeurs au niveau du traitement du sujet (thème du recueil). C’était par moment confus et agrémenté d’éléments superflus qui nous fait perdre le lien de l’histoire dans la lecture. En revanche, c’était agréable à lire et rapide donc on passe les pages rapidement, mais ce livre n’était pas fait pour moi.

 

L’an prochain à Tbilissi

Sana Krasikov

Albin Michel

275 pages

22€

 

Melisande

 

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Date de dernière mise à jour : 25/05/2012