L'exode des enfants, de Gerda Mucker-Frimmel

Quatrième de couverture

La Deuxième Guerre mondiale touche à sa fin, mais pour Katharina et sa famille originaire de Mannheim en Allemagne commence un long cauchemar qui va les jeter sur les routes de l’exode. Réfugiés chez la grand-mère en Basse-Autriche, Katharina, sa maman Martha, l’oncle Karl et sa petite sœur Karla doivent fuir les derniers bombardements pour trouver un asile à l’autre bout du pays. Entre séjours forcés dans la forêt, camps de réfugiés abominables, ferme tyrolienne décrépie, peur, faim et tuberculose d’oncle Karl, Katharina raconte une époque tragique de sa vie avec les yeux d’une enfant de neuf ans. Largement autobiographique, "L’Exode des enfants", est le témoignage poignant d’un événement sombre de l’histoire mondiale.

Chronique de Garlon

Plongeons cette fois dans la fin de la deuxième guerre mondiale avec L’Exode des Enfants.

Katharina, personnage à travers les yeux de laquelle nous assisterons aux évènements, est une jeune allemande de 9 ans qui se voit contrainte de fuir sa maison à cause de la guerre, qui s’approche de chez elle, en compagnie de sa mère et de sa jeune sœur de 4 ans.

Nous suivrons donc, à travers les yeux d’une enfant, le périple d’une famille condamnée à l’exil, devant passer par toutes les humiliations pour survivre. Ils parcourront les terres en train, en bus et en camion, passant par des camps de réfugiés, des auberges ou de vieilles fermes, avec un seul objectif : survivre, quoi qu’il arrive.

J’avoue ne pas avoir été à 100% séduit par cette histoire.

En effet, lorsque j’avais lu le quatrième de couverture, je m’étais attendu à lire à la fois un récit sur la guerre, ainsi que des évènements forts émouvants.  

Pour ce qui est de la guerre, elle est présente, mais plus en toile de fond, pour « justifier » la détresse des personnages. Ce n’est pas ce à quoi je m’étais attendu, mais ce n’est pas pour ça que ça pose particulièrement problème. En effet, cela nous permet de découvrir la vie des gens du peuple lors de la fin de la seconde guerre mondiale.

Je trouve cela positif, car nous n’entendons pas beaucoup parler de la façon dont vivaient les gens à ce moment là. L’on nous parle constamment des camps de concentration et des stratégies militaires, mais qu’en est-il de la famille qui n’a rien demandé et se retrouve exilé ? Ce livre répond à cette question, et ce à travers les yeux innocents d’une petite fille.

Nous voyons également, à travers ce récit, que ce n’est pas parce que les alliés ont débarqués que la misère s’en est allée, et ce principalement en Allemagne, avec le partage des territoires entre les nations victorieuses. Cela a amené une grande détresse au sein du peuple, et cela est bien montré ici.

Concernant les personnages, je n’ai pas particulièrement accroché, ne trouvant pas que l’auteur donnait envie de se sentir proche d’eux. J’ai trouvé cet aspect fort dommage, car il empêche un peu le lecteur d’éprouver les émotions des personnages.

Mais à ce niveau là, les choses évoluent au fur et à mesure du livre, et j’ai eu la gorge nouée quelques fois lors des 30-40 dernières pages, qui contiennent des passages forts poignants. Les personnages deviennent donc beaucoup plus accrocheurs à la fin et rendent le récit beaucoup plus poignant.

Un autre petit problème vient du manque d’implication du lecteur dans le récit. Je veux dire par là que nous suivons une fuite de lieu en lieu, de refuge en refuge, mais sans qu’il n’y ai forcément des passages faisant bondir le cœur du lecteur, les choses se voyant de façon, je trouve, un peu trop « externe » aux personnages.

Ce qui est pour moi le principal défaut du livre est qu’il n’y a pas de chapitre. Les pages se suivent toutes d’un trait, sans coupure, et je trouve que ça alourdi le récit et donne moins envie de le lire.

En général, je ne parle pas de l’orthographe, mais je vais faire une petite exception cette fois, pour un point en particulier : lorsqu’une question est posée, la traductrice l’a chaque fois traduise comme suit : « Il y avait-il … ? »… bon, pour moi, ce n’est pas du tout français. Bien que dans tout ouvrage il y ai un certain nombre de fautes (et il y en a aussi dans mes chroniques, je m’en rends bien compte), je souhaitais relever celle-ci, car elle revient souvent et est beaucoup trop flagrante.

Donc voila, en bref, il s’agit d’un livre m’ayant laissé un avis fort mitigé. Le concept est très bien et permet d’en savoir un peu plus sur la vie des habitants de l’Allemagne à cette époque, mais l’on ne se sent proche des personnages que vers la fin, le récit est alourdi par une absence de chapitrage, et la lecture peut parfois s’avérer ennuyante.

 

L'exode des enfants

Gerda Mucker-Frimmel

Les Petites Vagues

198 pages

15 €

 

Garlon

 

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Date de dernière mise à jour : 25/05/2012