L'hypothèse des sentiments, de Jean-Paul Enthoven

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Quatrième de couverture

Pendant quelques mois, ils vécurent chacun des moments que la vie réserve aux amants intelligents.

Ils goûtèrent avec étonnement au privilège d’apesanteur qui accompagne les embrasements réussis.

Et leur liaison fut d’envergure si variable, qu’ils purent croire, les jours fastes, qu’elle avait la densité d’une passion…

J.-P. E.

 

Chronique d’Ailayah

Je tiens tout d’abord à remercier les éditions du Livre de Poche pour m’avoir permise de découvrir ce roman tout à fait étonnant.

Avec le recul, je dois dire que je garde un bon souvenir de cette lecture. Au départ, j’ai été complètement déstabilisée par le style très particulier de Jean-Paul Enthoven, mais au fil de ma lecture, je me suis complètement prise au jeu.

Cette écriture si particulière, changeante, passant d’une phase « théâtre » à une phase « enquête » en passant par tant d’autres styles donne énormément de ryhtme au récit et on ne s’ennuie pas une seule minute, même lorsqu’il ne se passe pas grand-chose dans l’histoire. J’ai vraiment adoré cette particularité dans le livre, et je dois avouer que c’est davantage cela qui m’a plu car l’histoire en elle-même n’est pas vraiment exceptionnelle et ne m’a pas touchée plus que ça.

C’est l’histoire d’un homme et d’une femme, logique. La femme est mariée à un homme qui a complètement perdu l’esprit à la suite d’un accident et elle s’enfonce dans une vie de solitude et d’ennui profond. Au fil de l’histoire, cette femme en apparence fragile, douce et effacée va se découvrir de plus en plus et va nous révéler une toute autre femme, détruite par son passé dont elle est hantée.

Max, quant à lui, semble au départ un homme sans but, un peu paumé, qui ne croit en rien et vit donc en se suffisant des petits plaisirs, sans jamais chercher plus. Sa rencontre avec Marion va bien entendu tout changer dans sa vision de la vie et c’est un être nouveau qu’on voit se développer au fil de l’histoire.

Tous les personnages sont intéressants dans le sens où on part toujours d’une sorte de vision caricaturale d’un être spécifique (la femme bien rangée, l’homme désabusé, l’homme fou, l’enquêteur qui ne vit que pour son boulot…) pour finalement découvrir derrière cette apparence bien cadrée un être humain entier dans toute sa complexité. Rien n’est jamais simple, chaque être a ses souffrances, ses désirs, ses sentiments, ses peurs…

Finalement, ce n’est pas tant l’histoire en soi qui est intéressante, mais le style et les personnages qui nous montrent que rien n’est jamais simple, tout est pluriel, divers, complexe, et c’est ça la beauté de la nature humaine. La fin est un peu abrupte, mais j’avoue avoir aimé cette façon indirecte, cachée de nous faire découvrir ce qui se passe.

 

L’hypothèse des sentiments

Jean-Paul Enthoven

Le Livre de Poche

384 pages

7,10€

 

 

Ailayah

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