La Convocation, de Clémentine Séverin

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Quatrième de couverture

Vanessa Germain, assistante sociale, ne veut pas reconnaître qu'elle se sent angoissée et même menacée depuis des mois. Elle n'ose pas se poser de questions sur ce sentiment insécurisant. Dès la rentrée de septembre 2003, elle ne peut plus nier l'évidence, elle est face à un danger. Elle reçoit une lettre de l'Inspecteur d'académie le vendredi 19 septembre. Elle appelle donc l'Inspection académique : l'affaire commence.

 

Chronique de Garlon

Je change totalement de registre en vous parlant d’un livre qui n’est pas du tout dans mon genre de lecture habituelle, étant donné qu’il s’agit d’un récit sur la vie d’une assistante sociale.

Le personnage principal de cette histoire est une jeune assistante sociale. Atteinte d’un cancer, elle est obligée de faire un long arrêt maladie.
Elle commence ensuite dans un nouveau secteur et se retrouve dans un collège et un lycée.
Mais voila, les choses ne se passent pas comme elle l’espérait : harcelée par sa hiérarchie et leurs complices, elle se voit finalement mutée d’office dans un secteur encore pire... Démarre alors un procès pour sa réinsertion dans son ancien poste. Mais le harcelement ne s’arrête malheureusement pas là...

J’ai un avis un peu mitigé sur le livre (mais tendant malgré tout vers le positif), ayant une impression positive sur certains points (comme l’histoire, qui nous révèle bien des choses sur la méchanceté humaine), et négative sur d’autres (comme le style de l’auteur).

Commençons par parler de l’histoire.
Il s’agit ici d’un témoignage horrible (pas dans le sens mal fait, c’est plutôt ce qu’il révèle qui est horrible). Le harcèlement dont souffre cette assistante sociale est vraiment intenable, et le comportement des autres envers elle est tout à fait inhumain, et montre à quel point les gens peuvent être mauvais à cause de choses tout à fait futiles (dans le cas présent, la cause de cela serait l’arrêt maladie dû au cancer et des avis divergents sur certains aspects du métier d’assistante sociale). Toute la méchanceté humaine est décrite ici, dans son plus simple appareil. Un magnifique et horrible témoignage qui remue le lecteur.
De plus, nous découvrons également la manipulation : nombre de personnages tentent d’influencer notre héroïne pour lui faire commettre des erreurs, dans l’unique but de l’enfoncer un peu plus, de la faire craquer. De plus, certains personnages en influencent d’autres pour que ces derniers rejettent cette jeune femme et soient aggressives envers elle.
J’avoue avoir été pas mal sceptique au sujet de ce harcèlement, le trouvant tellement énorme qu’il me paraissait par moment exagéré.
En effet, voir autant de personnes différentes être aussi mauvaises envers cette jeune femme parait tout à fait surréaliste...
Mais la manipulation que certains peuvent exercer sur d’autres ne rend pas cela impossible, et, le livre étant tiré de faits réels, je pense qu’il me révèle plutôt que les situations de harcelement sont plus horribles que je le pensais, que les gens peuvent devenir très méchants pour des raisons pourtant fort obscures.
Enfin bon, du coup, ce harcelement est tellement fort et exercé par tellement de personnes que j’en suis venu par moment à douter de sa réalité, pensant par moment à une exagération, tellement ça me paraissait irréel. Mais j’en doute, me doutant que la méchanceté humaine peut sûrement aller jusque là, au vu d’évènements se passant tous les jours. On voit donc ici jusqu’où le mal peut aller dans le coeur des simples êtres humains.
Les cas des élèves traités sont intéressants, et permettent de voir un peu mieux comment se déroule le travail d’une assistante sociale au sein d’une école.
Mais j’ai trouvé que l’auteur se répètait souvent. Que ce soit au sujet du harcèlement ou des élèves, j’ai eu de nombreuses fois l’impression de relire la même chose au fil des pages, et ça m’a pas mal ennuyé et m’a fait décrocher du récit.
Enfin, je regrette assez que, pour le procès, au vu du foin qui était fait autour, il ne soit réglé qu’en 2 paragraphes en toute fin de livre, et qu’on ne voie pas ce qu’il arrive ensuite (bien que l’autre livre de l’auteur, Relais Mortel (chronique à venir) permet de se faire une idée).

Concernant le style de l’auteur, j’ai eu un peu plus de mal, et j’avoue qu’il m’a assez empèché d’apprécier le récit.
En effet, bien que les fautes d’orthographe soient peu présentes, il y a pas mal de problèmes au niveau de la ponctuation, et, surtout, un très grand nombre de répétitions, qui m’ont vraiment fort dérangé (jusqu’à 4 fois le même mot/nom sur 2 lignes).
Le fait de souvent commencer les phrases par le verbe, et donc faire la disparition du JE, est une assez bonne idée dans le cas de harcèlement, mais je trouve que l’auteur l’utilise à l’excès, souvent dans des passages pour lesquels des phrases “normales” auraient été préférables.
Un point que je n’ai pas du tout aimé est la façon dont parlent les personnages. Comme c’est l’assistante sociale qui est le narrateur, l’auteur a utilisé les dialogues comme si les autres parlaient, mais en utilisant les mots de l’assistante qui raconte. Ce n’est pas très clair, alors voici un simple exemple :
Au lieu de dire :
- Tu dois aller manger, me dit-elle
L’auteur utilise :
- Je dois aller manger, me dit-elle
En bref, quand on parle d’elle, la narratrice utilise le je. C’est bien sûr très perturbant et peut amener de nombreux malentendus...

Et concernant le point des personnages :
La narratrice peut être assez attachante, et on peut parfois partager ses sentiments, sa détresse étant très touchante.
Pour les autres personnages, il y a les gentils et les méchants, mais ce n’est pas toujours si simple. On voit clairement les “faux-culs” (excusez-moi l’expression) dans toute leur grandeur, on remarque le comportement agressif et manipulateur de certains, mais également la gentillesse d’autres, etc.Chaque personnage est unique, mais l’on sent qu’ils sont tous manipulés par d’autres. J’ai trouvé le travail à ce niveau là assez bien fait.

En bref, un avis assez mitigé, mais tendant vers le positif. L’histoire nous montre le harcèlement dans toute son horreur, à un niveau vraiment terrible, et des situations désespérées de certains enfants au sujet de leurs problèmes familiaux. Mais l’impression de lire sans cesse la même chose est parfois assez gênante et le procès n’est, pour moi, pas assez développé. Le style de l’auteur n’est pas vraiment dans mes goûts, à cause des descriptions des actions et de la façon dont les dialogues sont exprimés. Enfin, le personnage de la narratrice est assez attachante, et les autres personnages sont très bien travaillés, montrant bien la méchanceté humaine.

Du positif comme du négatif, donc, dans ce livre que je conseillerais malgré tout pour les personnes souhaitant en savoir plus sur les assistantes sociales et sur le harcelement.


La Convocation

Clémentine Séverin

L'Harmattan

246 pages

22,50 €


Garlon

Commentaires (1)

clementine severin
  • 1. clementine severin (site web) | 02/04/2012
Bonsoir Monsieur,
J'aime beaucoup votre chronique et elle me paraît très juste.
Par contre, je n'avais pas encore vu le pire !
Vous le verrez dans "Relais mortels".
Je vous remercie bien sincèrement de votre lecture et implication positive.
Bonne soirée
Clémentine Séverin

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Date de dernière mise à jour : 25/05/2012