La nuit denière, au XVe siècle, Didier Van Cauwelaert

Quatrième de couverture

Comment vivre une histoire d'amour avec une jeune femme du XVe siècle, quand on est contrôleur des impôts à Châteauroux en 2008 ? Est-il rattrapé par une passion vécue au Moyen Age, ou victime du complot diabolique d'un contribuable ? Si la réincarnation existe, quel est son but ? Faut-il revenir sur les pas d'un autre, pour découvrir enfin qui l'on est ? Peut-on modifier le passé ? Peut-on réussir deux vies à la fois ?

 

Chronique d'Alexandre

Je vous parlerai aujourd’hui du roman « La nuit dernière au XVe siècle, de Didier Van Cauwelaert.

Jean-Luc Talbot est contrôleur des impôts dans un coin reculé du sud de la France. Le jour ou un appel anonyme l’envoie avec son coéquipier au château de Grénant, ou réside une société qui produit des insecticides bios, il ne se doute pas un seul instant de l’étrange aventure qu’il vivra par la suite.

En effet, il semblerait que les ancêtres des propriétaires des lieux ne soient pas complètement partis pour l’autre monde et attendaient la venue de Jean-Luc pour pouvoir enfin régler leurs vieux comptes avant de passer totalement « de l’autre côté ». Jean-Luc se retrouve alors mêlé à une histoire abracadabrante entre une certaine Isabeau et Guillaume d’Arboux, visiblement son lointain ancêtre, alliant trahison, amour et vengeance, le tout accompagné par des châtelains ne faisant pas défaut à la réputation de la région. En effet, dans la région, il est préférable de connaître un bon nombre d’anti-sorts lorsqu’on se connait des ennemis. Le mysticisme y est aussi présent que dans certaines îles où l’on pratique le Vaudou…

Coincé entre Isabeau, sa maîtresse d’une autre génération et Corinne, sa femme d’aujourd’hui, Jean-Luc devra trouver le moyen de rendre la paix à l’une, tout en conservant ce qu’il à construit à grand peine avec l’autre.

C’est ici un agréable récit que signe Didier Van Cauwelaert. Le style d’écriture est assez fluide et facile à lire, pas de phrases alambiquées, sans pour autant tomber dans la simplicité. Les phrases s’enchaînent aussi naturellement que si l’on écoutait un conteur au coin du feu.

Le côté surnaturel de l’histoire est assez bien amené, mais surtout admirablement bien appuyé par les retours à la réalité. Tout au long du récit, on se demande si Jean-Luc est manipulé par les châtelains ou si les fantômes qui le hantent existent vraiment. Tantôt l’un des personnages nous démontre par A plus B que tout ce qui précède est le fruit de l’imagination du contrôleur fiscale, tantôt la remarque d’un autre nous convainc qu’aucun de ces évènements étrange n’est inventé et que tout est véridique. Cette incertitude nous poursuit tout au long du récit, nous poussant à poursuivre au plus vite notre lecture pour en avoir le cœur net. Malheur au lecteur qui espère être rapidement fixé et tant mieux !

Les personnages, si l’impression de bien les connaître n’est pas des plus présentes, sont tous assez attachants dans leur style. Chacun à son caractère bien défini, sa manière de s’exprimer et ne se ressemblent pas. Leurs réactions sont également terriblement en adéquation avec ce que nous montre l’auteur de ce qu’ils sont intrinsèquement. Un gros point positif.

La trame en elle-même de l’histoire pourrait être considérée comme « classique » pour un roman. Une histoire d’amour, un amant, un opposant à l’histoire et le tour est joué. Un cocktail vu, revu et re-revu, mais qui fait encore ses preuves. Personnellement, ça n’est pas ça qui m’a le plus accroche à la lecture, mais pour d’autres personnes, c’est tout ce qu’il faudra. Encore une fois ici, tout dépend de ce que l’on recherche à la lecture d’un roman.

Il est cependant à noter que même si le fond risque de ne pas plaire à tous, la forme, elle, pourrait bien convaincre le plus grand nombre. Ne fut-ce que par l’oscillation du doute concernant la véracité des évènement dépeinte plus haut, mais aussi parce que les rebondissement s’enchaînent assez bien, venant redonner du souffle à un récit qui commençait tout juste à perdre de la vitesse. Notons ici que le ralentissement est toujours à peine plus perceptible qu’une vague impression de lassitude et jamais de l’ennui.

C’est donc un roman que je conseille à tous, pour peu que vous aimiez la lecture.

Alexandre

 

Albin Michel

251 pages

6.17 euros

Commentaires (1)

Elyane Veldeman
  • 1. Elyane Veldeman | 17/02/2011
J'ai vraiment beaucoup aimé justement pour ce côtoiement continu entre réalité et imaginaire qui plonge le lecteur dans l'insolite

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Date de dernière mise à jour : 25/05/2012