La soeur, de Sandor Marai

 

sandor-marai-la-soeur.jpg

Quatrième de couverture :
En 1939, un pianiste hongrois en pleine gloire est brusquement hospitalisé à l'issue d'un concert à Florence, victime d'un mal mystérieux. Il va passer trois mois en proie à de grandes souffrances, dans un état quasi-hallucinatoire parfois, tandis que quatre infirmières, des religieuses à la fois bienveillantes et un peu inquiétantes, lui dispensent l'oubli à coups de morphine. Ce sont ses « rendez-vous chimiques » qu'il attend avec l'impatience d'un amant. Tandis qu'au-dehors la guerre se déchaîne, Z. mène à huis clos un combat contre un mal intérieur dont il cherche les causes. Il revisite la relation passionnelle qu'il entretient depuis plusieurs années avec une femme mariée, belle et frigide. Un bonheur qui se nourrissait du manque et du déni. Mais la dépossession de soi qu'engendre la maladie est peut-être le premier pas vers une renaissance.

Chronique de Sybille :

Cela faisait très longtemps que je n'avais pas lu un livre concernant la maladie et la souffrance...Je dois bien avouer qu'en règle général, je les évite, mais grâce à Albin Michel, j'ai découvert un roman sensationnel qui m'a donné envie de me replonger dans ces livres pourtant si tragiques et si tristes.

Avant même de rentrer dans l'histoire du roman, je tenais à préciser que j'adore la couverture, je la trouve très belle et très expressive. Cette photo en noir et blanc est, selon moi, un clin d'oeil  à la souffrance et à la douleur relatées par le texte.

Concernant la forme du roman, il faut dire qu'il est tout à fait original, car les deux premiers chapitres se consacrent à l'histoire du narrateur. On se retrouve donc dans une sorte de refuge en pleine montagne, en plein milieu de Noel, pendant la seconde guerre mondiale. Le désarroi et le desespoir sont les principaux invités de cette fête de Noel, mais malgré les circonstances noirs dans lesquels se retrouvent les personnages, le narrateur rencontre Z, un pianiste renommé, qui le fascine.

Ces deux premiers chapitres sont finalement qu'une entrée en matière, puisque cela va permettre la mise en place de l'histoire de la vie mouvementé de Z. En effet, celui ci , à sa mort, lègue un manuscrit, ou plutôt ses mémoires au narrateur. Nous découvrons donc le manuscrit en même temps que le narrateur. A partir de là, s'en suit tout un résumé sur la longue maladie dont Z est atteint, et sur la douleur et la souffrance qu'il éprouve.

Je dois bien avouer que j'ai rarement lu un livre aussi magnifiquement bien décrit, car en effet, la douleur et la maladie sont des thèmes qui sont relativement difficile à appréhender car chaque individu ne le vit pas de la même  façon. L'auteur a fait un travail remarquable en essayant de mettre en place une sorte de baromètre de la douleur. La lecture de ce manuscrit apparaît à la fois comme instructif et philosophique.

Ce roman est donc un roman très intéressant à lire, même si sa lecture a parfois été difficile pour moi. En effet, le thème n'est pas simple et la maladie a souvent touché nos proches ou nos amis, donc il est parfois difficile de se détacher du texte et de prendre du recul. Ceci dit, en contradiction totale, j'ai parfois trouvé  le roman long et fastidieux. Heureusement, cela ne gâche en rien la lecture de ce magnifique roman, que je vous conseille de toute urgence !

La Soeur,

de Sandor Marai

éditions Albin Michel

299 pages

20 euros

 

Sybille

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau

Date de dernière mise à jour : 24/05/2012