Le mur de mémoire, de Anthony Doerr

mur-memoire.jpgQuatrième de couverture :

Bien qu'il se déroule sur quatre continents, c est le thème de la mémoire, sa présence et sa persistance, qui lie ces nouvelles à travers l'espace et le temps. En Afrique du Sud, une femme, au soir de sa vie, enregistre ses souvenirs sur des cassettes que des voleurs tentent de s approprier afin de découvrir le secret que son mari a emporté dans la tombe... Une orpheline quitte le Kansas pour aller vivre en Lituanie chez son grand-père où elle découvre que les mythes peuvent devenir réalité... Une vieille femme qui a échappé à l'Holocauste se souvient de ses amies d enfance d un orphelinat juif de Hambourg... Un vieux paysan chinois conserve la mémoire de son village que la construction d un barrage va faire disparaître sous les eaux...
Cette mémoire, qui est la source du sens et de la cohérence dans chaque vie, est également le lien fragile qui nous relie aux autres.

Chronique de Sybille :

 Avant de débuter ma chronique, je remercie Albin Michel pour m'avoir permis de découvrir ce livre. Je vous avoue que j'ai eu un peu peur en ouvrant le livre, je ne voulais pas lire un livre philosophique ou des nouvelles basées sur la réflexion. Finalement, j'ai été rapidemment soulagée : ce livre est un recueil de nouvelles contemporaines. Malheureusement, ce soulagement n'a duré qu'un temps car j'ai retrouvé le gros point négatif des recueils de nouvelles : certaines nouvelles vont m'enchanter au plus au point et certaines autres ne me plairont pas. En réfléchissant, je crois que je n'ai jamais vraiment apprécié toutes les nouvelles d'un recueil.

Ceci dit, rassurez-vous, après ce point négatif, qui est finalement, plus une généralité sur tous les recueils de nouvelles qu'un véritable bémol, je peux vous dire que j'ai vraiment aimé le livre dans son ensemble. C'est un beau recueil de nouvelles, apaisant et émouvant. Ce qu'on peut dire, c'est que c'est assez rare de voir des nouvelles ayant pour thème la mémoire. Celle-ci est traitée de toutes les façons possibles et inimaginables à travers ces différentes histoires.

Je ne ferai pas une chronique sur chaque nouvelle mais je vais quand même faire un petit point rapide sur certaines d'entre elles. Il y en a six au total et la moitié m'a particulièrement plu. L'autre moitié, beaucoup moins, mais comme je le disais au début de cette chronique, c'est en quelque sorte une habitude chez moi.

Les deux premières nouvelles, Le mur de mémoire et Engendrer et créer, sont sans aucun doute mes préférées. La première m'a vraiment enchanté parce que l'histoire est originale et inhabituelle : une vielle femme enregistre ses souvenirs sur des cassettes, qu'elles se repassent en boucle et que des personnes mal intentionnées essayent de lui voler. Je me suis énormément attachée à Alma, cette vieille femme dont la mémoire n'est plus ce qu'elle était et à son serviteur. La seconde nouvelle est totalement différente : elle raconte l'histoire d'un couple qui a des difficultés à avoir un enfant. N'ayant encore jamais voulu d'enfant et ne m'étant jamais penché sur le sujet, je ne pensais pas que les traitements médicaux et les tentatives d'assistance pour les personnes ayant des difficultés à avoir des enfants étaient aussi durs et aussi compliqués. Je me suis également attachée à ce couple aux prénoms hors du commun.

Les trois nouvelles suivantes sont celles qui m'ont moins plu. J'ai lu la zone démilitarisée avec beaucoup de détachement, je n'ai pas réussi à bien m'imprégner de l'atmosphère de Village 113 et j'ai trouvé la Nemunas originale mais pas transcendante non plus. La Nemunas m'a quand même touchée car elle parle d'une jeune fille ayant perdu ses parents et partant vivre en Lituanie avec son grand-père. On sent vite les liens qu'elle essaie de créer avec les gens qui l'entourent. Mais n'étant pas une grande fan de la Lituanie et des esturgeons, je ne me suis pas trop retrouvée dans cette nouvelle.

La dernière nouvelle du roman, Vie posthume, dégage une sorte de tristesse et en même temps, une certaine beauté. Elle m'a vraiment émue. J'ai suivi Esther dans ses souvenirs de l'orphelinat juif d'Hambourg et j'ai été friande de ses souvenirs. Esther est un personnage auquel je me suis également attachée.

Si je peux rajouter un point positif au recueil en plus de ces trois nouvelles époustouflantes, c'est la qualité des nouvelles qui nous sont présentées. En effet, l'auteur a un style particulier, original qui renferme une certaine douceur. Il arrive à toucher les lecteurs sans trop de difficultés.

Pour finir, il est fort possible que l'extravagance des nouvelles présentées dans Le Mur de Mémoire fait que certains lecteurs n'apprécieront qu'une partie des nouvelles et d'autres les aimeront toutes. Dans tous les cas, vous serez très probablement surpris de toutes les façons dont l'auteur aborde le thème de la mémoire.

Le mur de mémoire,

Anthony Doerr

Albin Michel

285 pages

21,50 euros

 

 

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Date de dernière mise à jour : 07/03/2013