Le Passeur, de Yan Kouton

Passeur

Quatrième de couverture

Pour échapper à la justice, Paul Rapho se réfugie dans la clandestinité. Peintre de génie, il vend ses toiles - qui seront signées par un autre - à un réseau d'amis pour survivre et acheter l'alcool dans lequel il tente chaque nuit de s'oublier. Le carnet, relatant sa dernière errance jusqu'à son suicide, arrive entre les mains d'un journaliste. Le récit de ce suicide et l'enquête qu'il va mener pour comprendre vont bouleverser son existence et lui révéler la fragilité de sa vie.
A travers ce roman, Yan Kouton dénonce l'absurdité du monde dans lequel nous vivons aujourd'hui et s'interroge sur le destin de l'homme dans une civilisation de plus en plus inique.

Chronique de Garlon

Parlons d’un livre très bien conçu.

Carfentan, journaliste, se voit confier par un ami policier le carnet de Paul Rapho, qui vient de se suicider après une cavale de 15 ans. Dans ce carnet, cet homme raconte sa vie en cavale et comment certaines personnes l’ont aidé.

L’ami policier de Carfentan révèle alors avoir fait partie des personnes ayant aidé Rapho, et commence à paniquer.

C’est ici la montée d’une situation dont les conséquences vont être bien plus graves que ce que Carfentan peut imaginer.

J’ai fort aimé ce livre.

On se retrouve dans une histoire qui parait à l’origine fort simple et banale, assez plate. Mais les choses vont petit à petit évoluer, de façon subtile, et le lecteur ne se rend pas tout de suite compte de l’évolution que prend le récit, jusqu’à ce que les choses aient pris une importance telle qu’on en a le tournis et qu’on se demande comment on a pu en arriver là. Cela est géré à la perfection et j’ai été totalement conquis. Autant dire tout de suite que, pendant la majorité du livre, on ne se doute pas du tout qu’il pourrait finir de cette façon et on est tout bonnement fasciné par ce qui arrive.

Des sujets graves sont également abordés dans ce livre, qui nous parle des défauts de notre société, de la folie religieuse, de la soif d’argent, quitte à écraser les autres, de la trahison, etc. Tous ces aspects sont très bien traités et fascineront le lecteur, tout en lui faisant ressentir des émotions très fortes à certains passages, allant jusqu’au dégoût complet de la folie humaine.

Le texte, très bien écrit, nous permet de nous plonger totalement dans l’histoire, de nous fasciner pour les événements qui se déroulent sous nos yeux. Bien que parfois présentées de façon subtile, les différentes critiques émises sont très bien montrées et nous permette certaines prises de consciences nécessaires.

Les personnages sont eux aussi très bien travaillés, et on s’accroche rapidement à Carfentan, ce qui crée parfois de grands moments d’émotion (surtout vers la fin).

En bref, nous avons ici un livre qui démarre simplement mais monte en puissance pour atteindre une apothéose tout simplement parfaite et étonnante, qui permet la mise en avant d’une critique fort bien conçue de nombreux aspects de la société, le tout dans un style très bien écrit et avec des personnages attachants avec lesquels nous partageons pas mal d’émotions.

A lire absolument et, si vous n’accrochez pas au début, persévérez, ça en vaut la peine !

 

Le Passeur

Yan Kouton

Zinedi

Contemporain

154 pages

18 €

 

Garlon

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Date de dernière mise à jour : 30/09/2014