Le sommeil des Justes, de Jacques Grieu

  

Quatrième de couverture

Le P.A.N.E.L.: c’est une joyeuse bande d’adolescents qui, dans les années 80 vit d’exaltantes aventures sous l’influence inconsciente mais déterminante de Nathalie, leur trop belle égérie.Au fil des ans, alors qu’ils sont devenus adultes, aucune des épreuves(deuils, jalousies, vols, chantages, menaces, meurtres) que la vie leur inflige et dont nous sommes peu à peu témoins, ne parviendra à ébranler une once de leur solidarité indéfectible. Celle qu’ils se sont jurés dans leur jeunesse. Mais comment protéger Nathalie de ses ennemis? et peut-être d’elle-même? Ce sera leur souci permanent.Sur fond d’une relation frère-sœur ambivalente traversant tout le livre et qui peut rappeler celle de certains couples historiques, l’intrigue évolue entre le Havre et Vannes. Car une curieuse enquête policière vient bizarrement relier Normandie et Bretagne. Si la morale ordinaire, parfois n’y trouve pas vraiment son compte, les bonnes intentions, elles, sont toujours là. Mais la fin justifie-t-elle toujours les moyens?

 

Chronique de Platinegirl

Merci aux Editions du Pierregord de m'avoir envoyé ce roman. Pour être honnête, sans eux, je ne l'aurais jamais lu, sa couverture et son titre ne m'avaient pas particulièrement interpellée. Est-ce une bonne chose? Pour être honnête, je n'en sais trop rien, vous verrez pourquoi dans cette chronique!

Comme je le disais précédemment, je n'ai pas été interpellée par la couverture de ce livre. J'aime bien les mouettes, certes, mais une plage sans maillots de bain et autres parasols, je trouve cela triste, même quand c'est beau. Le titre de ce roman ne m'avait pas non plus donné envie de le lire. Mais, par contre, son résumé m'a bien mis en haleine! Déjà, parce que j'adore la Bretagne et en particulier le Morbihan et le Finistère. Ensuite, parce que j'aime les enquêtes policières. Il ne m'en fallait pas plus pour attraper ce livre et le dévorer, en théorie. En plus, le format de ce livre broché est pratique à emporter avec soi (ni trop lourd, ni trop volumineux) et "Le sommeil des Justes" a bien résisté à sa lecture donc j'ai entrepris sa lecture sous de bons auspices.

Comme la majorité des personnes, je lis un livre de la première page à la dernière page. Et autant dire que mon ressenti à propos du "Sommeil des Justes" a bien varié pendant ma lecture, on aurait dit qu'il faisait les montagnes russes! Je vous explique (sans spoiler, évidemment).

Le livre commence par une discussion assez drôle entre deux amis d'enfance, dont un abbé. Je me suis bien amusée à lire cette discussion où l'abbé parlait comme tout le monde (je ne côtoie pas de membres du clergé, aussi je n'aurais jamais imaginé qu'ils pratiquent le sarcasme en disant par exemple des phrases comme "Ouais! Quelle ferveur exemplaire!") et Etienne, le héros de l'histoire, tenait des propos anti-religieux à son propos sans renier pour autant leur amitié. Etant donné qu'en plus l'énigme policière pointait le bout de son nez, j'étais captivée par ma lecture. Un bon point, donc.

Puis, à la fin de ce premier chapitre qui se passe à l'heure actuelle, s'enchaînent de très nombreux et longs chapitres où l'histoire se passe entre les années 80 et maintenant. 110 pages. Je ne sais pas si je peux dire que tout ce paquet de chapitres vaut pour une digression ou est un ensemble de longues digressions, mais une chose est sûre: je me suis ennuyée au bout de quelques pages et j'ai peiné à poursuivre ma lecture. Certes, à la base, je ne suis pas très portée sur le passé. Certes, on glane ça-et-là des informations importantes pour la suite, mais, quand même, c'était trop long! On me nargue avec un bout d'énigme dans le premier chapitre et il me faut attendre plus d'une centaine de pages pour que l'on me raconte le pourquoi du comment de cette énigme policière! Un mauvais point, donc.

Ensuite, à la fin de la première partie du livre, on revient enfin dans le présent (ou le passé pas encore flétri) et j'étais en joie, tout simplement. Maintenant, j'allais pouvoir profiter de l'énigme policière. D'autant plus que le dernier chapitre de cette partie est tout aussi tordant que le premier, avec une discussion très sympathique entre Dieu et Lucifer, et des appels au lecteur. Un bon point, donc.

Par la suite (je vous rassure, je ne vais pas tout vous dire de la sorte), l'alternance des héros selon les chapitres de la seconde partie m'a particulièrement bien plu. On était de retour dans le présent pour la majorité du texte et on découvre de nouvelles choses fortes intéressantes, l'énigme prend une nouvelle dimension qui donne envie d'en savoir plus sur la fin! Un bon point, donc.

Jacques Grieu nous livre donc une histoire en demi-teinte, mais une bonne histoire quand même. Ce roman est écrit de manière fort agréable dans sa globalité (j'ai juste été perturbée par des choix de ponctuation tout à fait impromptus et quelques détournements assez surprenants des expressions françaises) aussi j'ai pris plaisir à le lire, notamment au niveau des réparties des personnages lors de leurs dialogues. A partir de la moitié du livre, le rythme est plus soutenu en terme d'action (mais on est loin d'un James Bond!), ce qui ne fait pas de mal. Je ne me suis par contre absolument pas attachée à quelque personnage que ce soit, mais j'y ai survécu!

En trois mots, c'est un roman spécial, mais assez agréable à lire à 60% ! Devez-vous le lire ou pas? Est-ce que je vous le conseillerais ou pas? J'avoue que je préfère botter en touche et vous laisser répondre à cette question par vous-même: "Un livre très bon pendant 150 pages et qui tend à être ennuyeux pendant 110 pages vaut-il la peine d'être lu?". Pour ma part, je ne regrette pas de l'avoir lu, je n'ai pas foncièrement l'impression d'avoir perdu mon temps, mais j'aurais clairement apprécié un flash-back moins long et surtout moins porté sur des digressions disons poétique sur la beauté de la Bretagne. Moi aussi, j'aime la Bretagne, mais pas au point de disserter sur les containers, les apparemment agréables heures que l'on peut passer à regarder un port sans s'en lasser,...

 

Le sommeil des Justes

Jacques Grieu

Editions du Pierregord

272 pages

18 euros

 

 

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Date de dernière mise à jour : 16/02/2014