Les étrangers, de Sandor Marai

etrangers.jpgQuatrième de couverture :

Un jeune Hongrois de 27 ans, docteur en philosophie, dont nous ne saurons pas le nom, arrive à Paris en juin 1926 après un an d’études à Berlin. Il restera deux années en France, entre un Paris où ses points d’attache se résument à quelques cafés, cabarets et hôtels, et une Bretagne idyllique où l’entraîne une femme rencontrée à Montparnasse. Etranger à ce pays qui le fascine et le maltraite, étranger aux autres, étranger à lui-même, ce jeune homme sur le fil du rasoir cherche à conforter sa condition d’Européen et à appréhender qui il est, ce qu’il aime ou rejette. Il évolue parmi d’autres étrangers – un Albanais, un sculpteur hongrois, un Russe, une Danoise qui écrit des livres pour enfants - qui tous survivent comme lui tant bien que mal, dans le Paris de la fin des années folles, décrit de façon expressionniste, avec une grande force d’évocation. Au terme de son séjour, notre héros aura expérimenté l’étrangeté des rapports humains, et aussi les effets d’une xénophobie qu’il ne soupçonnait pas.

Chronique de Sybille :

Je remercie les éditions Albin Michel pour cet envoi. J'étais assez curieuse de lire un second livre de Sandor Marai : souvenez-vous, j'avais chroniqué La soeur du même auteur. Malgré une lecture assez fastidieuse, j'avais trouvé ce roman sensationnel. J'avais donc hâte de savoir si cette nouvelle oeuvre serait aussi bien que ma toute première découverte de l'auteur. Malheureusement, on ne peut pas dire que ce roman m'ait véritablement transporté et c'est bien dommage !

Avant tout, je tenais à parler de la couverture, car comme pour La soeur, je trouve encore une fois qu'elle est magnifique. Je la trouve vraiment poétique et elle reflète parfaitement l'atmosphère du roman. Du coup, la conséquence principale, c'est qu'on a envie de se jeter dessus pour découvrir l'histoire que nous promet cette belle couverture.

L'histoire avait tout pour me plaire. Elle se passe en 1926, période d'entre deux guerres assez particulière. Le personnage principal est un hongrois, qui décide de venir vivre à Paris. Ah, Paris, la ville Lumière...Il s'était imaginé une vie nouvelle et finalement, il sera déçu, quelque peu désorienté. Le roman raconte son arrivée, sa  vie et ses rencontres dans la capitale. Il se rend vite compte de la difficulté de vivre dans cette ville lorsqu'on est un étranger. Il vit de petits boulots et il passe son temps libre à observer la ville et ses habitants...jusqu'à ce qu'il rencontre une femme avec qui il pense construire quelque chose. Finalement, c'est un peu une désillusion. En soi, l'histoire est celle d'une vie, celle d'un hongrois dans un pays inconnu. Rien de bien original, me direz-vous, pourtant, habituellement, c'est tout à fait ce genre d'histoire qui me plaît.

On retrouve la plume si délicate de Sandor Marai. L'histoire est très bien écrite. Son écriture est assez soutenue et il décrit avec précision les sentiments de ce jeune homme.Ce personnage est d'ailleurs assez particulier. L'auteur le présente comme quelqu'un de contradictoire : d'un côté on ressent son envie d'être intégré à tout prix, parce qu'il refuse de retourner au pays alors que tout le monde lui tourne le dos, de l'autre on sent en lui un personnage introverti, malheureux et déçu. J'ai trouvé ce personnage très intéressant malgré ma difficulté, parfois, à le comprendre.

Cependant, je retrouve dans ce roman, le même défaut que dans La soeur : une lecture fastidieuse. L'histoire m'a moins plu que celle de La soeur et du coup, l'écriture n'a pas eu le même effet sur moi. Autant dans le premier roman que j'ai lu de l'auteur, je m'étais accroché à l'histoire avec une envie de comprendre où l'auteur voulait en venir, autant ici, je n'ai pas retrouvé cette même lecture passionnée. Si bien que j'ai eu des difficultés à terminer le roman.

Une lecture complexe pour ma part mais qui devrait ravir les lecteurs avides de réflexion et de méditation.

Les étrangers,

de Sandor Marai

édition Albin Michel,

22 euros

445 pages

 

Sybille

 

 

 

Commentaires (1)

pasiondelalectura
  • 1. pasiondelalectura (site web) | 01/04/2013

Je suis d'accord avec vous. Ce Márai est un peu pâteux, surtout dans la première partie; on a du mal a cerner le personnage lequel est avant tout, exilé de lui même, douloureusement exilé de tout y compris de lui même et qu'il se cherche. Je ne le conseillerais pas en première lecture, mais je conseillerais plutôt un roman comme Les braises.
Cela dit, c'est un Márai qui suinte le spleen de la mittel-Europa décadente.C'est très fort. Voici un lien pour jeter un coup d’œil sur ma modeste contribution:

http://pasiondelalectura.wordpress.com/2013/03/16/les-etrangers-de-sandor-marai/

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau

Date de dernière mise à jour : 20/12/2012