Les filles de Sweethaven, de Lakambini Sitoy

filles-de-sweethaven.jpgQuatrième de couverture :

L'ambitieuse Narita Pastor a abandonné sa fille illégitime pour faire carrière à Manille. Elevée par sa tante et ses grands-parents, de respectables enseignants, Naia est devenue une adolescente rebelle. Quand des images torrides de la jeune fille commencent à circuler sur le net, le scandale éclate au sein de la communauté fermée de l'Université presbytérienne de Sweethaven. Narita décide alors de voler au secours de son enfant perdue. A travers l'intellectuelle frondeuse de la capitale et sa soeur Antonia, ce sont deux mondes qui s'affrontent et se jaugent, tandis que remontent à la surface les blessures oubliées et les mensonges enfouis. Portrait magistral de trois générations de femmes tiraillées entre tradition et modernité, le premier roman de la journaliste philippine Lakambini Sitoy, finaliste du prestigieux Man Asian Literary Prize, est une véritable révélation.

Chronique de Sybille :

Le sujet de ce livre est un sujet très délicat et assez difficile à mettre en oeuvre dans un roman. Et c'est pourtant, la quatrième de couverture qui m'a attiré, donc je remercie les éditions Albin Michel pour m'avoir permis de découvrir cette histoire. Pour tout vous dire, j'avais peur de commencer ce livre, parce que le sujet est tellement grave et tellement sordide, que je me suis demandée si je n'avais pas fait une erreur et si j'arriverais à le lire jusqu'au bout. Mais finalement, malgré un démarrage quelque peu délicat, je dois avouer que je suis contente de n'être pas passer à côté.

Toute l'histoire est racontée du point de vue de Luth, la grand mère de Naia, et de Narita, sa mère. On voit le scandale se mettre en place petit à petit et les réactions différentes de la mère et de la grand mère. Dès le début, les réactions des deux femmes m'ont choqué, car elles n'ont pas agit de la même manière qu'une mère et une grand mère auraient pu le faire en Europe. En effet, l'histoire se passe aux Philippines donc elles ont agit différement : elles n'ont pas tenté de dialoguer avec la jeune fille et ont accepté que celle ci reste enfermée dans sa chambre. Si bien, qu'on a l'impression d'être éloignée de Naia pendant une bonne partie du roman.

La question que tout le monde se pose et particulièrement sa famille, c'est de savoir si la jeune fille était consentante et si elle connaissait la présence des vidéos ou si il y avait eu viol. On ne découvre la vérité qu'à la fin du roman et c'est assez délicat. Pendant ma lecture, je ne me suis pas sentie proche de Naia, je dois même dire qu'elle m'insupportait : elle laissait planer le mystère, était odieuse, refusait de parler, refusait de se défendre et même de donner les noms des hommes qui étaient dans la chambre avec elle. Mais au fur et à mesure, je me suis rendu compte que cette jeune fille était totalement destabilisée et que sa famille était responsable pour partie, de ce qu'elle était devenue. En effet, elle a été abandonnée très tôt par sa mère, appelait sa tante "maman", a été abandonnée une seconde fois par sa tante, n'a jamais connu son père, sa relation avec ses grands parents était plutôt spécial...Bref, sa situation familiale laisse sans voix.

Cependant, j'ai trouvé le personnage de Narita intéressant, car on comprend ce qui l'a poussé à garder son bébé et à, ensuite, l'abandonner. Et même si je n'ai pas addhéré à cette façon de faire les choses, j'ai compris durant ma lecture, qu'on ne pouvait pas juger une femme par rapport à ses actes, si odieux soit-ils. j'ai aussi beaucoup apprécié la petite romance mise en place avec l'avocat même si malheureusement, elle ne dure pas. j'ai trouvé l'avocat sensible et à travers son intervention dans le roman, on comprend que Sweethaven est dirigé par des familles influentes, par la corruption, la tromperie et qu'il est difficile de se construire dans un quartier si compliqué.

Pour finir, je dois dire que c'est un livre dérangeant et bouleversant, que je ne vous conseille pas forcément de lire pendant les périodes de fêtes (vous risquez d'être un peu perturbé pendant quelques jours), mais je pense que c'est un roman intéressant qui nous en apprends beaucoup sur les relations familiales et la vie aux Philippines.

Les filles de Sweethaven,

de LAkambini Sitoy

éditions Albin Michel

328 pages

23 euros

 

Sybille

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Date de dernière mise à jour : 25/05/2012