Marche ou crève, Stephen King

Quatrième de couverture

Mieux que le marathon… la Longue Marche. Cent concurrents au départ, un seul à  l’arrivée. Pour les autres, une balle dans la tête. Marche ou crève. Telle est la morale de cette compétition… sur laquelle une Amérique obscène et fière de ses combattants mise chaque année deux milliards de dollars. Sur la route, le pire, ce n’est pas la fatigue, la soif, ou même le bruit des half-tracks et l’aboiement des fusils. Le pire c’est cette créature sans tête, sans corps et sans esprit qu’il faut affronter : la foule, qui harangue les concurrents dans un délire paroxystique de plus en plus violent. L’aventure est formidablement inhumaine. Les participants continuent de courir en piétinant des corps morts, continuent de respirer malgré l’odeur des cadavres, continuent de vouloir gagner en dépit de tout., Mais pour quelle victoire ?

 

Chronique d'Alexandre

Je vous parlerai aujourd’hui du livre « Marche ou crève », de Stephen King.

Ray Garraty s’est inscrit pour la Longue Marche, dont le départ se fait dans le Maine, à quelques centaines de kilomètres de chez lui et ce, malgré l’avis de sa famille, plus que réticente.

Le jour du départ, comme tous les participants, Ray ne sait plus trop pourquoi il ne s’est pas désisté, ni même pourquoi il s’est inscrit.

Dans les premiers kilomètres, il fait connaissance avec quelques uns des autres marcheurs. Comme tous les autres, ils ne réalisent pas encore trop bien ce que « prendre son ticket » implique…

C’est une magnifique satyre de notre société actuelle que nous libre Stephen King. Loin de son registre fantastique / horreur que tous lui connaissant, c’est un récit de fiction qui flingue littéralement le côté déshumanisant de cette société de consommation qu’est la notre.

Tout au long de sa marche, Ray Garraty s’interroge sur les véritables intérêts de notre société, qui pousse à la consommation pour notre bonheur à tous, mais qui ne semble pas vraiment s’intéresser à notre bien-être.

Une réflexion sur la mort est également menée par l’ensemble du petit groupe de Garraty et, de manière plus implicite, une critique virulente des émissions de téléréalité dont on nous abreuve depuis maintenant près de dix ans.

Outre ces réflexions, côté plus terre à terre du roman, c’est  une intrigue quelque peu inhabituelle qui nous est fournie car dès les premières pages, on se doute du dénouement, mais à aucun moment ça ne vient entraver notre plaisir lors de la lecture. L’accent étant surtout mis sur le cheminement intellectuel des personnages.

Cheminement qu’on peut aisément suivre chez chacun, avec les nuances propres à chaque personnalité, ce qui m’amène au point suivant.

Les personnages sont construits de telle manière qu’on n’en a que l’aperçu qu’ils acceptent de donner aux autres participants de la Longue Marche. Ils sont à la fois clairs et faciles à cerner, tout en restant mystérieux et distants. En somme, c’est comme si nous aussi étions des participants à cet évènement quelque peu hors du commun et que nous découvrions les autres candidats en même temps que Ray Garraty.

On retrouve tout de même certains passages un peu plus crus, habituels dans les récits de King, mais en quantité bien moindres que dans ses autres ouvrages. Certains pourraient en être déçus, soit par un goût de trop peu, soit parce qu’ils auraient préféré les éviter totalement. A mon sens, il y a juste ce qu’il faut pour imprimer encore un peu plus au récit la marque de Stephen King, tout en restant dans l’inhabituel.

Un récit que je conseille vivement à tous.

 

Alexandre

 

Albin Michel

6 ,17 euros

378 pages

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Date de dernière mise à jour : 16/02/2014