Relais mortels, de Clémentine Séverin

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Quatrième de couverture

Le docteur Pierre Bertrand, médecin psychiatre psychothérapeute, décide d’envoyer des mails à son ami et confrère, le docteur Brice Martin, médecin généraliste.
Une courte correspondance entre eux ne laisse aucun doute sur leurs intentions et sur leurs actes passés concernant leur patiente, Camille Arnaud.
Comment va réagir Camille Arnaud? Sera-t-elle sauvée en quittant ces deux médecins?

Clémentine Séverin, assistante sociale, a déjà écrit plusieurs récits et recueils de nouvelles, fondés sur des faits réels.
"Relais mortels" est un roman, mais ne s’inspire-t-il pas d’une sombre réalité?

Chronique de Garlon

Je vais aujourd’hui vous parler d’un tout petit livre, qui clôt l’histoire du livre La Convocation, de la même auteure.

Camille Arnaud, assistante sociale, est suivie par un médecin et un psychologue, qui ont décidé, pour une obscure raison, à la faire couler, la désespérer de plus en plus.
Comment Camille pourrait-elle faire pour échapper à ses bourreaux, alors que, dans son travail, elle est déjà constamment harcelée et qu’elle a donc besoin de personnes de confiance dans son entourage ?

Au niveau de l’histoire, comme je l’ai dit, c’est ce qu’on pourrait qualifier de “suite et fin” pour le livre La Convocatin, de la même auteure.
Et cela malgré le fait que l’éditeur soit différent et que le nom de l’assistante sociale ne soit pas le même. Le problème avec cela est donc que quelqu’un ne lisant pas d’office les deux livres ne pourra pas savoir qu’ils sont liés, et c’est vraiment dommage pour les lecteurs n’ayant lu que l’un des deux ouvrages.
On suit ici la machination de deux thérapeutes contre une de leurs patientes. Ils le disent clairement : ils font des machinations pour entretenir son désespoir, ses envies de suicide.
Nous voyons donc ici, une fois de plus, tout le mal qu’il peut y avoir chez l’homme, et notamment chez des personnes en qui nous avons à priori entière confiance, comme nos médecins.
Un nouvel horrible témoignage est donc ici présent, pour nous faire comprendre que la confiance aveugle peut parfois être néfaste, car la méchanceté humaine se trouve partout.
J’ai trouvé un peu folle la confiance de l’assistante sociale envers le psy, surtout avec tout ce qui ce dernier lui disait. Cela nous montre une chose : lorsque quelqu’un a un statut spécifique (comme celui de médecin), nous avons tous tendance à lui faire confiance, et ce, quoi qu’il dise.
A un certain moment, on entrevoit une “raison” aux agissement des méchants des deux livres, qui serait peut-être liés à un proche mort d’une maladie. Ca laisse des suppositions au lecteur, mais je trouve qu’une plus grande révélation aurait été bienvenue, pour amener une certaine compréhension sur le pourquoi de ce harcèlement, car il doit y avoir quelque chose, même inconscient et illégitime, sinon autant de personnes ne s’acharneraient pas contre quelqu’un (pour ma part, j’entrevois une certaine jalousie sur le fait que Camille soit sortie de son cancer, contrairement à une autre personne qui serait morte de sa maladie, mais ce sont surtout des suppositions).

Au niveau du style de l’auteur, j’ai assez apprécié la façon donc les choses sont présentées : tout d’abord un échange de mails, ensuite une longue lettre, et enfin une histoire racontée de façon plus classique sur la suite de l’histoire de Camille. Cet aspect m’a pas mal plu.
Par contre, quelques fautes de français sont présentes (mais pas vraiment dérangeantes), et des répétitions peuvent parfois ennuyer le lecteur.

Le lecteur s’intéressera pas mal à Camille, surtout si il a lu La Convocation et a fait le rapprochement entre les deux personnages, et souhaitera de tout son coeur qu’elle s’en sorte, qu’elle échappe à ces personnes qui lui veulent tant de mal, surtout après ce qu’elle a déjà subit.

En bref, nous avons ici une suite qui n’est pas du tout présentée comme telle, avec un témoignage sur la méchanceté humaine, venant parfois de personne en qui nous avons entière confiance. Un magnifique témoignage, bien qu’il manque d’une “raison” claire à ce harcèlement, raison qui ne peut être que supposée. Le style de l’auteur, dans ce livre, est très bien fait de par la façon dont les choses sont présentées, et ce malgré des répétitions parfois ennuyantes.
Une chose est sûre, le lecteur se sentira proche de Camille !

Un livre à conseiller, tout comme La Convocation, car il apporte de nombreuses choses concernant le harcèlement et la manipulation.


Relais mortels

Clémentine Séverin

Mon Petit Editeur
78 pages

10,14 €


Garlon


Commentaires (2)

lireoumourir
  • 1. lireoumourir (site web) | 04/04/2012
Merci pour ces explications qui apportent, je trouve, une dimension supplémentaire au récit.
Je vous souhaite également une très bonne soirée
Garlon
clementine severin
  • 2. clementine severin | 04/04/2012
Bonsoir,
Je viens de lire la chronique. Il est évident qu'ayant lu la convocation, ce roman devient un témoignage qui explique aussi la convocation. La raison ? Elle est uniquement en eux et non en la patiente. Ceci est expliqué en double message quand le psys évoque la thérapie de Jean Edouard. Il l'a fait reposer sur la mort de Camille Arnaud, cela veut dire qu'il ne veut pas aider Jean-Edouard. La raison, le psy l'explique aussi dans sa description du pervers narcissique : une conférence aux étudiants.
Le psy n'est pas psychologue mais psychiatre. L'aveuglement de Camille vient du fait que le psychiatre agi toujours dans l'ombre sauf après la mort de sa mère, car il n'y a plus personne qui puisse l'atteindre directement. Lui s'en charge avec son ami médecin traitant. L'aveuglement vient du fait que Camille vit au travers du secret inconscient qui va naître au cours de cette thérapie. Un tel secret rend aveugle et impuissants.
Je vous remercie de cette chronique fort intéressante et objective encore une fois.
Je vous souhaite une très bonne soirée
Clémentine S.

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