Rien ne s'oppose à la nuit, de Delphine de Vigan

 

 

Quatrième de Couverture :

« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. 
La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. 
Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. » 

Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force.

 

Chronique de Ceinwèn :

Tout d'abord je tiens à remercier les éditions JC Lattès pour m'avoir permis de lire ce livre.

Delphine de Vigan est une auteur française dont le nom a émergé récemment auprès du public avec l'adaptation au cinéma de son roman No et Moi, roman émouvant et bouleversant.
Et bien ce roman ci m'a également profondément touchée. Il m'a émue au larmes, touchée, fait sourire, révoltée...Une palette de sentiments avec lesquels on n'est pas forcément à l'aise. Mais qu'importe. Cette lecture fut admirable, et je ne la regrette pas une seconde ! Merci pour cette histoire !

Pleine de pudeur, de craintes, de drames, de silence et de cris, de violence et de tendresse, ce roman qui tend à donner une dimension auto-biographique ne peut laisser indifférent. On aime ou on déteste ce genre.

L'auteur raconte sa mère. Sa mère telle qu'elle l’appréhende au travers des témoignages, oraux ou non, de ceux qui l'ont connu. Tout commence par son enfance, sa fratrie et ses parents, l'époque, puis sa vie d'adulte, ses déchéances et ses désespoirs.
C'est un témoignage bouleversant sur une femme qui a souffert de troubles psychiatriques qui l'ont éloignés des siens. Un témoignage d'une enfant qui a trop vite été confronté à la vie dans ce qu'elle a de plus dure : la perte - à tous les niveaux.

Ce livre provoque un sentiment de voyeurisme chez le lecteur - on veut en savoir plus - sentiment qui se mâtine d'un peu de honte dans mon cas "comment autant se plongée dans la vie de cette femme ?".
Mais les personnages sont changeants, et le récit, mouvant, nous révèle différentes facettes de l'époque, de la famille, des gens. Notre opinion évolue au fil du livre, au fur et à mesure des souvenirs et des révélations.
On a pas le même regard sur Liane et George au début et à la fin, comme si nous aussi nous grandissions, comme Lucile. Comme Delphine.

L'auteur a su illustrer dans ce roman le "classique" d'une famille, nombreuse ou pas. Les non-dits, les silences, les moments de joies, les souvenirs et les traditions, mais aussi les pertes et les haines, les chagrins et les blessures. Les rancunes et les incompréhensions.

Ce roman est magnifique, triste et pourtant porteur d'une certaine joie. La vie continue.

 

Rien ne s'oppose à la nuit

Delphine de Vigan

JC Lattès

400 pages

19 €

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Date de dernière mise à jour : 24/05/2012