Si pâle, si mince, si morte,de Daniel Walther

 

 

Présentation de l'éditeur :

Entre érotisme et fantastique, les textes de ce recueil participent du réalisme le plus cru et de la fantaisie la plus débridée. La novella qui donne son titre au livre est une variation cruelle sur le thème très contemporain de l'anorexie mentale des jeunes femmes/filles modernes, véritable antichambre de l'enfer du siècle. Le Démon n'est jamais loin, qui se travestit en maître de ballet des ténèbres, caché sous de lugubres oripeaux. Et les femmes, si elles se révèlent souvent fatales, inventent mille façons de se jouer des tristes machos que nous sommes. Qui songerait réellement à nous plaindre?

Chronique de Ceinwèn :

Lorsque j'ai choisi ce livre, je m'attendais à un recueil de nouvelles sur l'anorexie. Nouvelles peut-être présentée sous un angle un peu "fantasmagorique" ou "onirique", avec ce détachement propre aux personnes qui en sont atteintes.
Peut être à une certaine poésie, j'étais même prête à lire un peu de mystique (alors que je déteste ça)...

Mais certe pas à ce que j'ai trouvé entre ces pages. L'anorexie n'est que vaguement traitée dans la première des quatres nouvelles, et encore de manière...plus que secondaire.
Le vrai thème est en fait une sorte d'érotisme écoeurant et de bestialité sexuel. Une volonté pour les personnages de posséder ce qu'ils ne devraient pas convoiter, par la violence ou la honte.

La quatrième de couverture est plutôt séduisante, mais ne reflète pas assez le contenu du livre à mon goût. Les femmes de ce roman ne se "jouent" pas des hommes, plutôt les hommes rêvent de les prendre/violer/blesser. Certe dans la première nouvelle les filles se veulent parangon du sophisme et de la luxure, mais uniquement par manipulation mentale, et le personnage qui le décrit nous fait bien passer l'écoeurement face au détournement de cette sexualité. Alors qu'en soi, le sophisme n'est rien de plus qu'une relation entre deux personnes consentantes... mais là n'est pas le sujet.

L'auteur a bien réussi à faire passer ici le détournement que font certaines personnes de cette sexualité mal connue, et victimes des préjugés du grand public. Des jeunes filles, manipulées ou non, se font une certaine idée des relations sexuelle et la détourne encore plus par leurs actes, qu'elles veulent rebels. Elles se veulent adultes, et sont parfois juste malades, détournant des faits, des habitudes, des coutumes, des arts de vivre, les transformant en une chose répugnante qui va alimenter les jugements du grand public.

Je vous fait grâce des descriptions de la troisième nouvelle qui sont particulièrement détaillées, et assez dures à lire. On se retrouve plongé dans les fantasmes du narrateur, qui ne sont certe pas à recommander à un public jeune. 

Concernant le style, il y a une chose qui me rebute d'entrée, avant même de lire le texte : c'est la présence systématique, permanente, surabondante de parenthèses et autres guillemets. Ca coupe la lecture, casse le rythme, bref j'aime pas. Et là que ce soit pour la préface, qui n'est pas de l'auteur, ou pour les textes, on y a droit tout le temps ! Et je te met du gras, de l'italique, des "/"...je craque ! Je ne comprends pas l'interet de cette sur-enchère qui casse le rythme et nous fatigue la lecture.

Concernant l'écriture, c'est très saccadé rapide, on voit que ce n'était pas vraiment le but premier de l'auteur. Ca condense "l'action", et fait tourner les pages à une vitesse folle, et du coup on ne voit même plus le texte.
L'auteur a cherché à avoir une prose moderne, de poésie un peu urbaine, et très crue, de façon a mettre ses idées en avant, sans fard : une manière comme une autre d'exprimer son opinion sur un sujet donné.

J'ai lu de nombreux livres sur des thèmes parfois durs, et écrit avec une poésie qui vous tire les larmes des yeux. Là niet ! Aucun sentiment ne m'a fait frissoner à la lecture. Je ne suis surement pas assez réceptive à ce genre de prose.

Le lectorat sera un public averti, certaines scènes sont vraiment violentes du fait de ce qu'elles représentent, et ne conviendraient pas à un public jeune et/ou sensible. Je crois qu'il faut un détachement important pour passer outre les mots et allez toucher l'essence de ce qu'à voulu faire passer l'auteur. Ma philo est un peu rouillée, et j'avoue que je n'étais peut être pas dans l'esprit adéquat pour cette lecture également. 

 

Si pâle, si mince, si morte

Daniel Walther

Nouvelles Vagues

174 pages

17€

 

Ceinwèn

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Date de dernière mise à jour : 25/05/2012