Swamplandia, de Karen Russell

Quatrième de Couverture :

« Quand on n'est qu'au commencement de la fin, on peut très bien se croire déjà au milieu. Quand j'étais petite, je ne voyais pas ces nuances. C'est seulement après la déchéance de Swamplandia que le temps s'est mis à avoir comme un début, un milieu et une fin. En bref, je peux résumer toute l'histoire d'un seul mot : chute. »

Swamplandia a longtemps été le parc d'attractions le plus célèbre de toute la Floride, et sa star, Hilola Bigtree, dompteuse d'alligators de classe internationale, cuisinière exécrable et mère de trois enfants, n'y était pas pour rien. Mais à sa mort, l'entreprise sombre dans le chaos. Seule sa fille Ava, treize ans, semble en mesure de sauver les Bigtree du naufrage et de la menace du Monde de l'Obscur, leur redoutable concurrent...

Chronique de Ceinwèn

 Voici l'un des romans de la rentrée littéraire que j'ai eu l'occasion de lire peu avant sa sortie. Présentée comme le roman de l'année, exceptionnel etc. j'en attendais beaucoup. Il faut dire que le courrier joint au roman, ou même les commentaires sur le site de la rentrée littéraire, propose des extraits de critiques portant le roman au nues (je reconnais que là j'ai commencé à me méfier). Certains parlent même d'une adaptation en série télévisée...j'ai de gros doutes.

C'est l'histoire d'une famille étrange, un peu paumée, un peu excentrique. Ils vivent dans les îles des marécages de Floride et pas un ne s'imagine vivre ailleurs. Swamplandia est leur unique but. La mère est une dompteuse exceptionnelle d'aligatores, le père tient le parc et fait la discussion aux touristes, le grand-père est le propriétaire originel de la terre et perd la boule quand les trois enfants se retrouvent engager plus ou moins volontairement dans les différents travaux du parc (entretien, vente etc.).

Mais un choir, c'est le début de la fin. La catastrophe qui s'abat et une famille qui se fissure. Une maladie, fulgurante, une perte et le grand-père qui perd définitivement la tête et qu'on place dans une institution. A partir de là, tout se délite, tout s'écroule. Les liens qui reliaient chaque membre de la famille commencent à se distendre et chacun sombre à sa façon. De plus, avec l'installation d'un nouveau parc d'attraction sur le continent, plus personne ne vient voir les aligators de Swamplandia...

Le père semble ne rien voir et continue comme si de rien n'était, le grand frère fuit, persuadé qu'il peut faire de grandes études et sauver sa famille. Les deux soeurs, laissées à elles-même ne sont pas en reste. La grande se perd dans les délires de la voyance et la petite, trop jeune pour totalement appréhender la situation, se laisse porter par les rêves de ses aînés.

L'écriture de ce roman est splendide. Les mots s'enchainent et les pages se tournent sans que le lecteur ne le réalise. Il y a une fluidité facile et on avance sans totalement s'en rendre compte. Néanmoins, là où l'écriture est belle et légère, l'histoire elle se perd.

J'ignore si l'intention de l'auteur était de traité d'un sujet précis (la perte, la folie, le rêve ou les désillusions et l'espoir) mais le résultat est un mélange dont on ne distingue plus rien. Impossible de comprendre le but de l'auteur, le but de l'histoire. Je n'ai pas réussi à m'intéresser aux enfants, peut-être en raison de leur décalage dans leur façon de penser - ils sont insulaires et ne connaissent pas les institutions.

On suit Ava, la plus jeune, la majorité du temps. C'est à travers ses yeux d'enfants et plein de rêves qu'on suit la chute du parc, la folie de sa soeur et surtout, le plus dur, la perte de son innocence. L'ambiance dans les marécages est extrèmement bien rendu, mais on est tellement tenu par la vision d'Ava qu'on perd en partie la magie de l'écriture de l'auteur. Lorsque c'est Kiwi le narrateur, le frère ainé, on passe dans un monde totalement différent et on ressent de la pitié, cette pitié douloureuse qu'on s'en veut d'éprouver.

Dans l'ensemble je dirai que je n'ai pas compris ce roman. Excepté à dire que c'est une tranche de vie, une tranche de vie d'une famille un peu excentrique et perdu. L'écriture magnifique a rendu la lecture rapide et légère, mais n'a pu totalement dissiper l'impression d'ennui qui j'ai ressentit en lisant ce roman. J'espère que l'auteur continuera à écrire, elle a un vrai talent, mais Swamplandia est une déception pour moi. Vous pensez bien que l'adaptation TV serait une erreur...

 

Swamplandia

Karen Russell

Albin Michel

480 pages

22.50 €

 

Ceinwèn

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