Un héritage, de Sybille Bedford

 

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Quatrième de couverture :

En Allemagne au tournant du XXe siècle, à une période charnière de l’histoire où l’Europe est en germe, deux univers se trouvent liés par un mariage : la famille des von Felden, aristocrates catholiques terriens du Sud de l’Allemagne, et les Merz, de la grande bourgeoisie juive de Berlin. Entre la fantaisie des uns et le sens du devoir des autres se dresse un portrait de groupe aux destins imbriqués : Julius von Felden, un esthète qui voyage avec ses chimpanzés et refuse de voir ce qui se passe autour de lui ; son jeune frère Johannes, brutalisé à l’école de cadets, qui tente de se suicider plutôt que d’être renvoyé, ce qui provoquera un scandale familial et politique. Et puis Caroline, qui finit par s’enfuir en Italie avec sa fille, la petite Francesca, ballotée entre deux maisons, qui observe les adultes et ressemble à bien des égards à l’auteur enfant.

Chronique de Sybille :

J'avais hâte de lire ce livre car le résumé me tentait énormément et l'auteure s'appelle Sybille. Du coup, j'étais pressée de voir ce que pouvait bien donner ce roman. Je remercie les éditions Le livre de poche pour avoir accepté de me l'envoyer et pour m'avoir permis de découvrir l'univers de l'auteure, univers très particulier d'ailleurs.

L'histoire du livre un Héritage est principalement composée d'histoires familiales. Le livre est donc divisé en plusieurs parties, chacune racontant la vie de plusieurs familles. D'un côté, on découvre les Merz, une famille bourgeoise de Berlin. Ils ont quatre enfants, deux fils, dont l'un a fait un mariage peu apprécié et dont l'autre ruine totalement sa famille avec ses dettes de jeu. Les deux jeunes filles sont plus calmes et posées mais malheureusement, auront une vie très courte. De l'autre côté, on découvre la famille Von Felden, une famille venant du sud de l'Allemagne. Le père est donc à la tête d'une famille de quatre garçons : l'aîné étant un esthète aux coutumes et habitudes un peu étranges, le second vivant de moments difficiles à l'école des cadets au point de tenter de mettre fin à ses jours, le troisième souhaitant épouser la fille d'un baron et le dernier plus sage vouant une passion pour ses frères aînés. L'histoire raconte donc comment ses deux familles se sont liées. Je ne vous en dirai pas plus.

Je dois dire que j'ai été relativement étonnée : je m'attendais à un roman contemporain assez sentimental, dans lequel l'auteure n'aurait pas pris de position particulière. Et bien, c'est tout l'inverse qui se produit ici : le ton que donne l'auteure au roman est vraiment particulier et décalé. J'ai eu tendance parfois à le comparer un peu aux livres de Stéphanie Des Horts, une auteure que j'apprécie beaucoup pour son imagination débordante et pour le ton totalement farfelu et extravagant qu'elle emploie. L'image la plus parlante de Un héritage que j'ai en tête est probablement les balades de Julius Von Felden avec ses chimpanzés et sa véritable lutte pour les faire accepter dans des endroits publics comme des hôtels.

Vous l'aurez donc compris, Sybille Bedford décrit les aristocrates et bourgeois allemands avec beaucoup d'humour. Elle dresse un portrait de la société d'une façon ingénieuse et en fait presque une caricature. C'est vraiment appréciable et rare de voir la société allemande décrite de cette façon.

Si je dois tout de même dire quelque chose de négatif, ce serait très probablement la longueur du roman. Je l'ai trouvé, à certains moments, beaucoup trop descriptifs. L'auteure se concentre parfois sur une multitude de détails qui à mon sens, ne sont pas forcément utiles. Ceci dit, c'est le seul point négatif que j'ai trouvé à ce roman très bien écrit et très drôle. Je ne peux que vous conseiller de découvrir ce portrait original et saugrenu de la société allemande du début du XX e siècle.

Un héritage,

de Sybille Bedford

édition Le Livre de poche

7,10 euros

428 pages

 

Sybille

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Date de dernière mise à jour : 04/10/2013