Vipère au poing, de Hervé Bazin

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Quatrième de couverture

Vipère au poing est le récit, largement autobiographique, du combat impitoyable que livrent Jean Rezeau, dit Brasse Bouillon, et ses frères, à leur mère, Folcoche.
Jean Rezeau, que nous suivons de quatre à seize ans, n'est pas pour autant un enfant martyr. Il a beaucoup trop de combativité pour être de ceux qui subissent : la haine l'occupe comme d'autres la tendresse. N'avoue-t-il pas, à la dernière ligne : " Merci ma mère ! Grâce à vous, je suis celui qui marche, une vipère au poing. " Cri de haine et de révolte, Vipère au poing, le premier roman d'Hervé Bazin, lui apporta la célébrité et le classa d'emblée parmi les écrivains français les plus lus de notre époque.

Chronique de Garlon

Parlons aujourd’hui de la réédition d’un livre devenu culte (et qui a d’ailleurs inspiré des films) : Vipère au poing.

Brasse-Bouillon et son frère vivent, au début du XXème siècle, avec leur grand-mère dans la propriété familiale.
Mais voila, la dame est âgée, et survient alors son décès.
Avec cela entrent alors dans la vie des jeunes garçons certaines nouvelles têtes, qui ne sont autre que leurs parents et leur jeune frère qu’ils ne connaissent pas.
Ils se rendront rapidement compte que leur mère, qu’il surnommeront Folcoche, est loin d’avoir l’instinct maternel et fait tout ce qui est en son pouvoir pour rendre la vie de ses enfants insupportables.
Face à ces attaques, Brasse-Bouillon décide de ne pas se laisser faire, et commence alors une guerre, au sein même de la propriété familiale.

A la lecture de ce livre, je comprend tout à fait son succès lors de ses différentes éditions et des films.

L’histoire est vraiment passionnante à souhait !
Nous découvrons ici toute la cruauté de l’être humain, qui peut aller jusqu’à une haine sans nom entre une mère et ses enfants, sans raison apparente. La cruauté monte petit à petit, et nous suivons donc la vie de ces enfants qui doivent se battre pour leurs droits, affronter l’injustice sans personne pour les défendre.
Cela leur donnera un caractère fort, surtout à Brasse-Bouillon, qui développera, au fur et à mesure du récit, une façon de penser de plus en plus forte, mais aussi, malheureusement, de plus en plus guidée par la haine d’autrui, et par la cruauté gratuite, et pas seulement envers l’objet de sa haine. Je trouve que le fait qu’il ai dû autant s’enfermer dans ces sentiments négatifs pour vivre, et non uniquement survivre est bien triste, car je trouve que cela détruit les êtres.
Je dirais que, tout comme l’amour peut engendrer l’amour, la haine engendre ici la haine.
Tout ce développement est fort, très puissant, pour le lecteur, qui sera captivé du début à la fin par cette histoire de haine et de cruauté. Impossible de se détacher de l’histoire une fois celle-ci commencée.
Nous découvrons, en même temps, les excès des enseignements catholiques, la vie dans une religion qui doit guider les actions des membres de la famille, et qui, pour moi (qui suis athée), est très négatif.
De plus, l’auteur s’est fort inspiré de sa propre jeunesse, avec une mère cruelle, pour écrire ce livre, ce qui lui donne une plus grande dimension, et intéressera par conséquent encore plus le lecteur.

J’ai vraiment adoré le style de l’auteur. Il est vraiment très agréable à lire, et je l’ai d’ailleurs trouvé assez poétique.
Les descriptions sont assez imagées, et l’auteur utilise de nombreuses métaphores, parfois très puissantes, pour illustrer ses propos (je pense, par exemple, au dernier paragraphe du livre, que j’ai trouvé vraiment très fort).

Au niveau des personnages, ils sont très bien faits, et on suit vraiment très bien l’évolution de l’état d’esprit de Brasse-Bouillon, la cruauté de sa mère, la lâcheté du père, etc.
Ils sont tous uniques et très bien construits, et, surtout, ils sont loin d’être statiques, ayant chacun son évolution personnelle que le lecteur peut suivre.

En bref, un magnifique récit, très puissant, avec une histoire de cruauté gratuite, un style imagé et poétique, et des personnages très bien travaillés.

Un ouvrage que je ne peux que vous conseiller

 

Vipère au poing

Hervé Bazin

Grasset

315 pages

16,30 €

 

Garlon

Commentaires (1)

Aurore
  • 1. Aurore | 28/06/2012
Un ouvrage que j'ai lu pendant le collège tout en comparant avec l'adaptation en film, ma prof de français de l'époque a su nous faire partager ce magnifique récit et prendre conscience de beaucoup de choses !
Je le conseille vivement ! =)

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Date de dernière mise à jour : 25/05/2012