Big K, 1: L'appel du sang, de Nicolas Duchêne et Ptoma

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Quatrième de couverture

La nuit m’appartenait et ce soir, la vérité devait s’imposer dans la violence. Le sang avait déjà un goût de métal dans ma bouche, et ça présageait le meilleur.

 

Chronique d'Alexandre

Je vous parlerai aujourd’hui de Big K, l’appel du sang, de Nicolas Duchêne et Ptoma.

Big K est une machine à tuer. Froid et implacable, il en est venu à se faire craindre même de ses employeurs.

L’histoire commence avec la mise à mort de Pesci. Travail quasi routinier en apparence pour K.

Lorsqu’il retrouve ses employeurs pour leur annoncer la fin de sa besogne, il est envoyé chez Salvi. Pour le presser d’effectuer les livraisons que l’on attend de lui.

Cette petite visite éveillera quelque chose en Big K, qui le bouleversera profondément et le renverra à son enfance, point de départ de la construction de cet être froid et violent qu’il est devenu…

 

De manière globale, j’ai bien apprécié cette bande dessinée. L’histoire est originale, bien construite, donne envie de poursuivre et est bien soutenue par le dessin.

 

On a affaire ici à un « méchant » fort particulier, dans son aspect tueur à gages. On ne peut pas dire qu’il prend du plaisir à exercer son travail de tueur, mais on ne peut pas dire non plus qu’il n’aime pas. Cette indifférence est un plus à l’histoire car on rencontre souvent des personnages contraints et forcés d’être ce qu’ils sont, ne s’assumant pas le moins du monde, ou au contraire, réellement mauvais et heureux de l’être.

Lorsque le sérial killer s’exprime, on découvre alors une personne pour qui tuer est à la fois un plaisir et une forme de thérapie. Cette dualité, tant entre sérial killer et tueur à gages et entre le plaisir de tuer et la notion de thérapie qui en découle apporte beaucoup à l’ouvrage, tant elle est bien représentée et évidente.

 

Cette bande dessinée dénonce en outre la violence des grandes villes et l’influence qu’elle peut avoir sur une vie humaine. C’est un aspect qui m’a également accroché, mais vous développer le pourquoi du comment serait un peu hors contexte ici.

 

En ce qui concerne le scénario à proprement parler, je n’aurais qu’une seule critique à faire, c’est qu’à certains moments, l’histoire se traine un peu et on se perd dans différentes direction sans pour autant avoir les repères nécessaires à une bonne compréhension dès la première lecture.

Mais notons tout de même qu’en dehors de ce point négatif, tout le reste est positif. Les lignes directrices de l’histoire, ses rebondissements, ses mystères etc., son vraiment bien pensés et agencés.

 

Concernant le dessin, à mon sens il est parfois un peu trop flou, et à certains moments, j’ai eu un peu de mal à discerner les détails, voire même à saisir le sens de ce que je voyais. Il me fallait ralentir ma lecture pour pouvoir me pencher plus en profondeur sur la case posant problème pour pouvoir continuer ma lecture.

En revanche, je trouve qu’ils soutiennent vraiment bien cet aspect sombre et instable, tant du personnage que de la ville de New-York, et participent grandement à l’ambiance générale de la bande dessinée.

 

Si leur aspect un peu flou peut être un frein à certaines choses, il ne l’est pas lorsqu’il s’agit des scènes marquantes de l’histoire. Lorsque le dessin et le texte sont deux éléments interdépendants, au point que si l’on se passe de l’un, l’autre perd une très grande partie de son intérêt, on distingue sans peine les détails à observer. Point positif donc à ce niveau !

 

Une bande dessinée que je conseillerais tout de même à un public possédant une certaine maturité, mais à part ça, sans aucune réserve.

 

Big K, L’appel du sang

Nicolas Duchêne et Ptoma

Casterman

48 pages

11,5 €

 

Alexandre

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Date de dernière mise à jour : 03/04/2012