Anamorphose - Invictus Tenebrae, de Nathy

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Quatrième de couverture

Que l’on soit vampire ou humain, le passé d’un être laisse des marques indélébiles.

Dante se souvenait de tout.
La violence de l’attaque de Lucrezia. La panique ressentie quand les canines avaient effleuré sa peau et déchiré sa gorge. La douleur épouvantable qui fut la sienne ; le feu parcourant ses veines tandis qu’elle s’abreuvait de son sang. Les soubresauts de son corps refusant la perte de son fluide vital. Son envie de crier, alors qu’aucun son ne pouvait franchir ses lèvres. Des larmes qui coulaient sur son visage pendant qu’elle se délectait de sa vie. Son rire dément, ses humiliations, ses tortures. Esclave, tel était son nom.

Bien des siècles plus tard, une jeune humaine, Camille, aussi torturée que lui, croisera son chemin.
Seront-ils capables d’échapper à leur obscur destin ?

Chronique d’Ailayah

Tout d’abord je tiens à remercier les éditions Rebelle pour m’avoir permise de découvrir cette romance vampirique plutôt intéressante.

A la vue de la couverture, j’avoue que je ne m’attendais pas à ce que la romance prenne autant de place dans le roman et que ce serait plutôt le côté torturé, la nature vampirique qui viendrait prendre le pas, et du coup, j’avoue que je n’ai peut-être pas autant apprécié ce roman que ce que j’aurais voulu. Je ne suis pas en train de dire que je ne l’ai pas aimé, attention, mais qu’il me manquait quelque chose, comme vous le verrez dans mon développement.

Pour ce qui est de la mythologie vampirique, j’ai vraiment apprécié que nous rentrions dans cet univers tout de suite, et de quelle façon d’ailleurs ! Dante qui se fait torturer, physiquement, moralement, et qui par ce fait n’arrive pas à accepter sa nature nouvelle. On rentre dans un univers aux allures médiévales avec cette Venise nommée Venezia, ces châteaux luxueux, et toute cette Histoire vampirique qui est dévoilée au fur et à mesure de l’histoire, ses clans, ses guerres, la hiérarchie etc. Tout cet univers est vraiment fascinant et j’avoue avoir été quelque peu déçue de n’avoir pas plus de détails dessus. De plus, j’ai eu vraiment du mal à sortir de tout cet univers pour atterrir dans le monde d’aujourd’hui, le Clermont-Ferrand que nous connaissons car finalement, nous avons très peu de description de ce monde moderne. Du coup, vers la fin, alors qu’ils sont dans ce village du prince Edern, un village aux allures moyen-âgeuse, et qu’on nous parle tout d’un coup de la lumière de son portable, ça m’a vraiment fait tout bizarre car je n’arrivais pas du tout à l’imaginer comme ça, dans ma tête c’est une torche qui servait d’éclairage, et ça a pour moi bien plus de force.

Un point que j’ai bien apprécié, c’est cette petite intrusion dans le monde de l’édition. Cela dit, encore une fois, nous n’avons finalement pas tant de détails que ça. Mais finalement, c’est pas important non plus, ça reste un background vraiment sympathique dans lequel Dante et Camille se rencontrent.

Dante et Camille. Voici deux personnalités bien torturées par la vie et les évènements qu’ils ont dû / doivent subir. J’avoue que j’ai pas mal apprécié le personnage de Dante, cet homme fantasque qui fut transformé malgré lui en vampire et torturé à tel point qu’il en vint à haïr sa propre nature et s’isoler complètement de tous, humains ou vampires. Je l’ai apprécié, mais encore une fois, il m’a manqué quelque chose. Il est vraiment intéressant, on sent qu’il y a de quoi faire avec un tel personnage, et pourtant, après avoir fermé le livre, j’ai eu ce sentiment de ne m’être jamais vraiment attachée à lui. Il m’a semblé fade et totalement creux au final. Je suis sûre que beaucoup me contrediront mais malgré toute cette histoire autour du personnage, son caractère et ses sentiments restent vraiment ainsi. Pour ce qui est de Camille, je suis désolée pour ceux qui l’ont vraiment apprécié, car moi pas du tout, elle m’a horripilé, énervé et je l’ai trouvée faible, sans véritable profondeur et j’ai eu envie de la secouer plus d’une fois. Je ne vois vraiment pas ce que Dante lui trouve, mais bon, ce n’est que mon avis. Quant aux relations entre ces deux-là, c’était du pur Amour, Gloire et Beauté vampirique, un jeu de chat et souris qui au bout d’un moment commence vraiment à énerver et on n’a qu’une envie c’est de lui crier : « Mais embrasse-le arrête de jouer avec lui, merde ! ». (Excusez mon langage)

Pendant environ 250 pages (sur 311), nous avons cette romance alternée de quelques passages assez durs je dois l’avouer sur le passé de Dante et sur des évènements qui viennent durement perturber nos personnages. Malheureusement, je n’ai vu dans la plupart de ces scènes qu’un moyen pour l’auteur de donner un peu de piquant à son histoire et ça n’a pas été suffisamment développé pour que ça me touche plus que ça.

Pour ce qui est des personnages secondaires, Morgan, Cathal, Tristan, Silvio, Maella, Nelly et tous les autres, voilà des personnages avec un gros potentiel. Je les ai tous appréciés à leur manière. Mais encore une fois, ils sont tellement peu développés qu’on ne fait qu’effleurer leur potentiel. Et c’est vraiment dommage car ils ont vraiment ce côté super intéressant dans leur exotisme.

J’ai apprécié les cinquante dernières pages car on sort un peu de la romance pour entrer plus dans la découverte du monde vampirique. Et c’est assez plaisant je dois dire. Le rythme s’accélère un peu, et on suit vraiment bien les évènements jusqu’à … ce qui vient pour moi tout gâcher car on s’y attend vraiment trop. C’est trop facile, c’est trop rapide, encore une fois pas assez développé. On a un souci … ni Camille ni Dante ne veule que Camille devienne vampire … comment allons-nous bien changer ça … pour moi c’est vraiment ce que cet évènement rapide de la fin vient faire. Finalement, on a vraiment l’impression que c’est l’auteur qui tire toutes les ficelles de son histoire, ce qui donne un aspect vraiment faux et illogique aux évènements. Ce n’est pas l’histoire qui prend le dessus et s’écrit elle-même, on y voit trop l’auteur comme le marionnettiste et c’est ça qui je pense m’a le plus dérangé. La fin a été révélatrice de cela, mais finalement, tout le roman est ainsi.

C’est vraiment dommage car c’est une histoire vraiment sympathique, une romance vampirique qui plaira sûrement aux adeptes du genre qui ne sont pas aussi critiques que moi. Pour ma part, ce qui m’a vraiment manqué pour faire passer ce roman de correct à extraordinaire, c’est l’approfondissement et le développement de tous les possibles que l’on aperçoit, tous les potentiels, mais également le manque d’un élément essentiel selon moi : la surprise. Tout paraît trop simple et trop lié en un sens.

Je vais m’arrêter là, j’ai déjà pas mal écrit et j’attends maintenant que vous me contredisiez avec vos avis car je suis sûr que plusieurs d’entre vous n’ont pas le même point de vue sur cette œuvre !

 

Anamorphose – Invictus Tenebrae

Nathy

Rebelle

311 pages

19€

 

 

Ailayah

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Date de dernière mise à jour : 05/09/2015