Docteur Sleep

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Quatrième de couverture

Depuis Shining, le petit Dany Torrance a grandi. Ses démons aussi...

Chronique d'Alexandre

Je vous parlerai aujourd’hui du livre Docteur Sleep, de Stephen King.

Dan Torrance a grandi et doit  faire face à ses démons. Rongé par l’alcool, il s’est peu à peu coupé du monde et a soigneusement saccagé sa vie. Il semble bien parti pour continuer un bon bout de temps dans cette lancée, quand il rencontre Billy, conducteur de train miniature, qui va lui donner l’occasion de se ranger et d’adopter une vie plus tranquille. Enfin, jusqu’à ce qu’Abra vienne au monde, dotée du Don, et contacte Dan…

 Dans cet ouvrage, on retrouve Dan Torrance, héros du roman culte Shining, du même auteur.

Retrouvailles avec ce personnage fort agréables, d’autant plus que nous le retrouvons encore enfant lors des premières pages. C’est également l’occasion de recroiser d’autres éléments clés de ses aventures à l’Overlook Hotel.

Cet aspect de l’ouvrage, s’il est fort positif, s’avère être également une faiblesse. Faiblesse dans le sens ou le roman, présenté comme étant la suite de Shining, me semble plutôt être une toute autre histoire, bien que plongeant ses racines dans l’ouvrage nommé précédemment.

Que l’on soit bien clair, ce qui m’a dérangé ici n’est pas le fait que l’histoire ne liée à Shining que de manière sporadique, mais bien la cassure qu’il existe entre la présentation de l’ouvrage en tant que suite et la réalité. Avec ce type d’annonce, je m’attendais à un récit beaucoup plus proche de celui du premier tome, au niveau des évènements en eux-mêmes, mais aussi au niveau de la manière d’amener le suspense et l’écriture en elle-même. De par la présentation du roman en tant que suite, la comparaison avec Shining me semble inévitable, et il s’agit pour moi d’une faiblesse non négligeable. C’est comme comparer Quick et Mac Donald, si le premier nous a plu, le second nous décevra forcément.

 En marge de toute comparaison, Docteur Sleep reste un très bon roman.

Les personnages qui nous sont amenés par l’auteur sont tous d’une crédibilité à toute épreuve, et sont suffisamment abordables que pour nous y attacher et les comprendre très vite, bien qu’ils nous réservent pas mal de surprises au fil du récit.

Ils sont nombreux, et certains de leurs noms peuvent parfois prêter à confusion, en particulier pour ce qui concerne le Nœud Vrai, clan d’êtres malfaisants sillonnant l’Amérique à bord de camping-cars. Confusion pourtant écartée par la qualité de la construction des personnages. Chacun a son langage propre, son caractère particulier, et tout sont reconnaissables et faciles à distinguer les uns des autres. Nous lisons le travail d’un des grands maîtres de la littérature d’aujourd’hui, et ça se sent !

L’histoire en elle-même s’attarde pas mal sur les possibilités qu’offre le Don, ce qui nous donne un roman fantastique haut en couleurs. Là où les capacités du jeune Dan nous faisaient surtout frémir, on se prend à se demander ce qu’on pourrait faire de celles dépeintes dans Docteur Sleep, tant chez Dan que chez Abra. Le Don est présenté comme une arme à double tranchant. A la fois enthousiasmant et inquiétant, pouvant être vécu comme une malédiction ou son opposé. Cette dichotomie est d’ailleurs bien présente tout au long de l’ouvrage et nous tiraille sans cesse, de même qu’elle malmène les héros du roman. Gros point positif pour cet aspect, qui nous fait osciller tout au long des presque 600 pages qui composent l’ouvrage.

Les perspectives que confèrent le Don à son propriétaire sont également un point fort. Encore une fois, l’auteur nous prouve que les limites de l’imagination ne sont qu’une chimère, et qu’il est tout à fait capable de les balayer d’un revers de main pour nous embarquer dans son univers si particulier sans qu’on ait le temps de s’en rendre compte.

Pour clore cette chronique, je dirais que Docteur Sleep est un très bon roman, mais à prendre comme une histoire indépendante de Shining.

Alexandre

 

Docteur Sleep

Stephen King

Albin Michel

587 pages

16.99 euros

 

 

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