Le lanceur de couteaux, de Steven Millhauser

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Quatrième de couverture

Un lanceur de couteaux transgressant les limites de son art, un homme marié à une grenouille, un enfant virtuose du tapis volant…

Dans ces douze nouvelles, comme autant de « mélodrames surnaturels », le quotidien effleure le bizarre jusqu’à le magnifier. L’artiste dévoré par son œuvre pour avoir recherché la perfection ; l’enfant de plain-pied avec le surnaturel, le monde de la nuit et du songe ; le rêve américain, sa promesse du « tout est possible », ses échecs cruels ; l’irrésistible et dangereux attrait d’un envers du réel, un monde de ténèbres accessible aux seuls audacieux, tout ce qui chez Millhauser fait mythologie, miroite sous nos yeux de lecteurs éblouis par sa magie.

Sacré définitivement virtuose du rêve éveillé, Millhauser nous fait côtoyer des créateurs qui ont tous besoin d’aller trop loin.

Chronique d'Alexandre

Je vous parlerai aujourd’hui du livre « Le lanceur de couteaux », de Steven Millhauser.

Dans ce recueil, le lecteur aura l’occasion de se voir conter successivement les histoires d’un lanceur de couteaux expert en son art, au point qu’il en repousse les limites au-delà de l’imaginable, d’un homme qui épouse une grenouille, d’une société secrète qui pose question et problème dans la ville du narrateur et bien d’autres situations aussi inhabituelles qu’interpellantes.

De manière générale, je vous avouerai avoir été un peu déçu par cet ouvrage.

Le gros point négatif que je lui trouve (et c’est à mon avis ce qui me donne cette impression de déception), c’est que le style de l’écriture, tout bon qu’il soit, prend le pas sur l’histoire en elle-même et ce, pour une grosse majorité des nouvelles qui composent cet ouvrage.

A aucun moment je n’ai été emporté par le récit qui m’était offert ni n’ai plongé dans l’univers qui m’était décrit, ce qui a eu le don de me frustrer à de nombreuses occasions.

Comme je l’ai dit, il faudrait être d’une mauvaise foi crapuleuse pour dire que la syntaxe ou le vocabulaire n’étaient pas bons, que du contraire ! Mais c’est justement en grande partie à cause de cette qualité de langage que je n’ai pas réussi à entrer dans l’univers présenté au fil des pages. L’image des mots et les réflexions régulières que je me faisais quant à la qualité de l’écriture sont ce qui m’a le plus marqué lors de ma lecture.

Autre point négatif, je trouvais que les idées, thèmes et questions que soulevaient ces nouvelles n’étaient pas assez exploités et développés. Esquissés, oui, mais le goût de trop peu est bien présent et je trouve ça fort dommage… Entendons-nous bien, dommage dans le sens ou je pense que ce recueil aurait pu figurer parmi mes coups de cœurs sans difficulté s’il n’y avait pas eu les éléments cités précédemment…

En revanche, pour ce qui est du positif, comme déjà évoqué plus haut, les questions que soulevaient les nouvelles m’ont vraiment plu. La première du recueil (Le lanceur de couteaux) m’a particulièrement plu. Jusqu’où sommes-nous prêt à aller pour nous améliorer, pour conquérir l’estime de nos pairs ? N’en faisons-nous pas parfois trop ?

Je n’affirme pas que ce soit ce genre de questionnement que l’auteur cherche à inciter chez-nous, mais c’est ce qui s’est présenté à moi. Les autres nouvelles m’ont toutes apporté des interrogations de cet acabit et c’est avec plaisir que je les ai reçues. Maintenant, il est fort possible que certains autres lecteurs ne les perçoivent pas, mais en soi, ça n’est pas un souci.

Autre point positif, l’originalité des idées des nouvelles. Non seulement je trouve que les thématiques étaient fort originales et peu habituelles, mais en plus elles me paraissent avoir fait l’objet d’une longue réflexion, voire parfois d’une longue recherche. En plus du plaisir de la découverte, sentir le travail et l’implication de l’auteur aide à apprécier ce qu’on lit.

Un bilan mitigé donc pour le « Lanceur de couteaux », mais tirant tout de même sur le positif. A lire une nouvelle à la fois en prenant bien son temps.

 

Le lanceur de couteaux

Steven Millhauser

Albin Michel

305 pages

20,90 €

 

Alexandre

Commentaires (3)

Alexandre
  • 1. Alexandre | 10/02/2012
Message reçu :)

Effectivement, le livre était reçu en partenariat, mais comme l'a déjà dit Platinegirl, notre habitude (et la mienne aussi, par voie de conséquence) n'est pas de prendre des gants avec nos éditeurs partenaires.

Comme dit dans ma chronique, le bilan par rapport au Lanceur de Couteaux est réellement mitigé.
Il aurait effectivement pu figurer dans la liste de mes coups de cœurs de par ses thématiques, son originalité et la qualité de l'écriture, mais à côté de çà, j'ai été pas mal déçu par les points cités dans l'article, d'où l'aspect schizophrénique de ce que j'ai pu écrire.

J'espère avoir répondu à ta question, sinon n'hésite pas à m'envoyer un message privé sur le forum !
  • 2. | 08/02/2012
*Platinegirl* Je lui ferais passer le message mais sache que, partenariat ou pas, on n'hésite pas à taper sur un livre qui ne vaut pas le coup d'être lu. Après, en lecture, il arrive que tout n'est pas noir ou blanc donc il arrive qu'on trouve un livre "sympa mais sans plus".
Cajou
  • 3. Cajou | 07/02/2012
Hello Alexandre, je viens de lire ton billet avec attention (je lis plusieurs billets pour voir si je vais m'acheter ce livre ou pas) et je me permets de te poser une question : as-tu reçu ce livre en Partenariat ? Car dans ta critique, je n'arrête pas de lire entre les lignes "je n'ai pas aimé ou ce n'est pas un chouette livre selon moi" mais avec tes mots tu écris "c'était quand même chouette et ça aurait pu être un coup de coeur". D'où ma question : as-tu peur de dire du mal de ce livre parce que tu l'as reçu en Partenariat ? J'espère que ma question ne te froissera pas mais j'ai rarement lu un billet aussi schizophrénique.

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Date de dernière mise à jour : 02/02/2012