La ligne verte, Stephen King

Quatrième de couverture

Ancien gardien-chef d'une prison, Paul Edgecombe, un très vieil homme se souvient... Il se souvient de ce qu'il a vécu, il y a une cinquantaine d'années. Il se souvient notamment d'Edouard Delacroix, un français qui avait apprivoisé une souris, et de John Caffey. Il se souvient de ces deux hommes, condamnés à mort... Et s'ils avaient été innocents ?

 

Chronique d'Alexandre

Je vous parlerai aujourd’hui du livre « La ligne verte », de Stephen King.

Dans cet ouvrage, Paul Edgecombe est gardien de prison dans les années 30 au bloc E, le bloc des condamnés à mort, surnommé la ligne verte à cause de la couleur du lino qui recouvre le sol.

Lorsqu’arrive une colosse noir répondant au nom de John Caffey (comme la boisson, sauf que ça s’écrit pas pareil), Paul sent bien que son quotidien risque fort d’être quelque peu perturbé. La preuve en est qu’il à serré la main à ce criminel hors norme. Geste qu’il n’a jamais exécuté auparavant avec aucun de ses détenus et qu’il ne reproduira plus jamais.

Durant la période qui précède l’arrivée de John et celle au cours de laquelle le géant noir occupera son temps à pleurer dans sa cellule en attendant son exécution se dérouleront toutes sortes d’évènements inhabituels, allant du plus banal au paranormal en passant par l’arrivée de William Wharton, dit « Billy the Kid »…

 

On retrouve ici une partie de l’univers habituel de Stephen King, c'est-à-dire un récit fantastique à l’ambiance plus que prenante.

Comme dans tous les ouvrage que j’ai pu lire, écrits par cet auteur, j’ai à chaque fois été transporté par le climat qui s’installe au fil des mots. Loin de la grande majorité des livres à suspens ou des livres fantastiques classiques, l’ambiance s’installe petit à petit dans les livres de King. Il vient sans qu’on ne s’en rende compte, nous laissant complètement chamboulé lorsque vient le moment de faire une pause dans notre lecture ou qu’on tourne la dernière page. « La ligne verte » ne fait pas exception à la règle. Dans les premiers moments, j’ai surtout cherché à faire le parallèle avec le film que tant de nous ont vu, mais petit à petit, les images tournées ont fait place à celles qui venaient avec l’imagination, ne gardant de l’œuvre cinématographique que les visages des personnages principaux.

Inutile de vous préciser que cet aspect du livre est un énorme plus et qu’à lui seul, il justifie qu’on se rue dans la première librairie pour se le procurer.

 

Je pourrais aussi parler du rythme et des personnages, comme je le fais habituellement dans mes autres chroniques, mais je n’y dirais pas grand-chose de plus que les commentaires habituels lorsqu’ils sont positifs, aussi ne vais-je pas m’étendre beaucoup plus que le strict minimum à ce propos. Les personnages sont tous clairement établis, ont leur personnalité et manière de parler propre, ce qui est fort appréciable, et le rythme du récit, s’il est quelque peu déroutant par les allées et venues dans le temps n’en reste pas moins un élément clé de l’ouvrage. A aucun moment je ne me suis ennuyé ou n’ait cherché à lire plus vite un passage, dans l’espoir de retrouve un moment plus palpitant.

 

Le point qui mérite le plus d’être cité, à mon sens, est le côté émotionnel du récit. A plusieurs moments, l’intensité dramatique est portée à son comble par l’auteur via les propos de John Caffey (la plupart du temps, en tout cas) et je vous avouerai avec la dernière honte (amour propre oblique) que j’ai plusieurs fois eu « la boule dans la gorge », comme on dit. Je ne sais pas si l’expression est également valable ailleurs qu’en Belgique, mais au cas où, la traduction s’approche de « J’ai failli me mettre à pleurer ». Même si l’orgueil se rebelle fortement à ces réactions, mon âme de lecteur ne peut qu’aimer ceci, c’est la preuve que les mots ont bien accompli leur mission et m’ont fait voyager plus loin que ce que je n’espérais.

 

Petite différence par rapport aux autres ouvrages fantastiques de Stephen King, l’aspect fantastique, s’il est clairement et indiscutablement présent n’est pas aussi important en terme de volume que dans ses œuvres « habituelles ». On parle ici des certains passages relativement courts (même s’ils sont décisifs pour l’intrigue), alors que bien souvent, ils constituent la base du récit dans d’autres ouvrages. Loin de déranger, cette différence apporte encore un peu plus de cachet au récit. On reste dans du Stephen King en plein, toutefois, c’est tout de même légèrement différent de ce à quoi nous sommes habitués.

 

Un livre que conseille plus que vivement à tous, petits, grands, amateurs de King ou non.

 

Alexandre

 

Le livre de poche

7,32 euros

507 pages

Commentaires (1)

Pascale
Complètement d'accord avec la chronique! J'ai adoré ce bouquin, et j'avais en plus la chance de ne pas avoir vu le film avant. (Je l'ai vu après, et j'ai presque tout autant adoré.)

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