La Mer des songes, d'Anaïs Cros

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Quatrième de couverture

Théo a presque douze ans et sa vie tient du cauchemar.

Solitaire, il subit la violence de son père et de ses camarades de classe. Ses nuits sont hantées d’innombrables mauvais rêves qui le terrifient. À bout, Théo décide de s’enfuir, mais sur le chemin de l’exil une rencontre va tout bouleverser. Où l’emmène donc Alex, cet homme mystérieux surgi de nulle part ? Théo n’a-t-il fait qu’échanger un cauchemar pour un autre ou son sinistre voyage dans un monde peuplé de créatures plus effroyables les unes que les autres le conduira-t-il vers une autre existence ?À travers un monde où les contes prennent vie pour son plus grand malheur, Théo apprendra que la réalité est souvent pire que nos rêves…

 

Chronique d’Ailayah

Je tiens tout d’abord à remercier les éditions Midgard pour m’avoir permise de découvrir ce nouveau roman d’Anaïs Cros.

Je dois dire que j’ai été très surprise de ce roman car je ne m’attendais absolument pas à ce genre-là. Au départ, c’est beaucoup le nom de l’auteur qui m’a poussée à commencer cette lecture car j’adore la série des Lunes de sang. Mais ce nouveau roman n’a absolument rien à voir et je dois dire qu’il est assez dérangeant.

C’est un univers extrêmement sombre et violent que nous dévoile ici Anaïs Cros, c’est cru et il n’y a absolument aucune lueur : Bienvenue à Cauchemar ! Ca, pour sur, l’auteur a bien choisi le nom de sa ville et la métaphore est complète. On entre dans un véritablement cauchemar, et on n’en sort pas du début à la fin. Tous les personnages sont torturés, sombres et on est complètement happé dans cet univers aux teintes désespérées. Anaïs Cros a choisi un thème, et en ce sens c’est une véritable réussite. Si vous êtes déprimés, surtout n’ouvrez pas ce livre, il ne peut que vous rendre encore plus déprimé.

J’ai eu énormément de mal à lire ce roman au début, et surtout à cause de cet aspect-là. Cela dit, en persévérant, on finit par s’y faire, même si je vous l’avoue j’aurai parfois préféré ne pas continuer et passer à autre chose. Au final, on est intrigué par les aventures de Théo et on a envie de savoir ce qu’il va lui arriver, de comprendre le pourquoi de tout cela, de rencontrer cette fameuse Araignée. Bref, on est pris dans les fils de l’histoire.

Cependant, je vous avoue que même après avoir refermé le livre, je pense être passée à côté de beaucoup de significations et j’ai une sensation de ne pas avoir tout compris. Je suis presque plus perdue qu’au début. En même temps, plus on avance, plus tout devient étrange. L’auteur s’amuse complètement avec nous à la fin. Elle nous embarque sur une route pour nous dériver rapidement sur une toute autre voie, pour finir encore ailleurs. Bref, c’est totalement déroutant.

J’ai eu beaucoup de mal avec le rythme de l’histoire au début également car il est très lent. Finalement, ça commence à s’accélérer beaucoup plus à partir de la rencontre de Jack l’épouvantail. En fait, ce sont les différentes rencontres qui rythment bien le récit et qui le rend plus agréable dans la deuxième partie du roman. C’est véritablement à partir de là que j’ai plus accroché.

Tous ces personnages sont d’ailleurs très intéressants. Mon préféré reste Jack car c’est finalement la seule petite lueur sympathique du roman, bien qu’elle soit bien furtive. Mais tous les autres, Lupe, la Sorcière, Hamelin, ou encore Aurore, sont intéressants par l’aspect de nouveauté qu’ils apportent au récit.

Théo est véritablement un antihéros tout au long du roman. Au départ, j’ai eu beaucoup de mal car il est totalement soumis, mou, a si peu de caractère et est tellement froussard qu’on a parfois envie de le secouer pour qu’il arrête de pleurer sans arrêt et de se comporter comme une véritable chique molle. On a beau lui donner l’excuse de l’âge, à un moment donné on n’arrive plus à compatir bien que ce qu’il vive soit un véritable cauchemar. Cependant, plus on avance et plus on commence à s’attacher, c’est un lien sensible mais vrai qui se crée car finalement, Théo, c’est un peu nos plus grandes faiblesses et en même temps une certaine forme de courage. Il est humain, tout simplement, et il le reste. Ce n’est absolument pas le héros qui se révèle à travers les épreuves, c’est un héros dans une sorte de quête initiatique qui enchaîne les horreurs et qui se renforce imperceptiblement. Pas de grandes révélations, de grands actes héroïques, juste des petites pointes de courage, de l’aide et beaucoup de chance parfois. Mais finalement, la vie c’est aussi un peu ça.

Alex quant à lui est un personnage mystérieux qui a quelque chose d’attirant et de rebutant en même temps. C’est un personnage qui tire sa force de sa personnalité complexe. Il est vraiment très bien pensé et extrêmement intéressant, d’autant plus lorsqu’on comprend enfin de quoi il est la métaphore.

Finalement, je ne peux absolument pas vous dire si j’ai apprécié ce roman. Si j’avais véritablement su dans quoi je me lançais en le commençant je ne l’aurais certainement jamais lu. Mais, pour être honnête, c’est un roman qui dérange par la violence qu’il dégage, mais à l’image du personnage d’Alex, il nous attire autant qu’il nous rebute. Le sens profond du roman est très fort et nous renvoie à des vérités parfois dures à entendre, et c’est justement cela aussi qui dérange. Je vous préviens donc que c’est un roman totalement déprimant, mais si vous avez le cœur bien accroché et que vous vous sentez de vous lancer dans cette aventure, alors vous en tirerez sûrement beaucoup.

 

La Mer des songes

Anaïs Cros

Midgard

330 pages

15,50€

 

 

Ailayah

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