Le Wagon, de Philippe Saimbert et Isabelle Muzart

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Quatrième de couverture

Un train emporte un groupe de voyageurs à la rencontre de mystérieux phénomènes, relatés par la presse locale d’un petit pays d’Europe centrale. En pleine nuit, leur wagon se détache : ils se retrouvent abandonnés au beau milieu d’une vaste forêt recouverte de brume. Dès lors, l’excursion tourne au cauchemar.

Apparitions étranges et surnaturelles, puis morts brutales vont s’enchaîner tout au long du récit. S’agit-il d’une rencontre du troisième type ou de quelque chose de plus incroyable encore ?

Connu pour ses scénarios de B.D., Philippe Saimbert signe ici, avec la complicité d’Isabelle Muzart, un thriller naviguant entre mystère, fantastique et angoisse.

Chronique de Garlon

Je vais aujourd’hui vous parler d’un récit à vous faire dresser les poils, une histoire à lire le soir, avec juste assez de lumière pour pouvoir lire les pages : Le Wagon.
 
Henri participe, avec plusieurs autres personnes, à un voyage en train, dans un pays de l’Europe de l’Est.
Quel est donc le but de ce voyage ? Rien de moins qu’espérer assister aux évènements surnaturels qui se déroulent non loin de la ligne de chemin de fer, dans cette immense forêt sombre et terrifiante.
Mais voila, à trop vouloir aller à la rencontre du surnaturel, ce dernier finit par frapper à votre porte, et le wagon et ses passager se retrouvent donc rapidement immobilisés, entourés d’évènements plus étranges, terrifiants et meurtriers les uns que les autres. Mais est-ce que ce ne sont que de simples manifestations surnaturelles, ou bien tout cela relève-t-il de quelque chose de bien plus grand ?
 
Alors là, je ne peux qu’applaudir l’extraordinaire talent qu’il a fallut aux auteurs pour écrire un tel livre !

Dès les premières lignes, je me suis retrouvé happé par le récit, plongé dedans, sans aucun moyen d’en sortir.
Qu’est-ce qui m’a fait ainsi m’accrocher au livre dès le début ? Tout simplement le premier mystère du livre : lorsqu’il rêve, que lit Henri sur la lettre que lui tend la jeune femme blonde ?
Je sais, ça n’a pas l’air de grand chose comme ça, mais la façon dont ce petit mystère somme toute anodin a été présenté a vraiment titillé ma curiosité et m’a permis de me plonger dans le livre dès le début.
Et après cela... ben il ne m’a pas fallut très longtemps pour ne plus pouvoir le lâcher. Je vous avoue que j’étais vraiment très content d’avoir 8 heures de route (pendant lesquelles je ne conduisait pas) pour lire le livre d’une traite, car j’aurais vraiment eu du mal à m’arrêter, tellement j’étais pris.
Les évènements avancent, petit à petit au début, puis de plus en plus rapidement. L’angoisse s’immisce dans le coeur des lecteurs, tout d’abord comme une petite gêne, pour enfin devenir extrêmement puissante, au fur et à mesure de l’évolution de l’histoire, qui avance de plus en plus vite, de façon de plus en plus horrible, et cela sans laisser au lecteur une seule chance de comprendre ce qu’il est en train de se passer.
Un questionnement continuel quant à la nature des menaces qui pèsent sur les personnages s’ajoute à cette angoisse extraordinairement bien gérée pour créer un livre qu’il est clairement impossible de lâcher une fois commencé, et surtout une fois arrivé à un certain stade de l’histoire.
Mais mes yeux écarquillés de terreur se sont petit à petit plissés, au fur et à mesure que le dénouement du livre arrivait, car les questions naissaient de plus en plus dans ma tête, sans trouver leur réponse. Car c’est ici un livre qui, après vous avoir fait vivre l’horreur, vous fera également réfléchir, car tout n’est pas expliqué noir sur blanc, et la complexité des évènements de la fin peut même créer plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. J’ai donc dû faire travailler mes méninges pour comprendre l'entièreté de l’histoire, et je pense être parvenu à comprendre la complexité de cette histoire, et du même coup le grand talent qu’il a fallut aux deux auteurs pour faire un livre à la fois angoissant, à l’histoire complexe, et sans trop frustrer le lecteur, malgré la réflexion qui lui est imposée.
Un mélange entre une histoire d’horreur et quelque chose de bien plus complexe, qui ne s’explique pas en deux mots couchés sur du papier : J’ADORE !

Passons maintenant au style des auteurs. Au vu de ce que j’ai écrit plus haut, je pense que ce ne sera pas une surprise pour vous que je vous dise que je l’ai adoré. Nous nous trouvons au début, dans le rêve de Henri, avec un style fort poétique, parlant de la nature environnante. Une fois Henri éveillé, nous nous trouvons avec une écriture assez “classique”, vraiment très fluide et passionnante, qui capturera le lecteur. Jusqu’au moment où les choses commencent à devenir plus sombre, plus angoissantes. Là, le grand talent des auteurs se révèle, car le style est vraiment tout ce qu’il y a de plus approprié à ce genre de récit. Il ne fait qu’augmenter le stress, l’angoisse ressentie par le lecteur, et cela tout au long du récit, ce qui permet vraiment d’être plongé dans le livre et d’apprécier le déroulement des évènements.

Concernant les personnages, là aussi, c’est une réussite totale : les auteurs ont réussit, dans ce livre, à créer des personnages vraiment fort différents les uns des autres. Aucun d’eux ne se ressemble, chacun est unique et apporte une pierre à l’édifice qu’est ce livre.
Ils sont vraiment tous attachants et détestables à leur façon, montrant à la fois le bon et le mauvais côté de l’homme, la façon dont les gens réagissent à la panique et la complexité que peut parfois prendre l’esprit humain.
Le fait que le lecteur les appréciera et les détestera de façon assez équitablelui permettra ainsi de ressentir nombre d’émotions autour d’un même personnage : haine, colère, tristesse, tendresse et pitié se mêlent pour donner une dimension encore plus grande à ce récit déjà superbement fait.

En bref, vous trouverez dans ce livre une histoire à la fois angoissante et complexe, pour laquelle il n’est pas si simple de tout comprendre. Le superbe style des auteurs contribue à augmenter cette angoisse, grâce à une façon d’écrire fluide et spectaculaire, et les personnages, chacun unique en son genre, à la fois attachants et détestables, vous feront passer par toute une foule d’émotions.

Si vous avez lu ce livre, je serai vraiment ravi de discuter avec vous de la façon dont vous avez perçus les évènements, afin de voir si nos visions des choses se rejoignent ou au contraire s’éloignent !

En tout cas, le côté angoissant et la complexité de l’histoire m’ont conquis et font que ce livre est pour moi un coup de coeur.

Je ne peux donc que vous conseiller ce superbe livre.

 

Le Wagon

Philippe Saimbert et Isabelle Muzart

Asgard

220 pages

15 €

 

Garlon

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