Les Contes d'Amy, Frédéric Livyns

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Quatrième de couverture

Quels secrets se cachent derrière les murs de ce vieil asile abandonné ? Pourquoi ne trouve-t-il pas d'acquéreur après tant d'années ? Quelles horreurs renferment les cellules désertées ? Ce recueil contient douze contes terrifiants magnifiquement illustrés par Kévin Biseau dans lesquels spectres et démons se livrent à une macabre sarabande. Ne soyez pas timide et entrez dans la danse ! Laissez Amy vous conter une petite histoire...

 

Chronique de Melisande

Je tiens tout d’abord à remercier l’auteur : Frédéric Livyns de m’avoir permis de lire son livre. Je dois avouer que je lis très peu de livres de chez Edilivre et ça aurait été un tort de passer à côté de ce recueil, donc merci de nous l’avoir proposé en partenariat parce qu’il était vraiment excellent.

Déjà, avant de vous parler en soi des nouvelles, je dois tout d’abord parler de sa « mise en scène ». J’ai trouvé ça vraiment original et sympathique, il est très rare de voir un recueil présenté de cette manière, donc je félicite l’auteur pour son idée. Bien souvent, on a une succession de nouvelles, avec pour lien un thème ou encore une atmosphère… Or ici, l’auteur a choisi une autre manière de faire (en plus de celles-là évidemment) c’est de créer une histoire autour de ces nouvelles, pour leur donner un vrai sens et pas juste une succession de petits textes.

Débute ainsi ce recueil par un couple qui va faire la visite d’une maison abandonnée depuis très longtemps qui parait défraichie et peu accueillante. Néanmoins, Charles, le mari convainc Coralie, sa femme d’aller y faire un tour, car elle pourrait la surprendre. Ainsi commence la visite avec l’agent immobilier qui tente à son tour de convaincre la femme de ne pas se fier aux apparences. Il les fait donc entrer et là… il est vrai qu’elle ne paraît pas si décrépie que ça, bien au contraire. Les espaces sont grands, etc. et à mesure de question, on finit par savoir ce qu’abritait cette « maison » autrefois : un asile. Moins rassurés tout à coup, le couple décide quand même de continuer à visiter, l’agent et le mari vont à l’étage tandis que la femme se balade au rez-de-chaussée et va découvrir d’anciens dossiers de patients, dont celui d’Amy, une petite fille d’une dizaine d’années, vraiment très étrange et qui aimaient beaucoup écrire des histoires. Ainsi commence les nouvelles qui sont donc les écrits d’Amy (d’où le rapport avec le titre).

D’habitude lorsque je lis des recueils, je préfère faire de courts résumés de chaque histoire et dire ce que j’en pense, sauf que là, j’ai peur de trop spoiler si je le fais, comme certaines sont vraiment très courtes. Donc je vais plutôt parler de ce recueil de manière générale, tout en mettant en avant ce qui m’a vraiment plu pour que vous voyiez ce qui peut vous attendre si jamais vous avez envie de lire ce recueil (ce que j’espère parce qu’il en vaut vraiment la peine).

Ce recueil est composé de 11 nouvelles, sans compter la petite histoire en début et fin de recueil avec le couple qui visite l’asile, où Coralie découvre les écrits d’Amy (d’où les 12 annoncés sur la 4e de couverture). La taille des nouvelles varie de l’une à l’autre, certaines sont très courtes, à peine 3 pages, tandis que d’autres prennent plus d’ampleur, mais le fait que certaines soient plus courtes n’enlèvent rien au charme et à l’efficacité des histoires au contraire. C’est beaucoup plus percutant et pour certaines, ça donne un impact et de l’intérêt à l’histoire.

L’écriture de l’auteur est simple mais efficace. C’est vraiment fluide et très agréable à lire (et là, si on ne le savait pas, on se rend compte que l’auteur est belge, septante n’existe toujours pas en France). On embarque très rapidement dans chaque nouvelle, et elles sont toutes aussi intéressantes les unes que les autres. L’auteur sait ménager son suspense jusqu’au bout avant de dévoiler enfin ce qui se passe et de découvrir parfois, en quoi c’est une histoire macabre (la plupart le sont, c’est l’intérêt de ce recueil et du genre défini ici).

La couverture du recueil donne déjà le ton, elle est inquiétante, gênante par certains aspects et peu ne pas donner envie, MAIS ça fait vraiment échos à ce que l’on peut trouver dans le recueil. Déjà, cette petite fille n’est pas n’importe qui, on le découvre dès le départ (lorsque Coralie découvre le dossier et recueil d’Amy) donc ça n’est pas une couverture mis au hasard pour illustrer parce qu’il en fallait une. Non. Ça a un vrai rapport et du coup ça donne vraiment l’atmosphère du livre. Donc là, c’est vraiment une bonne chose et pour tous les amoureux des thrillers / horreurs, ce livre est fait pour vous et vous ne pouvez qu’adhérer à cette couverture. Sans compter que chaque nouvelle est précédée d’une petite illustration qui donne le titre de la nouvelle. J’ai trouvé ça assez sympathique, ça annonce déjà un peu la couleur et vu le genre de dessin, c’était tout à fait approprié pour ce recueil.

Après, avec une telle quatrième de couverture, on sait qu’il s’agit d’un thriller, donc avec cette information, on se doute du contenu. Ça ne sera pas Mickey au pays des Bisounours, loin de là, et j’ai tout simplement adoré. Dans chaque nouvelle on ressent bien l’atmosphère sombre et pesante, même si certaines paraissent plus légères (comme « Au revoir » par exemple), il y a tout de même un côté inquiétant et on voit que l’auteur s’est amusé à jouer avec tout ça, pour donner plus de force à son recueil. Euh… sincèrement, vu le début, je n’avais pas réellement envie de lire ça le soir. Ça ne m’a pas spécialement fait peur en soi, je lis quelques thrillers depuis quelques temps maintenant, ça ne m’a jamais empêché de dormir, mais tout de même c’est assez inquiétant, lire ce genre de choses avant de dormir, non merci. Mais plus sérieusement, j’ai vraiment apprécié ce recueil et je pense qu’il vaut la peine d’être lu.

Le seul bémol, et oui, il y en a toujours un (mais vous verrez que ça n’en est pas vraiment un…) c’est que je trouve dommage que ce soit si court. Oui, c’est toujours mon problème, j’aime bien quand c’est long et bien développé, je fais souvent ce reproche à des livres de moins de 300 pages. Donc pour moi, c’était trop courts à chaque fois, mais sachant que ce sont des nouvelles, c’était vraiment bien. Pour certaines nouvelles, comme « Réminiscences » que j’ai beaucoup apprécié, on aurait pu avoir – peut-être pas un roman, quoique je pense que ça pourrait être faisable – une histoire beaucoup plus développé, après elle est bien telle qu’elle. Je n’ai rien contre, mais c’est vrai que j’ai trouvé dommage d’avoir « si » rapidement la révélation sur cette histoire. Je ne m’attendais pas du tout à ça.

La plupart du temps à vrai dire, je ne m’attendais pas à ces fins là, il a su me surprendre (ce qui est encore une fois, une très bonne chose). L’auteur a su doser parfaitement le nombre de pages par rapport à ses intrigues. Pas un seul moment je ne me suis ennuyée. Après, j’ai eu quelques préférences pour certaines, mais sinon le niveau reste le même, je n’ai pas trouvé qu’une nouvelle était vraiment moins bien que les autres ça se vaut parfaitement (ce qui n’est pas toujours évident dans un recueil).

En somme, j’ai vraiment adoré ce recueil, il est vraiment très bon. L’auteur sait nous embarquer avec aisance dans son univers, dans les écrits d’Amy (où l’on se dit que cette fillette avait vraiment un problème) qui peuvent nous faire frissoner de peur (c’est assez glauque la plupart du temps) mais c’est tout l’intérêt de cette œuvre. Ça reste un thriller, donc, on sait à quoi s’attendre avant de le commencer, mais on ne s’attend vraiment à ces finalités pour les nouvelles, ce qui est une très bonne chose, le suspense reste complet.

et une vidéo pour illustrer le recueil

 

Voir aussi la chronique de Garlon

Les Contes d'Amy

Frédéric Livyns

Edilivre

194 pages

17€

 

Melisande

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Date de dernière mise à jour : 19/11/2015