London Bone, de Michael Moorcock

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Quatrième de couverture

Un samedi soir tranquille à l’Amicale des Pêcheurs & Chasseurs Surréalistes, avant que les gentlemen du club ne reçoivent la visite impromptue de Dieu en personne.
De son côté, Raymond Gold fait une étrange découverte. Sous Londres se cache le plus fabuleux des trésors, un gisement d’Os merveilleux qui fera sa fortune... ou sa perte.
Plus loin dans l’espace et le temps, une petite équipe d’explorateurs parcourt une planète gelée qui ne possède aucune trace de civilisation. Stupeur, trouble, affolement ; autant de sentiments qui bouleversent leur âme lorsqu’ils découvrent un Cardinal pris dans la glace.
Dans un monde parallèle au nôtre, l’enquêteur métatemporel Minos Aquilinas doit résoudre une affaire délicate. Un homme a été assassiné dans le jardin d’agrément du chef de la police de Berlin, Otto von Bismarck. Un Cluedo uchronique dans lequel les pions sont des personnages historiques.
Michael Moorcock est l’un des grands maîtres de l’Imaginaire. Arpentant indifféremment les chemins de la Fantasy (Le Cycle d’Elric), de la science-fiction (Voici l’Homme), et du fantastique (Mother London), il a su conquérir un large public. London Bone, par la diversité des thèmes, du ton et du genre de ses nouvelles, offre un échantillon remarquable de son talent et de son style.

Chronique de Garlon

C’est avec un grand plaisir que je me suis plongé dans ce recueil d’un auteur que j’ai commencé à connaitre avec son légendaire cycle Elric.

Et je ne suis pas déçu. Bien que loin des Multivers fantasy d’Elric et de certains autres héros de l’auteur, nous plongeons dans des nouvelles nous montrant une fois de plus le grand talent et l’imagination intarissable de Michaël Moorcock.

Le nombre de nouvelles étant peu élevé, je peux me permettre de parler brièvement de chacune d’entre elles.

Dans la première, « Le Cardinal dans la glace », nous plongeons loin dans le futur pour suivre un groupe d’explorateurs qui font une première incursion sur une nouvelle planète. Ne s’attendant pas à trouver grand-chose de particulier, le groupe évolue dans son étude de l’élément naturel… jusqu’à ce qu’ils découvrent, congelé, un cardinal de l’église catholique. L’auteur nous plonge ici dans l’inconnu, et nous pouvons ainsi voir les réactions de l’homme face à cet inconnu, face à un mystère, ses capacités d’adaptation, etc. Cette magnifique histoire, étrange et originale, passionnera le lecteur et lui donnera envie d’en lire plus. Mais la nouvelle se termine rapidement, avec peut-être un  goût de trop peu pour certains lecteurs. Personnellement, j’ai aimé cette fin, qui peut laisser une libre interprétation au lecteur, notamment au sujet de l’esprit humain.

La seconde nouvelle, « L’os de Londres », est la plus grande du recueil. Elle nous présente un homme qui revend un peu de tout dans le domaine de l’art… jusqu’au jour où un ami lui montre un filon qui devrait rapporter gros : des ossements vraiment particuliers ont été découverts et, de par leur étrangeté, pourraient intéresser bien des collectionneurs. Commence alors une course à l’argent pour les deux amis. Cas de conscience et appât du gain s’entrechoquent dans cette nouvelle qui nous montre de façon pas forcément reluisante la société capitaliste, la soif d’argent de l’homme et son obsession pour les effets de mode. Bien que commençant lentement (le personnage principal a mis un peu trop de temps à se présenter, je trouve), cette nouvelle est vraiment fascinante et peut amener à réflexion.

« Un samedi soir tranquille à l’Amicale des Pêcheurs et Chasseurs surréalistes » est la nouvelle la plus étrange de ce recueil, selon moi. Ici, Dieu vient dans un club comportant de biens étranges personnages pour se faire « interviewer ». Répondant aux questions, on découvre un personnage vraiment particulier qui ne veut qu’une certaine catégorie de personnes et de créatures auprès de lui au Paradis. Cette nouvelle, qui me semble avoir été écrite plus dans une ambiance d’amusement par l’auteur, est vraiment très particulière et originale, et devrait ravir les lecteurs fans de nouvelles sortant totalement des sentiers battus. Pour ma part, j’ai été séduit.

Enfin, « Le jardin d’agrément de Felipe Sagittarius » nous montre un univers parallèle au nôtre (à noter que les univers parallèles sont la grande spécialité de l’auteur, créateur du Multivers), dans lequel un enquêteur se retrouve à chercher l’assassin d’un homme tué dans le jardin du chef de la police. Personnages historiques tels Hitler ou Einstein vont se mêler de cette enquête hors du commun qui plongera le lecteur dans une grande fascination. L’univers, l’intrigue et les personnages sont en tous points originaux, et on notera des clins d’oeils aux personnages, comme Hitler qui « a une dent contre les juifs » ou qui « est trop gentil », ou encore Einstein qui « n’a pas le succès qu’il mérite ». C’est avec un grand plaisir que j’ai lu ces petits clins d’oeils.

Le style de l’auteur est vraiment excellent et nous permet de nous plonger dans des histoires extraordinairement bien décrites, sans qu’il y ait un excès pour autant. De plus, la traduction est vraiment d’une très bonne qualité et permet donc à ces versions françaises des nouvelles de l’auteur d’être vraiment très agréables à lire.

Les personnages sont eux aussi vraiment très bien travaillés, et on plonge facilement dans leur psyché afin de sonder l’âme humaine.

En bref, ce recueil est une vraie perle immanquable que je vous conseille fortement. Que ce soit une certaine morale, de l’analyse de la société et de l’âme humaine, de l’étrange ou de l’amusement, ce recueil apporte beaucoup et ravira au plus haut point le lecteur.

A lire absolument !


London Bone

Michael Moorcock

ActuSF

100 pages

7,10 €

 

Garlon 

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