Marelle d'ombres, de Denis Labbé

Quatrième de couverture

Fantastiques, cruels, visionnaires ou tout simplement sulfureux, les contes de Denis Labbé tissent un motif d'ombres contrastées entre la terre et l'enfer.

Anges et démons se croisent dans le Paris décadent des dandys, la Venise des spadassins, Whitechapel ou encore les steppes désolées de la Mongolie, pour transmettre leur héritage mortel aux créatures d’un futur névrosé. Des récits peints avec une délicatesse d'esthète et une malignité insidieuse.

Laissez-vous guider par la plume ciselée et envoûtante de Denis Labbé, dans les méandres de sa Marelle d’Ombres où règnent la Mort, le sang et la noirceur.

Chronique de Garlon

Je vais cette fois vous parler d’un recueil de nouvelles fantastiques : Marelle d’ombres.

Il s’agit d’un recueil regroupant des nouvelles de Denis Labbé, qui ont en grande partie été écrites lors d’appels à textes il y a quelques années.

Vous y croiserez de nombreux personnages, certains attachants, d’autres haïssables, et d’autres encore complètement démens. Tous ces personnages évoluant dans des univers lugubres et décadents, où l’horreur est présente, mais pas toujours sous la même forme.

J’ai vraiment fort aimé ce recueil, écrit avec un grand talent.

Commençons par parler de la couverture. Elle est tout simplement magnifique, vraiment superbe. Et pour cause : celui qui l’a faite n’est pas dessinateur, mais peintre, et un peintre de talent. Et la couverture n’est autre que l’une de ses toiles. Je vous conseille d’ailleurs d’aller consulter son site : http://www.artiste-peintre-grimoin.com. J’ai été voir, et je ne regrette pas du tout.

Ouvrons maintenant le livre pour nous plonger dans son contenu :

J’ai trouvé la préface d’Alain Delbe vraiment très bien fait, et il m’a encore plus donné l’envie de me plonger dans le livre.

Les différentes nouvelles sont toutes plus originales les unes que les autres, et plongent le lecteur au cœur d’évènements vraiment surprenants. Le fantastique est presque toujours présent, et l’auteur n’hésite pas à prendre des évènements historiques (comme la seconde guerre mondiale) pour y insérer quelques touches de ce genre littéraire si passionnant, voire même à se plonger dans l’avenir pour nous présenter un futur décadent. Les histoires n’en sont que plus intéressantes, et le lecteur se retrouvera vite embarqué dans des mondes très surprenants.

L’horreur est omniprésente tout au long des récits. Une nouvelle est à peine commencée que l’on sent que quelque chose ne va pas, l’on ressent une gêne pour une chose que l’on ne comprend pas.

Les histoires prennent parfois une tournure que nous n’attendons pas vraiment, et qui est quelques fois vraiment surprenante. Je pense par exemple à La coupe de son regard, qui est la nouvelle que j’ai préféré. L’histoire à commencé, toute belle, bien qu’étrange de par la façon dont le personnage raconte l’histoire, pour tout doucement sombrer dans la folie, avant de faire apparaitre, sur le visage du lecteur, une indicible horreur. Tout simplement sublime !!!

Du côté des personnages, bien qu’il s’agisse de nouvelles, nous nous y attachons malgré tout assez rapidement pour certains d’entre eux, et en voyons d’autres d’un œil un peu plus détaché. Dans les deux cas, l’attachement est relatif à l’importance qu’il doit avoir dans la nouvelle, et c’est donc en tous points approprié.

Il y a un aspect qui me parait légèrement négatif et que je souhaite relever au sujet des nouvelles : certaines d’entre elles commencent tout doucement, l’histoire prend son temps à se lancer, l’auteur s’attardant sur des détails, et puis, tout à coup, les choses se précipitent et nous nous retrouvons au dénouement avant d’avoir eu le temps de dire ouf. J’ai trouvé cela un peu dommage, il aurait peut-être fallut s’attarder davantage sur le milieu et la fin du récit. Mais, heureusement, ce n’est le cas que pour quelques nouvelles, et ne les gâche pas pour autant.

J’ai trouvé le style d’écriture de l’auteur vraiment très beau. En effet, la façon d’écrire de Denis Labbé est très poétique, nous montrant qu’avant tout, cet homme est un poète. Cela fait que le livre n’est pas le genre « petit livre détente », qui se lit en vitesse avant de passer à autre chose. Non, ce livre se déguste, se lit lentement, pour que le lecteur s’imprègne des mots. Le sens de certaines phrases, ou même la compréhension de certaines histoires, en est alors parfois un peu plus ardue, forçant le lecteur à réfléchir. C’est un aspect que j’ai fort apprécié, car il devient de plus en plus rare de tomber sur des récits à ce points poétique, et demandant une certaine réflexion de la part du lecteur. En lire un m’a vraiment fait un bien fou.

Voici donc un recueil que je conseille, et qui plongera le lecteur au cœur du fantastique avec un style vraiment très poétique.

 

Marelle d'Ombres

Denis Labbé

Argemmios

234 pages

16,90 €

 

Garlon

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