Sang et poussières, de Romano Vlad Janulewicz

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Quatrième de couverture

Quelle recette pour un cru d’exception ?

N’est-il pas rassurant pour un enfant de voir ses parents liés par un amour indéfectible ?

Que faire lorsqu’un évènement terrible, redouté depuis toujours, est sur le point d’avoir lieu ?

La rémunération du psychothérapeute par son patient est-elle une composante indispensable de la guérison ?

Que feriez-vous si un spectre vous laissait un message mystérieux au détour d’une route sinueuse de Dordogne ?

Et si la petite souris ne se contentait pas de distribuer des pièces aux enfants en échange de leurs dents de lait ?

Que se passe-t-il à six pieds sous terre que nous ne puissions voir ?

Sept nouvelles baignées dans un imaginaire macabre, placées sous le signe du fantastique et de la noirceur, qui laisseront au lecteur un goût de… sang et poussières… 

 

 Chronique de Melisande

Je tiens tout d'abord à remercier Romano Vlad Janulewicz de m'avoir permis de lire son nouveau recueil. J'avoue avoir été très fan de son précédent recueil : Vue sur ténèbres qui m'avait donné des frissons et épatés à chaque fois parce qu'on ne s'attend jamais aux fins qui nous sont proposées. Là une fois encore, il récidive avec ce nouveau recueil que je ne peux que conseiller. Etant donné le peu de nouvelles, je vais écrire un petit avis sur chacune d'elles et faire une petite conclusion sur l'ensemble du recueil.

AOC Dealu Mare : Une petite nouvelle très courte (de 4 pages) qui raconte l'histoire d'un oenologue partit à la découverte d'un vin aux saveurs étonnantes... Franchement, j'ai beaucoup aimé cette petite histoire, on est loin de se douter de ce qui va se passer la chute... Encore une fois Romano Vlad Janulewicz nous prouve tout son talent parce que c'est absolument... géniale (bon, c'est peut-être un autre mot que j'aurai dû mettre, mais j'ai peur que ça ne spoile ou du moins mette trop sur la piste et il vaut mieux découvrir soi-même ce qui se passe). En tout cas, avec cette première nouvelle le ton est donné, et bien que ça soit court, l'auteur arrive à captiver son lecteur et à l'emmener avec aisance dans son histoire et lui faire ressentir diverses choses...

Pour s'aimer au grand jour : Une nouvelle qui raconte l'histoire d'une famille qui a vécu il y a peu un drame, et où les secrets peuvent tout détruire ou bien changer le cours d'une vie. Cette histoire est assez glauque dans l'ensemble, il faut l'avouer, mais tellement géniale. J'ai adoré (je l'avoue, je la connaissais déjà, l'auteur ayant dû participer à un appel à texte pour une ancienne maison d'édition où j'étais membre du jury pour sélectionner les nouvelles d'un futur recueil, qui d'ailleurs n'a jamais paru). J'avoue être contente de la retrouver parce qu'elle était tellement bien ! (et l'est toujours). Mon avis n'a pas changé depuis ma première lecture et même si je connaissais du coup d'avance la finalité, ça ne m'a pas empêché de l'apprécier, comme si c'était ma première découverte. L'idée est très bonne et bien exploité. Le fait d'utiliser diverses narrations (à travers le journal intime du garçon de la famille, ou bien une narration à la 3e personne du point de vue du père et de la mère), on voit aisément les soucis de chacun et les secrets qui peuvent exister. Cela nous permet de comprendre assez rapidement la situation et de voir peu à peu, comment la vie de cette famille peut être bouleversée... ou pas... 

Lune rousse : raconte l'histoire d'une famille qui redoute depuis un certain moment un évènement terrifiant. Court, simple, mais efficace. J'ai adoré, surtout qu'on ne s'attend pas forcément à une telle histoire, on découvre peu à peu (mais relativement vite comme la nouvelle ne fait que quelques pages) ce qui se passe et ce qui est redouté. Franchement, chapeau, elle est super cette nouvelle et on comprend mieux les réactions de certains personnages, qui ont pu nous intriguer vu qu'on ne sait pas quel évènement peut bouleverser leur vie. 

Psychothérapie à crédit : raconte l'histoire d'un homme qui suit une thérapie, mais qui a souvent des soucis financiers pour le payer dans les temps, et comme il va l'apprendre, une thérapie peut coûter très très cher... Une histoire bien sympathique et bien menée. La fin, comme pour les autres nouvelles, est assez inattendue et bien trouvée. Ce n'est vraiment qu'à la toute fin de la nouvelle que l'on peut voir l'horreur de la situation, vu la thématique générale, les autres nouvelles et tout simplement la patte de l'auteur, on sait dès le départ que ça va mal finir. C'est juste la manière que l'on ignore à chaque fois et l'auteur a toujours de très bonnes idées, originales et intéressantes, pour nous faire frissonner d'horreur.

Le chemin des Dames : pour le résumé de l'histoire, je reprends ce qui est mis dans la 4e de couverture : Que feriez-vous si un spectre vous laissait un message mystérieux au détour d’une route sinueuse de Dordogne ? Eh bien vous allez le découvrir en lisant cette nouvelle. Franchement, je suis vraiment fan de ce que fait Romano Vlad Janulewicz parce qu'une fois encore il m'a épaté. L'histoire est bien menée, petit à petit on découvre ce que cette apparition implique et toute l'horreur de l'histoire. L'idée est bonne et bien exploitée une fois encore. En un mot : j'adore ! (et on comprend bien après coup le choix du titre de la nouvelle).

Lily et la petite souris : Romano Vlad Janulewicz nous dévoile ici sa propre version des faits sur la petite souris et le moins qu'on puisse dire c'est qu'elle a un rôle bien particulier qui fait froid dans le dos quand même et de l'autre... ça n'est peut-être pas si mal que ça, pas vrai ? Vous comprendrez mieux en lisant cette histoire qui, comme les autres, est vraiment bien faite. On part sur une histoire relativement mignonne, même si on remarque assez rapidement que tous les personnages sont loin d'être mignon et que tout ça va virer au drame d'un moment à l'autre. Après tout, c'est bien la thématique de ce recueil, des histoires qui finissent, souvent mal pour quelqu'un...

Terre et poussières : une petite nouvelle étonnante et là, je me dis que je fais bien de ne jamais relire les 4e de couverture avant de commencer un livre, parce que du coup j’ai été très étonnée par cette histoire. si on n’y prête pas attention, on est face à une querelle de voisinage, et quel voisinage… Une très bonne histoire, très bonne idée encore une fois bien exploitée – je sais, j’ai tendance à me répéter là – mais en même temps, c’est tellement génial qu’il n’y a pas d’autres choses à dire.

En conclusion, ce recueil de nouvelles est très réussi, j’ai vraiment adoré. L’écriture de Romano Vlad Janulewicz est très agréable à lire et fluide, ça n’est pas un travail d’amateur. Je suis fan de ce qu’il fait, de l’univers qu’il crée à chaque fois, des sensations qu’il nous fait vivre à travers des atmosphères toujours lugubres. Les nouvelles s’inscrivent toujours dans le fantastique et l’horreur et du coup on sait par avance que ça va mal finir, seulement on ne sait jamais de quelle manière. Il arrive toujours à nous surprendre et à nous emporter dans son univers. Franchement, j’ai hâte qu’un roman de ce type sorte de son imagination parce que là, c’est frustrant de n’avoir que quelques pages à se mettre sous la dent à chaque fois (je sais qu’il est capable de faire un roman, faut juste se lancer). Mais ça n’a beau être que quelques pages, c’est toujours aussi intense ! Merci pour ce nouveau recueil.

 

Sang et poussières

Romano Vlad Janulewicz

Editions Kirographaires

86 pages

14,45€

 

Melisande

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