Neverland

Autre monde tome 6 neverland 322171

 

Quatrième de couverture

L’ennemi a détruit le deuxième Cœur de la Terre, séparé Matt, Ambre et Tobias.

Alors qu’Entropia et ses créatures monstrueuses poursuivent leur entreprise de destruction, Matt découvre Neverland, la forteresse secrète et mystérieuse des Fantômes, les jeunes rebelles de l’empire d’Oz. L’Alliance des trois arrivera-t-elle à se reformer à temps pour sauver les enfants d’Europe ?

L’heure de révéler les ultimes secrets d’Autre-Monde approche…

 

Chronique d'Alexandre

Je vous parlerai aujourd’hui du tome 6 de la série Autre Monde, Neverland, de Maxime Chattam.

Dans cet épisode de la saga, Ambre, Matt et Tobias sont confrontés à de nouveaux dangers, de nouvelles responsabilités, mais aussi à de nouvelles rencontres…

On aurait pu craindre qu’au fil du temps les personnages s’essoufflent ou finissent tous par se ressembler. Que les plus inquiets se rassurent, il n’en est rien. Dans ce volume (comme dans les autres, il faut bien l’admettre), nous retrouvons nos trois héros les spécificités qui les caractérisent et qui nous sont chères, et les découvrons aussi sous un jour nouveau. Les évènements qui jalonnent leur existence les marquent et les changent profondément, leur conférant une personnalité bien trempée, loin des stéréotypes auxquels on pourrait être confronté dans certains romans d’aventures de ce type.

Toujours dans ce registre, les personnages qui gravitent autour de l’Alliance des Trois ne sont pas négligeables. Là aussi, il aurait été facile de tomber dans l’écueil des nouveaux-personnages-mais-pas-si-nouveaux-que-ça-finalement, portant des noms différents, différents physiquement mais en tous points semblables à ceux que nous avons déjà rencontrés par le passé. Encore une fois, il n’en est rien, l’auteur nous prouve à nouveau (s’il était encore besoin de le faire) qu’il est loin d’être un amateur. Ses personnages secondaires sont riches de variété, complexes et facilement abordables à la foi, etc. Continuer à m’étaler sur les points positifs de ce registre du roman me ferait à coup sûr passer pour plus flagorneur que je ne le suis, ce qui n’est pas peu dire. Passons donc sans transition à d’autres points.

Les aventures de l’Alliance des Trois en Europe nous font rencontrer quelques grands classiques de la Fantasy que je ne nommerai pas dans cette chronique. Je m’en voudrais de gâcher votre plaisir à leur rencontre. Ici aussi, on aurait pu s’inquiéter et se demander comment l’auteur allait s’y prendre pour nous présenter la chose sans verser dans la facilité, voire carrément le stéréotype pur et dur dans tout ce qu’il peut avoir d’horripilant. Inquiétude vaine et inutile à mon humble avis. Il va de soi que d’autres pourraient ne pas être de cet avis, bien que je ne vois pas trop comment ils pourraient s’y prendre.

Pour ma part, j’ai trouvé ces classiques (nommons les ainsi, si vous le voulez bien) très bien amenés, tout en douceur. Ce n’est qu’à l’évocation de leur nom que le déclic s’est fait, accompagné d’un sourire et d’une pensée de type « Ouais, c’est logique… Comment passer à côté de ça ? ». Leur présence dans le récit est d’un naturel et d’un bon sens à toute épreuve.

Troisième et dernier point positif que j’aborderai dans cette chronique, celui des lieux rencontrés durant les aventures d’Ambre, Tobias et Matt. On se doute vaguement que l’auteur s’est inspiré de lieux réels pour monter le décor de ce sixième Autre Monde, et c’est tant mieux. Ils n’en sont que plus crédibles. Leurs descriptions, qui peuvent passer pour trop sommaires me laissent quant à moi la possibilité de donner libre cours à mon imagination tout en m’appuyant sur un cadre de base. Les passages descriptifs trop longs sont généralement de nature à m’horripiler car venant mettre l’action entre parenthèses. L’équilibre présent dans cette saga, et plus particulièrement dans ce volume a plus que certainement favorisé mon plaisir de lire. La magie des mots, si chère à l’auteur a pu opérer sans la moindre difficulté.

Enfin, pour terminer cette chronique, un petit point plus ou moins négatif. Si l’étalage des points positifs d’Autre Monde est devenu pour moi monnaie courante, cette bêtise qu’est l’honnêteté me commande de vous parler du seul aspect ombrageux qui s’est révélé lors de ma lecture.

Il s’agit de l’heureuse tendance qu’ont nos héros à toujours se sortir des situations difficiles. Oui, heureuse car s’ils venaient à ne pas y parvenir on aurait l’air sérieusement stupide, à avoir acheté un livre de près de 400 pages dont les 256 dernières sont vierges de toute écriture parce qu’un tourmenteur a eu la mauvaise idée de décapiter nos héros d’un geste rageur…

Les plus subtils d’entre vous auront compris que ce défaut n’en est pas vraiment un, mais il est vrai qu’à certains moments ce dernier a quelque peu ôté le sel d’une scène d’action. Bien que toujours palpitante, on ne craint plus pour la vie des héros, mais on se demande comment ils vont s’en tirer cette fois-ci. La nuance est légère, mais peut être assez dérangeante pour un lecteur plus exigeant ou moins convaincu par la série. Notons au passage, et pour faire un peu de pub (avouons-le) que l’auteur nous a déjà prouvé qu’il était tout à fait capable de donner dans l’effet inverse dans La conjuration primitive. Ce n’est donc pas signe d’une écriture simpliste, mais bien d’un choix délibéré.

En somme de tout ce qui précède, Neverland est un excellent avant dernier tome d’une série non moins excellente. Si vous aviez la moindre hésitation à vous le procurer, n’hésitez surtout pas et (re)plongez dans cet univers si particulier qu’est Autre Monde tant qu’il en est encore temps !

 

 

Neverland

Autre Monde, tome 6

Maxime Chattam

Albin Michel

Fantasy

638 pages

22 euros

 

Alexandre

 

 

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Date de dernière mise à jour : 16/02/2014