Anges foudroyés, de Philippe Tessier

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Quatrième de couverture

Au pied de la Cité des âmes, le Berger mène le troupeau des damnés et vit parmi les maudits, là où le temps s’est arrêté entre rêve et crépuscule. Ville millénaire aux murailles couleur d’ébène, elle s’étend sur des lieues et ne laisse jamais filtrer la moindre lueur. Aucun rêve vivant n’y est jamais entré, personne n’en est jamais sorti.

La morne routine immuable du village où vit le Berger vole soudain en éclats lorsque trois chevaliers arrivent : un templier, un sujet du roi Roland et une paladine. Ils disent être venus pour retrouver un des leurs, un chevalier que le Berger avait aidé à pénétrer dans la Cité maudite quelque temps auparavant … le Berger décide de les accompagner pour mettre fin à son perpéutel tourment et défier le Maître des lieux.

Il ne se doute pas que le réel est parfois mensonge et que cette quête épique aura des répercussions bien plus importantes : qui est vraiment le Berger, comment ces chevaliers sont-ils arrivés là où aucun mortel n’a pu le faire auparavant et qui se cache réellement derrière le duc du Mal, l’homme mystérieux qui règne sur le royaume des Morts ?

 

Chronique d’Ailayah

Je tiens tout d’abord à remercier les éditions Black Book pour m’avoir permise de découvrir ce roman fantastique et d’y retrouver la plume délicieuse de Philippe Tessier.

Pour ce nouveau roman, Philippe Tessier s’inspire de la mythologie pour nous créer un univers haut en couleur et bien complexe. J’avoue qu’au début du roman j’ai eu un peu peur car ça me paraissait un peu bateau, trop simple. Et je me suis dit, vu ce qu’il se passe, ça va aller très vite, et je me suis donc demandé ce qu’il avait bien pu inventer pour donner plus d’ampleur à son roman. Bien entendu, la « simplicité » apparente du début a très vite tourné court et laisser place à un univers complexe où la temporalité et l’espace dans lesquels évoluent les personnages sont totalement chamboulés et on est entrainé dans un tourbillon d’actions et de révélations qui nous font presque perdre la tête.

Malgré la complexité de l’écrit, tout prend sens au fur et à mesure des révélations et on comprend tout très bien. Le petit temps où on est un peu perdu, ça fait partie des charmes de ce genre de roman, et pour moi c’est vraiment un point positif car ça nous amène en tant que lecteur à un point de frustration et d’envie de comprendre qui ne peuvent que nous attirer encore plus dans la lecture.

Pour ce qui est des personnages, j’avoue que j’ai pas mal accroché au début et que je les ai trouvés assez intéressants dans leur personnalité. Nous avons donc Sans Nom, le Berger, le personnage central qui cherche à se libérer de son joug, de son éternel captivité. Son identité nous est révélée assez tardivement, même si on se doute un peu de ce qu’il est vraiment au fur et  à mesure de l’histoire. Ce que j’ai apprécié c’est cette façon qu’a Philippe Tessier de mélanger de nombreuses histoires mythologiques et de les réunir dans certains personnages. Peut-être que ça ne plaira pas à certains, mais pour moi,  c’est une façon de montrer que les valeurs, les idées véhiculées par toutes ces différentes histoires ne sont finalement pas si éloignés et qu’il y a des thèmes récurrents, même dans la mythologie. Les autres personnages, Hugh, Charles, Sybille, Arnaud ou encore Jarrol, ont tous leur propre caractéristiques, leur propre destin, et sont tous attachants, d’une manière ou d’une autre. J’ai beaucoup apprécié Jarrol et Arnaud. Hugh également pour son côté simple. Il est bien présent tout en restant en retrait malgré tout. Quant à Charles, au départ j’étais vraiment réticente par rapport aux valeurs qu’il véhiculait, mais il a réussi à m’attendrir par ce côté déterminé, et pour moi c’est vraiment un personnage central aussi car il se révèle puissant par sa foi et sa croyance. Sybille quant à elle est touchante par sa tendresse, sa compréhension, et son combat contre la perversion à laquelle elle fait face, un combat interne.

Pour ce qui est de l’écriture de Philippe Tessier, je reste vraiment une grande fan de cette écriture fluide, poétique qui est agréable et qui donne un goût particulier à ce récit.

Un petit bémol malgré tout. J’avoue que je ne suis pas forcément emballée par cette fin. Je me suis vraiment dit … tout ça … pour ça ? Car au final je trouve que ça enlève tout son sens à l’histoire cette fin à double tranchant. Bien sûr, il y a un bon côté que Sybille révèle, mais je l’ai vraiment trouvé trop réducteur. D’un autre côté, en y réfléchissant, c’est vrai que ça donne un côté doux-amer à cette fin qui finalement montrerai le côté personnel d’une quête et le fait que bien qu’un a réussi, il y en a bien d’autres qui vont devoir faire le même combat aussi. C’est finalement un cercle vicieux, une fin sans fin. C’est vrai qu’en y repensant et voyant la chose sous un autre angle c’est une fin intéressante parce que justement ce n’est pas celle qu’on attend, mais qui possède une part de vrai finalement.

Bref, c’est vraiment un roman bien construit, un univers fantastique complètement sorti de l’imaginaire de Philippe Tessier et qui n’a pas son pareil, et je dois dire qu’on s’y plonge avec joie et intérêt bien que les scènes d’action ne soient pas très développées. Ca reste une lecture bien sympathique que je vous conseille si vous n’avez pas peur d’être destabilisés.

 

Anges foudroyés

Philippe Tessier

Black Book

318 pages

9€

 

 

Ailayah

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