Dépression, de Brice Tarvel

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Quatrième de couverture

Parce qu’elle rêve d’un ailleurs sans nuages, d’un monde qui ne serait pas fait de boue et de pluie, Jarine conserve jalousement le secret lové au plus profond de son être. Elle doit protéger cette parcelle d’espoir insensé qui palpite en elle, mais aussi lutter aux côtés de Vavette, son amie atteinte de la rouille, une terrible épidémie qui atteint la quasi-totalité des habitants de ce monde malade. Et puis il y a les deux amoureux transis lancés à sa poursuite : Sarg le pêcheur de rats et Zam le dégénéré… Un récit désespéré qui se prend comme une claque d’eau glacée.

Chronique de Garlon

Parlons cette fois d’un livre à l’ambiance vraiment très particulière : Dépression.

Jarine est une prostituée dans un monde sale, couvert de boue, de marais et de pluie.
Pour une raison inconnue de tous, elle s’est lancée dans des relations sexuelles avec trois Batraks, des êtres mi-homme mi-crapeaux qui vivent dans les marais et qui sont haïs des humains.
Lorsqu’elle apprend que son amie, Vavette, est atteinte de la rouille, maladie mortelle, elle va se décider à se lancer en quête d’un remède pour la sauver.
Sarg, le petit ami de Jarine, ne croyant pas en la prostitution de cette dernière, se lance à sa poursuite pour tenter de la récupérer, tandis que Zam, l’un des trois Batraks, recherche également la jeune femme, dont il est tombé amoureux.
Mais que va donner la rencontre entre ces personnages ? Et pourquoi Jarine s’est-elle acoquiné avec les Batraks ?

J’ai assez apprécié ce livre, malgré quand même quelques petits points plus négatifs

Si nous prenons l’histoire en elle-même, nous ne trouverons pas vraiment quelque chose de particulier, un récit assez simple et pas trop ambitieux qui qui imbrique 2-3 intrigues assez basiques et à l’évolution fort simpliste. L’histoire brute n’est donc pas ce qu’il y a de plus intéressant, il faut bien l’avouer.
Mais par contre, d’autres aspects bien plus positifs viennent contrebalancer ça :
Tout d’abord, l’action est assez présente tout au long du récit. Tout se déroule dans un grand esprit de précipitation, et cela a pour résultat que le livre se lit très vite, et que le lecteur n’a donc pas le temps de s'ennuyer, happé par la précipitation des évènements.
Un autre point fort positif, qui est d’ailleurs l’aspect que j’ai préféré au livre, est l’ambiance. Elle est vraiment très glauque, sale et malsaine. Le lecteur se sent parfois assez mal à l’aise dans ce monde déchu dans lequel la boue et la pluie ont pervertis les êtres humains, rendant leur comportement et ce qui les entoure vraiment fort déplaisant. Des scènes ou discussions accentuent encore cet aspect, et l’auteur ne lésine pas sur les mots utilisés lors des paroles des personnages. Soyez donc avertis que ce livre comprend une ambiance vraiment glauque, et que ça ne plaira pas forcément à tout le monde, même si, pour ma part, c’est ce avec quoi j’ai le plus accroché dans le livre.

J’ai assez apprécié le style de l’auteur, celui-ci étant fort fluide. Ca permet d’accélérer le rythme, donnant au lecteur l’occasion de se plonger complètement dans l’action, et d’avancer dans le livre à une vitesse folle.
La façon d’écrire est également fort adapté à l’ambiance, accentuant ainsi l’aspect très glauque du récit, avec l’utilisation de termes parfaitement à leur place. L’auteur n’hésite d’ailleurs pas à utiliser de temps en temps une certaine vulgarité dans les paroles de ses personnages, augmentant l’aspect sale.

Au niveau des personnages, mon avis est en deux temps :
Au niveau de l’accroche, j’ai pas mal apprécié Vavette, de laquelle le lecteur se sentira proche. C’est d’ailleurs, je trouve, le personnage qui est le plus “humain”. Elle se comporte de la façon d’une jeune fille qui a déjà subit de nombreux malheurs, qui se sait condamnée, mais qui malgré tout respire la joie de vivre, a décidé de profiter jusqu’au bout de la vie et de son amie. Un passage fort triste permet d’ailleurs un très bon passage d’émotions.
Mais pour les autres personnages, j’ai moins accroché. En effet, ils sont fort adaptés à l’ambiance, et sont donc glauques, ayant un comportement violent, sale, etc. Cela accentue l’ambiance, et j’ai fort apprécié, mais du coup le lecteur ne les aime pas énormément. Mais bon, je suis tout à fait conscient qu’il n’est pas vraiment faisable d’avoir des personnages à la fois fort glauques et attachants, ceux-ci étant trop différents de notre façon de penser.
Malgré tout, un certain attachement se crée avec Jarine, mais aussi avec Zam, et le lecteur finira par apprécier les deux personnages, malgré leur façon d’être et de penser assez particulière.

En bref, l’histoire en elle-même n’a rien d’exceptionnelle, bien qu’elle soit bourrée d’action et de précipitations. Mais l’intérêt du récit réside dans l’ambiance fort glauque et sale que l’auteur a réussit à créer, et qui est vraiment très bien construite, accrochant tout à fait le lecteur.
Le style est également fort adapté à cet aspect, faisant des descriptions et des paroles de personnages qui peuvent déranger.
Les personnages en eux-mêmes sont tout aussi glauques que le reste, et, même si le lecteur s’accrochera à Vavette et un peu à Jarine et Zam, il ne s’en sentira pas forcément très proche.

Un bon livre dont l’intérêt réside donc principalement dans l’ambiance !

 

Dépression

Brice Tarvel

Lokomodo

224 pages

6 €

 

Garlon

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Date de dernière mise à jour : 10/03/2012