Masky, Viviane Etrivert

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Quatrième de couverture

An de grâce 1599. Renaissance tardive.

Au carrefour des influences slaves et germaniques, alors que les guerres de Religion persistent à déchirer l'Europe, la Moravie conserve ses traditions d'un autre âge et sa mémoire païenne, dans une paix fragile.

Mais là où les femmes se rassemblent pour se transmettre le vieux savoir, au travers de gestes immuables, certains hommes ont beau jeu de parler de sorcellerie et de brandir un terrible ouvrage : le Malleus maleficarum.

Noël approche. À Ostrov, on se marie. Dans les rues de Velky, les barbora distribuent des cadeaux et la troupe des loups-garous, bruyante et paillarde, fait charivari.

Neige et tempête. Dans les bois, près du Rocher de l'Ourse, rôde un inquiétant loup gris à trois pattes. Et un moine étrange va et vient, demandant aux passants pétrifiés si son hurepiau lui sied bien.

La fête peut-elle se poursuivre, quand des crimes se commettent dans l'ombre ? Et que faire, quand la Justice tombe soudain entre les mains d'un sinistre individu ?

D'abord, répondre à la question que tous se posent : qui a tué le juge Michna ?

 

Chronique de Melisande

Je tiens tout d’abord à remercier les éditions Argemmios de m’avoir permis de lire ce livre qui a été fort intéressant.

L’histoire démarre au quart de tour, cela avec le meurtre du juge Michna. Nous sommes à l’approche de Noël, la ville d’Ostrov est en fête pour le mariage de Marie et Vaclav Vanek. A Velky, alors que le juge Michna allait rentrer chez lui, il fait une drôle de rencontre qui lui coûtera la vie. Le corps du juge va être rapidement trouvé et toute la ville va se poser la question sur l’identité du coupable. Ainsi va commencer une « enquête », et cela en la présence de Stepan Riha « Navratil », devenu alors juge à la place de feu Michna. Il est assez difficile de faire un résumé autre que celui de la quatrième de couverture qui reprend assez bien l’intrigue sans trop en dire (ce que je risque de faire en développant un peu plus). Donc je m’abstiendrais d’en dire plus à ce niveau là, car tout repose sur l’identité du coupable du meurtre de Michna, qui est le premier d’une série.

L’écriture de l’auteur est vraiment agréable à lire, on prend un certain plaisir à parcourir ces pages, ce qui fait que la lecture en devient très rapide (j’ai dû le lire en 2-3 jours à peine). L’univers est tout aussi intéressant et riche. Le fait d’avoir parfois des mots slaves dans le texte (expliqué, traduit en notes bas de pages) permet vraiment de s’intégrer dans l’univers décrit par l’auteur et je dois avouer que j’ai bien apprécié cet aspect là, ça ajoute un plus et permet de vivre davantage l’histoire, comme si on y était. L’auteur mêle à la fois le fantastique (fantasy) et l’historique pour constituer ce livre, provenant par exemple des personnages qui sont en fait des personnes ayant réellement existés (comme par exemple Rodolphe II qui est souvent mentionné, qui était le roi à l’époque) mais aussi dans les jugements pour sorcellerie. On sent que l’auteur a fait des recherches dessus et Viviane Etrivert nous décrit ici des situations assez incroyables pour nous maintenant et qui pourtant devaient être bien trop réelles à l’époque (fin XVIe , début XVIIe siècle) et c’est assez terrifiant de voir comment ça se passait. Il était aussi intéressant de voir les fêtes païennes se dérouler dans la ville, les traditions liées au mariage, etc. ça permet de donner plus de consistance à ce monde et de mieux le visualiser (après à savoir si c’est totalement historique ou pas, ça n’est pas toujours la question, puisqu’on a aussi une part fictive dans ce livre).

Ensuite, pour ce qui est de l’intrigue, je l’ai trouvé intéressante et plutôt bien menée. On se demande tout le long de notre lecture qui peuvent être les responsables, alors on commence à soupçonner tout le monde et à faire ses propres théories. Et en parallèle, on voit les jugements mais qui sont quelque peu aléatoire, et quand on voit ce que fait le nouveau juge pour résoudre le meurtre de son prédécesseur, ça laisse perplexe quand même, mais à l’époque ça devait être le cas (voire bien pire). La seule chose qui m’a dérangé c’est que la révélation arrive un peu trop rapidement. On a un certain suspense tout au long du livre, on se demande ce qui se passe, et la résolution / révélation arrive de manière impromptue et facile. Donc je trouve ça un peu dommage parce que ça « casse » un peu trop le rythme qui était donné par tout ce suspense. Sinon, sur le reste de l’intrigue, je n’ai rien à redire, c’était vraiment bien et on a envie de savoir ce qui va se passer (ce qui est une bonne chose quand on lit). Les personnages sont attachants et intéressants. Je ne ferai pas de cas particulier parce qu’ils se valent tous, même si quelques personnages se détachent, tel que Jean Bonhomme, un médecin français, qui va prendre part à l’enquête et à la défense aussi de certains accusés de sorcelleries.

En bref, ça a été une agréable surprise. J’ai beaucoup apprécié cette lecture et je ne regrette pas du tout de l’avoir lu. L’univers est riche et intéressant, le fait d’avoir mêlé le fantastique à l’historique était une bonne chose et je trouve que l’auteur s’en sort parfaitement. On sent qu’il y a eu du travail sur le 2e aspect de l’histoire. Les personnages sont attachants, on prend plaisir à les suivre et à tout découvrir. Une bonne lecture en soi.

 

Masky

Viviane Etrivert

Argemmios

326 pages

20€

 

Melisande

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Date de dernière mise à jour : 10/03/2012