Ce que disent les nuages, de Lorris Murail

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Quatrième de couverture :

Il aurait été incapable d’indiquer combien de temps s’était écoulé entre sa chute et le moment où il avait rouvert les yeux. Des heures, peut-être, mais peut-être une fraction de seconde. Rien au fond n’était certain, sauf la chose la plus incroyable entre toutes : sur la margelle du puits était assise une créature nimbée de lumière.
Fasciné par son beau visage au sourire infiniment doux, Colin ne remarqua pas tout de suite le détail révélateur entre tous. Attachés aux épaules et lui dissimulant à demi les bras, elle avait deux ailes d’or pâle..

Colin a été choisi comme messager. Du secret qu'il détient pourrait bien dépendra l'avenir d'une planète qui court à sa perte: la Terre. A moins qu'un maléfique adversaire ne cherche à en profiter pour son propre salut...

 

Chronique de Platinegirl :

Ce que disent les nuages est un roman théoriquement à destination des enfants et jeunes adolescents, malgré ses 400 pages. 400 pages d'une écriture relativement petite, pour des enfants, c'est beaucoup, voyons si cela a déjà "la chance" de plaire ne serait-ce qu'à une jeune adulte (moi).

C'est sa couverture et son titre qui m'ont interpelée, ainsi que le nom de son auteur que j'avais adoré dans Reality Girl. Avec une telle couverture et un tel titre, je m'attendais à rêver, à découvrir un univers poétique et pourquoi pas un brin fantastique. Ce livre en tant qu'objet est de belle qualité, il n'a pas pris un pli durant ma lecture et les pages comportent parfois quelques illustrations de nuages, un détail qui peut sembler insignifiant mais qui fait toujours plaisir à voir.

L'histoire débute avec un prologue assez mystérieux qui ne trouvera sa place dans l'histoire de Colin, notre héros, qu'à la fin de la première partie du roman, qui en comporte quatre. C'est un procédé que j'apprécie d'habitude, qui permet d'apporter du suspense à l'histoire, mais qui ici m'a laissée de glace dans la mesure où cela n'a que peu d'intérêt dans l'histoire. Ce prologue ne met pas en effet en scène ni un passage-clé ni Colin.

On ne fait sa connaissance que lors du premier chapitre et je vous avoue être restée indifférente à ce garçonnet de 10 ans qui n'est pas très futé et qui n'a rien d'exceptionnel si ce n'est son problème d'entendre les nuages parler... Difficile de s'approprier son histoire par la suite, que ce soit pour une jeune adulte comme moi ou un enfant de 10 ans. D'autant plus que le rêve promis par les anges, la couverture et le titre du roman est loin d'être idyllique. On arrive dans un monde comme le nôtre, mais qui manque d'eau suite à l'activité humaine au point qu'il y ait des guerres pour la moindre source de ce précieux liquide. De plus, les parents de Colin sont insupportables! Si l'aspect écologique de ce roman est intéressant pour éduquer les enfants à ce problème résolument moderne, je vous avoue que je doute que beaucoup d'enfants lisent ce livre et donc ait l'occasion d'être éduqués sur ce sujet. En effet, ce roman manque vraiment d'imaginaire, selon moi, il ne fait absolument pas rêver. A vrai dire, j'avais l'impression de lire un documentaire moralisateur (surtout avec l'omniprésence de l'Eglise au début et d'un dictateur non pas politique mais industriel) et j'ai vraiment eu du mal à avoir ne serait-ce qu'envie de lire ce livre, alors un public plus jeune, j'ai des doutes qu'il y arrive plus que moi qui ait gardé mon âme d'enfants. Je n'irais pas jusqu'à dire que c'est une histoire pour les adultes, mais la noirceur des personnages, l'obscurité de ce monde... aurait plus sa place dans un roman de fantasy type "La guerre des mondes".

Il m'a été très dur de parcourir ce roman qui n'a rien d'une porte vers l'imaginaire de part son trop grand pessimiste en l'avenir. Pourtant, sa morale écologique et le personnage de Béatrice, une presque-méchante qui s'adoucit vite, seraient intéressants pour des enfants comme des jeunes adultes. C'est dommage, d'autant plus que j'avais adoré la plume moderne et non moralisatrice de Lorris Murail.

 

Ce que disent les nuages

Lorris Murail

L'Archipel (collection Archimaginaire)

400 pages

15,95 euros.

 

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Date de dernière mise à jour : 03/04/2012