Ma vie océan, de Mireille Disdero

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Quatrième de couverture

Avant, Héloïse savait rire, s’amuser, parler aux garçons …

Mais depuis la disparition de ses parents, emportés par le tsunami qui a dévasté les côtes thaïlandaises, elle s’abandonne à son chagrin et s’enferme dans le silence et les souvenirs. Dans une maison de convalescence nichée au milieu des montagnes, pourtant, deux personnes extraordinaires vont aider Héloïse à faire son deuil et lui réapprendre à vivre : la pétillante Katy et Théo, grâce auquel son cœur meurtri va de nouveau s’ouvrir …

 

Chronique d’Ailayah

Je tiens tout d’abord à remercier les éditions du Seuil Jeunesse pour m’avoir permise de retrouver la plume exquise de Mireille Disdero.

Encore une fois, j’ai été conquise par l’écriture de l’auteur, et c’est véritablement une auteure que je vais suivre désormais car en deux romans lus, ce fut à chaque fois une véritable rencontre et un délice à lire.

Les sujets traités ne sont jamais simples, avec 16 ans et des poussières elle nous offrait le récit poignant d’une jeune fille qui tente de s’en sortir dans un milieu très pauvre. Pour ce roman, il s’agit d’un sujet très différent mais tout aussi bouleversant, le récit d’une jeune fille de 16 ans qui perd ses parents dans le tsunami en Thaïlande. Cette perte va d’autant plus créer un traumatisme qu’elle va passer des mois sans que leur mort ne soit officielle puisque les corps n’avaient pas été retrouvés. En elle-même elle le sait depuis le début, elle nous l’affirme tout de suite, mais on sent à travers l’écriture de Mireille Disdero que cette incertitude officielle la bloque totalement, et l’enfonce dans un mutisme et une obscurité dont elle n’arrive pas à se défaire.

L’héroïne est des plus intéressantes. On sent au départ ce traumatisme qu’elle a vécu, mais on sent également une certaine volonté, une volonté d’aller contre cette marée, ce tsunami qui l’a complètement engloutie intérieurement. Les images métaphoriques qu’emploie l’auteure sont toujours aussi présentes, et ce n’est que pour me plaire. La métaphore filée de l’océan est tout simplement sublime par le sens qu’elle véhicule et la force de l’image qui nous est apportée.

J’ai également beaucoup apprécié Katy, une jeune fille qui cache sa fragilité derrière un franc-parler direct et un semblant de vivacité et de joie. Je l’ai apprécié parce qu’elle a justement ce côté fragile qui ressort à certains moments et qu’on n’imaginerait pas au départ. Le beau Théo est également un personnage intéressant par ses imperfections et son naturel. C’est un garçon qui lui aussi, comme les deux autres personnages, a vécu des épreuves difficiles, mais il tente de s’en sortir comme il peut et j’admire beaucoup son courage.

Enfin, ce que j’aime par-dessus tout dans ce nouveau roman de Mireille Disdero (et que j’avais par ailleurs également beaucoup aimé dans le premier), c’est ce réalisme dont est emprunt son récit et cette volonté de rendre son récit en teinte de gris. Jusqu’à la fin, tout n’est pas tout beau ni tout laid, mais finalement, c’est ça la vie, avec ses petites joies, ses petites beautés, et ses imperfections.

C’est donc encore une fois un roman à côté duquel il ne faut pas passer. Je vous conseille vraiment ce roman qui saura vous toucher car il parle vrai, tout simplement, avec beaucoup de sagesse et de justesse. Une auteure à suivre, et de près plutôt que de loin.

 

Ma vie océan

Mireille Disdero

Seuil

166 pages

9,90€

 

 

Ailayah

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