Oh, boy ! Marie-Aude Murail

Quatrième de couverture

Ils sont frère et sœurs. Depuis quelques heures, ils sont orphelins. Ils ont juré qu’on ne les séparerait pas.
Il y a Siméon Morlevent, 14 ans. Maigrichon. Yeux marron. Signe particulier : surdoué, prépare actuellement son bac.
Morgane Morlevent, 8 ans. Yeux marron. Oreilles très décollées. Première de sa classe, très proche de son frère. Signe particulier : les adultes oublient tout le temps qu’elle existe.
Venise Morlevent, 5 ans. Yeux bleus, cheveux blonds, ravissante. La petite fille que tout le monde rêve d’avoir. Signe particulier : fait vivre des histoires d’amour torrides à ses barbies.
Ils n’ont aucune envie de confier leur sort à la première assistante sociale venue. Leur objectif est de quitter le foyer où on les a placés et de se trouver une famille.
A cette heure, deux personnes pourraient vouloir les adopter. Pour de bonnes raisons. Mais aussi pour des mauvaises. L’une n’est pas très sympathique, l’autre est irresponsable, et… Ah, oui ! ces deux personnes se détestent. 

 

Chronique d'Alexandre

Je vous parlerai aujourd’hui du livre « Oh, Boy ! », de Marie-Aude Murail.

Siméon, Morgane et Venise sont orphelins depuis peu. Après le suicide de leur mère, leur principal souci est d’éviter un placement qui les séparerait tous les trois.

La solution s’impose comme une évidence : ils ont de la famille. Leur père, avant de connaître leur mère, vivait avec une autre femme, avec qui il a eu deux enfants. La solution pour éviter la séparation est peut-être là…

Peut-être, car Barthélémy et Josiane se détestent et n’ont, à priori, aucune envie de se voir attribuer la garde de leur nouvelle fratrie. C’était sans compter sur le charme de la petite Venise.

A partir du moment où les présentations sont faites, Barth et Josiane se lancent dans une compétition acharnée pour obtenir la garde des enfants. Compétition dans laquelle vient s’imposer un problème de taille : la leucémie de Siméon.

Barth devra alors jongler entre sa vie amoureuse tumultueuse, la garde alternée de ses sœurs et les visites de son frère à l’hôpital. Le tout ponctué de nombreux Oh, Boy !. Expression que l’on retrouve presque à chaque fois que le jeune homme se sent dépassé par les évènements. Ce que n’est pas vraiment des plus rares.

Un roman haut en couleur qui traite de nombreux thèmes sensibles de notre société tels que la maladie, le deuil, l’homosexualité, l’adoption etc. Caractéristique qui n’est pas sans me plaire et titiller mon petit côté révolutionnaire. Parler de thèmes aussi difficiles à aborder et limite tabous dans notre société est déjà une belle initiative, mais le faire dans un roman de littérature de jeunesse est, à mon sens, un énorme point positif au départ pour un tel ouvrage.

Les thèmes abordés, sans être moralisateurs, sensibilisent assez bien le lecteur par rapport aux problématiques qu’ils entrainent. Par exemple, pour le placement, la problématique de la séparation des fratries est assez courante, et tout au long de l’ouvrage, on sent que l’un des principaux soucis de la juge de la jeunesse et de l’assistante sociale en charge du dossier est de ne pas séparer Siméon, Morgane et Venise.

De même que le placement, l’homosexualité est non seulement bien présente, mais le cliché de la grande folle excentrique est relativement bien mis à mal avec le personnage de Barthélémy. Bien sur, il a ses manières bien particulières, mais l’image « Pédale Douce » de la tapette à la gestuelle de fille ultra-maniérée draguant à tout va n’est en aucun cas présente, que du contraire.

Autre thème qui m’a vraiment plu, celui du cancer. Sans s’attarder sur le côté dramatique de la maladie et les détails sordides des soins, le livre met bien l’accent sur la place qu’occupe la volonté dans la guérison. La volonté du patient, mais aussi celle de son entourage, du soutient dont il a besoin et celle des médecins.

Parallèlement à tout ceci, les personnages sont très bien construits. On n’a aucune difficulté à les comprendre et à les cerner. Pour chacun d’entre eux, la description qui en est faite à leur arrivée dans l’histoire colle parfaitement à l’impression qu’ils nous donnent au fil des pages. Morgane, la petite que tout le monde oublie et qui vit dans l’ombre de son grand frère est réellement ce qui en est décrit. C’est au point que pour rédiger cette chronique, à chaque fois que je veux vous la mentionner, il faut que je me réfère au résumé du livre pour me souvenir de son prénom, c’est vous dire…

En termes de chronologie des évènements, il n’est pas ici question d’aventures rocambolesques, d’actions ou d’amour impossible. Il s’agit plutôt ici de l’évolution psychologique des différents personnages. Tous campés dans leur opinion aux débuts de l’histoire, leur point de vue va évoluer au fil des pages, tous à leur rythme et à leur manière. Et ce avec une logique et une vraisemblance tout ce qu’il y a de plus appréciable.

Un roman qui mérite amplement ses 27 prix et que je conseille à tous, sans distinction d’opinion, d’âge, de sexe ou même de religion !

Alexandre

 

 L’école des loisirs

207 pages

9 euros 50

Commentaires (1)

Philippe
  • 1. Philippe | 13/11/2011
Merci beaucoup! :))

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Date de dernière mise à jour : 03/04/2012