La Geste d'Alban 1 : L'enfant monstre, de Jean-Luc Marcastel

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Quatrième de couverture

Les Maljours s’achèvent à peine, la lumière caresse timidement les terres d’Oc blessées par le cataclysme. Les hommes luttent contre les Malebestes
en un combat sans merci. C’est en cet âge sombre que nait Alban, un enfant difforme, touché par le souffle maudit de la Brèche du Diable. Rejeté par les siens après la mort de son père, il va, toujours masqué pour dissimuler son visage aux autres hommes…
Alban deviendra pourtant le plus fameux des Traquebestes de son temps, un héros dont le nom restera, dans tous les cœurs, synonyme de courage et de vaillance. Dans son périple émaillé d’épreuves terribles, de violence et de merveilles, il rencontrera l’amitié et peut être l’amour, la trahison et le vrai visage du mal qui se répand sur les Terres d’Oc, pour enfin trouver son combat et tailler sa place en ce monde.

Chronique de Garlon

C’est avec un immense plaisir que j’ai replongé dans l’univers de Jean-Luc Marcastel avec le premier tome de sa nouvelle saga : La Geste d’Alban.
 
Pour ceux connaissant déjà Occitània à travers les aventures de Louis, nous nous retrouvons ici dans l’histoire du légendaire Alban, après la fin des Maljours, ces années sombres qui ont suivit l’arrivée de la Grande Brèche, qui a séparé la France en deux et perverti la terre, les animaux, et même certains hommes.
Des hommes comme Alban, qui est brécheux, c’est à dire qu’il a le corps déformé à cause de la Brèche, sa mère s’en étant trop approchée alors qu’elle était enceinte de lui.
Et pour un fils de seigneur, ce n’est pas ce qui est le mieux. Son père le traite avec indifférence, sa belle-mère fait tout pour le rejeter et mettre son fils en avant pour la succession, et le peuple le hait car il a peur de lui.
C’est dans cet univers que doit évoluer Alban, entre haine et indifférence.  Du moins jusqu’à ce qu’une malebeste fasse son apparition, et que le jeune homme puisse enfin goûter à l’amour d’un père.
Mais le sort s’acharne, et il ne faudra pas longtemps pour que le monde d’Alban s’écroule et qu’il doive faire des choix difficiles.
Mais les héros naissent souvent dans la douleur, et ceci marque donc le début des fantastiques aventures de l’un des plus grands héros d’Occitània.
 
Jean-Luc Marcastel commence ici sa nouvelle saga, et je peux vous assurer qu’elle risque d’être encore meilleure que Louis le galoup, que je trouvais déjà exceptionnelle (surtout en ce qui concerne le tome 5).

Au niveau de l’histoire, elle est tout simplement géniale. J’avais vraiment hâte de découvrir l’histoire d’Alban, dont j’avais entendu parler à la lecture de Louis le galoup, et je ne suis vraiment pas déçu.
L’auteur nous dépeint ici la jeunesse d’un personnage rejeté de tous à cause de son physique, et nous permet ainsi de prendre l’histoire d’un côté fort philosophique. Nous voyons ici la cruauté des gens, et l’auteur nous montre parfaitement ce que nombre de philosophes ont dit avant lui : le mal naît de l’ignorance. Le bas-peuple de l’histoire se comporte de façon extrêmement négative envers Alban, tout cela parce qu’il est brécheux, et donc forcément marqué par le Diable, maléfique, et ce malgré tout ce que le jeune homme fait pour être accepté. Cela montre clairement que leur méchanceté vient de leur ignorance et de leur peur quant à la nature d’Alban.
Et concernant le pire des personnages, Gauderic, c’est une personne foncièrement mauvaise qui tire plaisir dans le fait de faire du mal aux autres, afin de se sentir supérieur, tellement sa soif de pouvoir l’aveugle.
Comme répété plusieurs fois dans le récit, ne porte pas toujours le masque celui qu’on croit !
J’ai vraiment adoré ce côté très philosophique qui devrait pouvoir ouvrir l’esprit de nombre de lecteurs.
Mais ne croyez pas pour autant que l’action n’est pas présente et qu’il ne s’agit là que d’un récit philosophique, vous auriez bien tord. En effet, l’action est vraiment très présente et rend l’histoire tout à fait passionnante. Entre combats contre des malebeste, affrontements avec Gauderic et d’autres villageois, intrigues de château et rencontre avec des personnages vraiment étranges et recelant apparemment un grand mystère, le lecteur n’aura pas du tout le temps et s’ennuyer, et sera sans difficulté happé par le récit, totalement passionné par la superbe histoire qui se déroule sous ses yeux.

Passons maintenant au style de l’auteur. Comme pour Louis le galoup, Jean-Luc Marcastel nous crée ici une histoire contée au coin de feu. L’introduction et la conclusion de l’histoire nous montrent un personnage qui conte l’histoire à une foule de personnes, et cela crée une dimension particulière au livre.
Cet aspect conté est vraiment très bien fait, tellement bien que le lecteur se croit vraiment en train d’écouter l’histoire, et non de la lire.
J’ai d’ailleurs trouvé que cet aspect était encore plus prononcé que pour Louis. En effet, ici, on voit vraiment l’aspect du récit conté, et ce tout au long du livre, avec parfois quelques phrases personnelles du conteur qui sont vraiment les bienvenues.
En plus de cela, le style très fluide de l’auteur permet au lecteur d’être encore plus captivé par l’histoire.

Au niveau des personnages, l’auteur a encore réussi un tout de force. La quasi totalité des personnages, à part Gauderic et quelques autres, que le lecteur détestera dès le début (ce fût mon cas), auront autant de bien que de mal en eux, et il sera donc difficile de cerner certaines d’entre eux, comme par exemple Dame Jacint, cette femme prête à tout pour que son fils devienne le nouveau seigneur.
Le lecteur s’accrochera énormément à certains des personnages, comme bien sûr Alban, mais aussi Garmon, Enguerrand, et bien entendu la joyeuse troupe de saltimbanques.
Chaque personnage est travaillé à la perfection, et leurs réactions sont bien en rapport avec leurs expériences, leurs craintes, ou leur statut.
Des personnages extrêmement bien conçus, en somme, mais je n’en attendait pas moins d’un auteur d’un si grand talent !

Et, bien entendu, ce qui est le plus grand point fort de l’auteur : la gestion des sentiments. Le lecteur sera vraiment très proche des personnages, et partagera donc énormément leurs sentiments. Certains personnages vous inspireront de la haine et de la colère, d’autres de la tendresse ou une grande tristesse, voire parfois de la pitié. Vous l’aurez compris, aucun personnage ne vous laissera indifférent, et certaines scènes vous feront même couler quelques larmes, le talent de Jean-Luc Marcastel dans le domaine étant sans contexte exceptionnel.

Concernant les annexes, il y a un gros changement par rapport à Louis le galoup. Ici, en plus des magnifiques dessins et d’un glossaire très intéressant, nous avons droit à une histoire concernant l’arrivée de la Brèche et les Maljours. J’ai trouvé cette partie aussi bien faite que le récit principal, et l’auteur a également réussi à faire passer beaucoup d’émotions dans ce court récit. Une amorce pour une future saga, peut-être ?

En tout cas, je ne peux dire qu’une chose : c’est un gros coup de coeur. Il avait fallut attendre le tome 2 de Louis le galoup pour que c’en soit un, mais ici, ça l’est directement. L’histoire est vraiment géniale et passionnante, et nous décortique avec brio l’âme humaine. Le style est super, très fluide et avec une forme contée vraiment parfaite. Quant aux personnages, je le ai adorés, ils sont vraiment très bien construits et l’auteur nous fait passer les émotions avec un énorme talent, et c’est là je trouve le principal point fort de ce récit.
En bref : jetez-vous sur ce livre, sinon vous allez rater quelque chose !

 

L'enfant maudit

La Geste d'Alban, tome 1

Jean-Luc Marcastel

Editions du Matagot

444 pages

16,90 €

 

Garlon

Commentaires (1)

elodie macquart
  • 1. elodie macquart | 11/10/2013
eh bien si c'est un coup de cœur il ne faut pas que je passe à côté , merci beaucoup de ton avis.

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Date de dernière mise à jour : 16/05/2012