Alexandre, L'Enfant Perse de Mary Renault

Quatrième de couverture

 

Le deuxième volet de la grande trilogie romanesque de Mary Renault est consacré aux sept dernières années de la vie d'Alexandre, durant lesquelles, de sa victoire sur Darius jusqu'à sa mort mystérieuse à trente-deux ans, il conduit ses armées jusqu'aux confins du monde alors connu. Nous revivons cette épopée à travers les yeux de Bagoas, le jeune esclave perse favori de Darius qu'Alexandre a recueilli. L'incendie de Persépolis, la conquête de la Bactriane, la fondation de nouvelles villes, le mariage d'Alexandre avec la princesse perse Roxane, sont quelques-uns parmi les épisodes d'un destin fulgurant, qui a fait de lui le maître de l'empire le plus vaste qu'on ait jamais vu. Au-delà du portrait profondément humain d'un génie visionnaire, épris d'absolu, et dont la passion est souvent mal comprise de ses proches, la romancière nous dépeint aussi un phénomène historique et culturel aux conséquences incalculables : la rencontre de l'esprit grec et du rêve oriental.

 

Chronique d'Alexandre

 

L’enfant Perse, de Mary Renault nous est raconté par l’enfant lui-même, Bagoas. Fils d’un notable Perse, enlevé après le massacre de sa famille pour en faire un eunuque, Bagoas connaîtra la honte avant d’être offert à Darius, l’empereur Perse lui-même.

Notre héros apprendra rapidement qu’un barbare grec s’est lancé dans la conquête du puissant empire Perse avec, semble-t-il un rare succès. De la première fuite de Darius à Issos, jusqu’à la débâcle de Gaugamèle, Bagoas suivra la progression d’Alexandre par le biais des rumeurs de  la cour avec crainte.

Lorsque son maître est trahi et assassiné par ses proches, l’Enfant Perse est récupéré par l’un des hauts dignitaires et offert à Alexandre lui-même comme gage de bonne foi.

Il en tombera amoureux et suivra le plus grand conquérant de tous les temps partout jusqu’à la mort de celui-ci, à 32 ans, tout en nous relatant les exploits tant militaires que sa philosophie avec passion.

C’est ici un magnifique ouvrage traitant, non seulement l’histoire, mais aussi les mœurs de l’époque, l’homosexualité, et bien d’autres thèmes sensibles.

« L’enfant Perse » est, comme le titre précédent de la trilogie, une mine d’information non négligeable, tant sur la Grèce antique que sur la culture Perse.

Vous en apprendrez beaucoup sur la condition des eunuques, sur les pratiques de la cour de l’époque, mais aussi et surtout, vous aurez l’occasion de faire « vraiment » la connaissance d’Alexandre, de son tempérament et de son périple à travers la quasi-totalité du monde connu à l’époque.

 

La rigueur des informations données dans l’ouvrage, comme dans le précédent n’est en aucun cas à mettre en doute, la réputation d’historienne de l’auteur n’étant plus à préciser. C’est avec talent que celle-ci nous livre un récit alliant rigueur, imagination et empathie, tout en restant vraiment très réaliste. Une source d’apprentissage romancée tout ce qu’il y à de plus agréable.

 

Autre point très positif : la romance existant entre Bagoas et Alexandre tout au long du récit. Le narrateur nous parle très souvent de ses sentiments pour Alexandre et des attitudes de celui-ci face aux démonstrations d’amour, quelles qu’elles soient, sans jamais tomber dans le mièvre, l’eau de rose etc. Certes, le discours tenu par Bagoas est celui d’un jeune homme amoureux (et peut-être pas mal efféminé, ce qui peut paraître logique au vu de son statut), mais l’accent est mis en permanence sur les habitudes d’Alexandre, expliquant clairement son mode de pensée et son caractère.

 

Le texte, raconté en « Je » par Bagoas, pourrait en rebuter plus d’uns, ce qui est tout à fait compréhensible. Cependant, a mon sens, on passe assez facilement au dessus de ce qui peut-être un défaut pour certains, du fait que l’histoire en elle-même est des plus passionnante, mais aussi parce qu’ici, l’accent est mis en quasi-permanence sur les actes et les autres personnages.

 

Avantage dans cet ouvrage-ci par rapport au précédent : l’aspect mythologique est beaucoup moins présent, rendant le texte plus vivant et moins descriptif que dans le premier volume.

 

Vous l’aurez compris, conformément à mon habitude, c’est encore un ouvrage que je recommande chaudement à tout qui n’est pas allergique à la Grèce Antique et à Alexandre le Grand.

 

Alexandre

 

704 pages

6.5 euros

Le livre de poche

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Date de dernière mise à jour : 10/05/2012