Alexandre, les Jeux funéraies, de Mary Renault

 

 

Quatrième de couverture

En 323 avant notre ère, Alexandre le Grand, épuisé par des années de conquêtes, de fondation et d’administration de son empire, meurt à Babylone sans avoir désigné de successeur.
Dans le troisième et dernier roman de son « Alexandriade », Mary Renault fait le récit de l’impitoyable lutte qui se déchaîne alors pour le pouvoir. Et c’est à un long tourbillon d’horreurs, de trahisons, de cruautés que nous assistons.
Tous s’y brûlent : Méléagre, le petit officier ; Perdikkas, le général ; Kléopâtra, la sœur d’Alexandre ; Olympias sa mère ; et Roxane, son épouse… Des innocents périront. Seuls survivront Bagoas, l’enfant perse, fidèle ami et amant d’Alexandre, et Ptolémée, son frère de sang, qui ont préféré la fidélité aux jeux cyniques et sanglants de l’ambition.
Ainsi se clôt une trilogie qui allie rigueur et imagination, et par laquelle Mary Renault (1905-1983) a hissé le roman historique au niveau de la grande littérature.

 

Chronique d'Alexandre

Et voici le dernier volet de la trilogie « Alexandre », de Mary Renault.

Dans ce dernier volume, vous suivrez la terrible lutte de pouvoir qui a suivi la mort d’Alexandre. Dès les premières heures suivant le décès, les Macédoniens se déchirent déjà pour savoir qui sera le successeur du Roi.

De Perdikkas, l’un de ses généraux, à Méléagre, l’homme de troupe en passant par Olympias, la reine mère, tous intrigueront et se mèneront une lutte sans merci dans le but d’accéder au pouvoir ou de le garder. Et tous s’y bruleront les ailes.

Seul Ptolémée et Bagoas survivront à ce chaos. Seules personnes encore vraiment dévouées à Alexandre et que le pouvoir le tente pas. Ils dérobèrent néanmoins le corps du Roi pour l’amener en Égypte, pays ayant fait d’Alexandre un Dieu vivant et s’en tinrent  là.

Vous faire un résumé correct de l’histoire en moins de trois pages serait totalement illusoire, tant les évènements sont nombreux et interconnectés.

C’est donc une histoire aux rebondissements innombrables et inattendus que nous relate l’auteure. Certes, cette dernière était déjà préétablie, mais la manière dont elle nous est rapportée apporte, avec toute la rigueur que l’on connait désormais, un dynamisme et une énergie rendant bien l’impression de course au pouvoir, de la subite division du peuple qui, uni, à conquis le monde et du terrible rapport de force présent entre toutes les grandes figures de l’époque.

Bien qu’Alexandre ne soit pas présent en tant que personnage actif dans le récit, on perçoit en permanence sa présence. On prend également un peu plus conscience de la formidable énergie qui l’animait et de son charisme hors du commun. Durant ses douze ans de règne, tous les peuples de son empire allaient dans la même direction. Il aura suffi qu’il soit mort de quelques heures pour que tous s’entre déchirent.

L’apparition du frère d’Alexandre dans la course au pouvoir apporte, à mon sens un appui considérable à la lutte qui s’opère entre les Grands de ce monde. Ce dernier, devenu handicapé mental suite à un accident douteux, sera utilisé par plus d’une personne comme accès au pouvoir. Élu roi de force par l’assemblée macédonienne suite à l’initiative de Méléagre, il sera ensuite utilisé par Perdikkas et Eurydiké. Il sera assassiné avec celle-ci sur ordre d’Olympias. L’accent est fort mis sur lui, mettant en avant son rôle de victime et sensibilisant le lecteur à la condition des handicapés mentaux. Certes, les traitements de l’époque ne sont pas les mêmes qu’aujourd’hui, mais la considération apportée aujourd’hui à ces personnes méconnues du grand public est-elle différente ?

Ce volume, peut-être plus que les autres m’a vraiment accroché. Non pas parce que l’histoire des deux précédents serait moins bien relatée ou que les évènements seraient moins passionnants, mais peut-être justement pas la présence du thème du handicap mental, qui est un sujet me tenant fort à cœur. D’autre part, cet ouvrage nous montre une nouvelle facette de l’histoire d’Alexandre, étant donné que ce que tous connaissent concerne son vivant et est centré sur ses actes. Ici, nous apprenons les évènements qui ont suivi sa mort et découvrons les personnages ayant gravité autour de lui, de son enfance à la fin de sa vie.

En résumé, c’est une trilogie admirable, d’une rigueur peu commune et romancée avec talent. Sa découverte nous en apprend énormément sur ce que fut la vie d’Alexandre, qui il était, quelles étaient les us et coutumes de l’époque, sur la mythologie et les différentes cultures du monde connu à ce moment là.

Vous l’aurez compris, non seulement je recommande bien évidemment l’ouvrage en lui-même, mais je ne peux que vous encourager à vous précipiter sur l’ensemble de la trilogie, c’est la garantie de passer un agréable moment en compagnie d’un être hors du commun.

Alexandre

Le livre de poche

6.5 euros

512 pages

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Date de dernière mise à jour : 10/05/2012