La Cabale, de Emmanuel Pitois de la Tour

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Quatrième de couverture

Décembre 1917, le Sicilien arrive en Provence. Mal accueilli, il réussit néanmoins à se faire apprécier jusqu'à ce qu'il soit accusé de vol. Naguère extraverti, il se cloître alors dans le cercle restreint de ses amis et se réfugie auprès de la belle Anaïs jusqu'à ce qu'une catastrophe mette fin à leur amour interdit...

Itinéraire d'un homme meurtri dont les mésaventures nous emmènent à la découverte de l'histoire et de la vie. A découvrir.

 

Chronique d'Alexandre

Je vous parlerai aujourd’hui du livre « La Cabale », d’Emmanuel Pitois de la Tour.

Début 1900, dans un petit village de Provence arrive un homme originaire de Sicile. Lorsqu’il s’installe comme sabotier, on ne peut pas vraiment dire que le village lui réserve un bon accueil. Tout le monde a déjà entendu parler ou a déjà pu observer cette hostilité  à l’égard de l’étranger que l’on peut retrouver à peu près partout, du moment que les habitants d’une bourgade, d’un quartier se connaissent bien entre eux.

Notre homme n’y coupe évidemment pas, mais parvient à se faire un nom et à s’intégrer dans la vie du village sans trop de difficultés. Son savoir faire et son tempérament joyeux font que rapidement, il est accepté et qu’il peut se constituer une clientèle fidèle.

Arrive le jour où il est accusé de vol. Sa réputation se dégrade alors rapidement, l’amenant à quitter le village en raison de l’accumulation des soucis qu’il y rencontre.

 

Mise à part un ou deux petits reproches que j’expliciterai plus loin, c’est un ouvrage que j’ai vraiment beaucoup aimé découvrir, et ce pour plusieurs raisons.

 

La première est surtout liée au style littéraire. La tournure des phrases, le langage des personnages et la qualité des descriptions fournies, leur caractère lyrique ont fait que tout au long de ma lecture, j’ai ressenti un sentiment de légèreté et de sérénité, alors que les thèmes abordés ne sont pas vraiment des plus faciles et des plus joyeux.

Généralement, les descriptions de paysage m’ennuient profondément lorsque j’ai un livre entre les mains. Je trouve que décrire les collines et bois environnants en plus de deux ou trois phrases n’apporte rien ou pas grand-chose au récit, à moins que le décor fasse partie intégrante de l’intrigue. Or, dans ce cas-ci, les descriptions de la nature qui entoure le vécu des héros n’est pas en soi un élément indispensable à la compréhension du récit, mais  a contribué grandement à cette sensation de légèreté qui m’a accompagnée tout au long de l’ouvrage. Un gros plus donc pour « La Cabale », d’entrée de jeu.

 

J’ai parlé dans le point précédent du langage des personnages. L’intrigue se déroule dans le sud de la France, et les protagonistes de l’histoire incluent très souvent des bribes de leur patois dans les conversations. Cette caractéristique vient sans conteste rajouter un charme certain au fil du récit par sa couleur chaude. J’aurais tendance à dire qu’au travers des dialogues et des descriptions, on a tendance à entendre chanter les cigales et à sentir le soleil du Midi nous chauffer la nuque.

A mon sens, ces deux points sont déjà une excellente raison de se procurer le livre et de le dévorer sans même attendre d’être arrivé à la maison.

 

Un troisième aspect que m’a beaucoup plu est celui du zoom sur les valeurs humaines des personnages. On côtoie ici des personnes au caractère bien trempé, dont l’amour propre est le principale guide visible. Plus l’histoire avance, plus on s’aperçoit qu’ils tous ou presque animés par le plaisir du vivre ensemble et le partage des bons moments entre amis, mais qu’ils le cachent tous sous une carapace d’orgueil et de code d’honneur très stricte.

L’auteur nous démontre aussi au travers de son récit que si dans le Sud, on montre bien que c’est chacun chez soi et qu’on ne se mêle pas des affaires d’autrui, la pratique au quotidien démontre d’elle-même qu’il en est bien souvent autrement. J’avoue avoir souri assez régulièrement à la lecture des réactions des uns et des autres, colportant les ragots d’un côté à l’autre du village plus vite que ce qu’on aurait pu faire de nos jours par sms !

 

En soi, l’histoire en elle-même n’est pas ce qu’on pourrait appeler un récit d’aventure. Certes, les personnages centraux n’ont pas ce qu’on pourrait appeler une vie tranquille, mais l’accent n’est pas mis sur leurs péripéties. Au contraire, elles ne sont présentes que pour mieux mettre en valeur les relations humaines entre les différents intervenants de l’histoire. Tendance que me plait énormément. Autant j’avoue être amateur de thrillers au rythme endiablé, autant les récits de vie me passionnent, à partir du moment où les sentiments et impressions sont transmis avec talent et justesse.

 

Pour terminer, passons maintenant à la phase des points négatifs (au nombre de deux). Phase assez désagréable, mais que je me dois de préciser si je veux vous fournir une chronique objective et complète.

 

Mon plus gros regret face à cette lecture est la présence de nombreuses fautes d’orthographe. Personnellement, je vous avoue être loin d’être parfait à ce niveau là, mais il me semble que par respect de l’acheteur, un livre se doit d’être irréprochable ou presque dans ce domaine. Entendons-nous bien, ça n’est pas non plus une histoire de cinq fautes par pages, mais tout de même suffisamment que pour qu’un lecteur un peu attentif à la question tique à certains moments.

Ceci dit, cela n’a perturbé en rien mon plaisir à la lecture !

 

Second et dernier point négatif, le côté prévisible de l’intrigue. D’après mon interprétation personnelle, j’aurais tendance à dire que le but de l’auteur était surtout de nous faire suivre les relations humaines et le cheminement de chacun des personnages. Si tel est le cas, tant mieux c’est réussi, mais si c’est le cas contraire, alors il faut reconnaitre que c’est un petit souci. Personnellement, je n’ai pas eu à attendre très longtemps avant d’avoir une idée assez précise de la fin du récit. Comme pour l’orthographe, c’est plutôt dommage, mais encore une fois, ça n’est en rien un frein au plaisir que procure la lecture de l’ouvrage.

 

Pour terminer cette chronique, je tiens à repréciser encore une fois, si besoin est, que malgré les points négatifs énoncés, j’ai vraiment beaucoup aimé « La Cabale » et que ce qui à été énoncé dans les deux paragraphes précédents ne doit en aucun cas être un frein à l’achat de ce très bon ouvrage !

 

Une lecture que je conseille à toute personnes appréciant la langue française, l’humain, le Midi etc. etc.

 

La Cabale

Emmanuel Pitois de la Tour

Edilivre

28 euros

347 pages

 

Alexandre

Commentaires (1)

beg
  • 1. beg | 11/12/2011
excellent roman, j'ai beaucoup aimé les personnages l'ambiance, l'histoire et les details je le conseille vivement même aux gens qui lisent peu

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Date de dernière mise à jour : 10/05/2012