La Passion secrète d'une reine, de Henriette Chardak

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Quatrième de couverture

Marguerite de Navarre naît quelques mois avant la découverte de l’Amérique dans une famille réduite mais puissante : sa mère, Louise de Savoie, est parente avec le roi de France Louis XII. Jeune femme libre, rebelle et fière, elle doit cependant plier devant la volonté de son frère, le futur François Ier, qui la marie de force à un homme qui n’aime que la guerre et les hommes. Marguerite devient duchesse d’Alençon, après avoir été violée par son frère.
Devenue veuve à trente-trois ans sans avoir connu l’amour, femme bafouée et érudite, elle décide de vivre enfin. À force de volonté et de persévérance, elle rejette les carcans familiaux par les voyages, la connaissance et une foi lavée de toute superstition. Elle vit une passion amoureuse flamboyante et secrète avec François Rabelais.
Enceinte de deux jumelles, elle est à nouveau mariée de force : par calcul politique, François Ier la marie à un ami, Henri d’Albret, roi de Navarre, connu pour sa vie licencieuse. Marguerite décide d’écrire sa vie en codant les noms des protagonistes.
Elle se libère enfin de tout et crée le premier hôpital. Marguerite est une vraie pionnière, de la race des visionnaires, à l’origine de bien des transformations discrètes au royaume de France. Espionne, femme de foi et de pouvoir, mécène, auteur du célèbre Heptameron, régente, elle a tout appris de Léonard de Vinci en matière de codes. Elle risque le bûcher mais joue de son pouvoir pour aider à réformer en profondeur l’Église et les mentalités. Elle donne des conseils aux femmes de son temps comme on le ferait aujourd’hui. On la dit frigide, c’est une grande amoureuse sensuelle. On la dit royale, elle aime jardiner habillée en paysanne. Son introspection touche à l’inconscient d’une manière moderne.

Chronique de Garlon

 

Faisons une plongée dans l’Histoire afin de découvrir la vie de Marguerite de Navarre.


Fille de Louise de Savoie, la “veuve joyeuse” qui donna son visage à la Joconde, Margueritte vit dans l’ombre de son frère, que sa mère destine à devenir roi de France.

Elle grandira ainsi rabaissée et violée par un frère incestueux, avant de se retrouver mariée à un homme sans envergure...
Mais ce n’est là que le début de l’histoire de cette femme exceptionnelle qui rencontra nombre de grands esprits de cette époque.


J’ai assez apprécié ce livre, malgré le fait que j’ai souvent eu du mal, le trouvant fort lourd à lire.


On plonge ici en plein dans l’histoire de Marguerite de Navarre, et c’est fort plaisant de découvrir ce personnage. Grâce à sa vie, on peut découvrir à la fois ce qui arrive à la Cour de son frère, François 1er, à celle du roi de Navarre, et également à découvrir les pensées des grands esprits de l’époque. Nous apprenons donc ici énormément de choses sur divers aspects, ce qui fait de ce livre une petite mine d’or d’informations historiques et philosophiques.

On découvre ainsi toute la débauche de la Cour, les incestes, viols et infidélités, le faste dans lequel les grands vivaient pendant que les petits tentaient de survivre, la cruauté des rois, les conflits, etc.

On part aussi à la découverte des conflits religieux, en cette période troublée voyant l’arrivée des protestants, de Calvin, de Luther, etc., et on découvre ainsi avec horreur les massacres qui ont été faits pour des raisons totalement ridicules, comme, par exemple, le simple fait de lire la Bible en français. Il est clair que ce n’est pas ce genre de comportement qui va me réconcilier avec les religions. Cela nous permet ainsi de voir toute l’horreur de cette époque.

Mais on découvre aussi l’histoire de grands esprits ayant été proches de Margueritte, tels les légendaires François Rabelais (son amant), Calvin, Margueritte en elle même, qui écrivit beaucoup pour tenter de réformer la société, notamment pour aider les femmes, etc.

Et nous découvrons également, en fin de livre, une vision de Margueritte par un psychologue, qui décortique sa vie pour révéler son esprit et celui de ses proches.

Tout cela est vraiment passionnant et nous en apprend énormément !

Bien entendu, l’action et les rebondissements ne sont pas en reste. On vole d’intrigue en intrigue, de retournement de situation en retournement de situation, jusqu’à en avoir le tourni.


Le style de l’auteur, quant à lui, est ce qui m’a assez dérangé dans le livre. Je ne l’ai pas du tout trouvé fluide, et ai même eu beaucoup de mal par moment, décrochant tellement la lecture m’ennuiait. On n’a pas, ici, une histoire racontée de façon passionnante, mais une genre d’auto-biographie de Marguerite de Navarre, qui relate les évènements. Et elle les relate de façon beaucoup trop lourde, mettant des centaines de noms et de dates, décrivant les évènements de façon fort “froide” et impersonnelle, ce qui nous empèche de plonger dedans. Les trop nombreuses descriptions (parfois superflues) font perdre l’attention du lecteur. J’ai trouvé cela fort dommage, car l’histoire m’a vraiment fort plû, j’ai appris énormément de chose et ça a été passionnant, mais je me suis en même temps ennuyé à cause de ce style trop lourd à lire (ce n’est pas le cas tout le long du livre, mais malgré tout à de nombreux endroits). Je pense que, au vu de la lourdeur de l’écriture, un essai aurait peut-être mieux donné qu’un roman, car c’est presque la forme que le livre avait.

De plus, les trop nombreux passages en vieux français et les quelques uns en italien (et en anglais pour ceux qui ne maitrisent pas cette langue), non traduits, sont assez ennuyants, car ils empèchent le lecteur de plainement en profiter, car il doit soit s’arracher les cheveux pour lire le vieux français, soit passer les passages en italien (sauf si vous maitrisez cette langue, bien entendu). Une traduction aurait vraiment été la bienvenue.


Enfin, concernant les personnages, ils sont superbement travaillés. On plonge en pleine histoire, à la découverte de nombreux personnages historiques, et l’auteur a réussi à bien relever leur psyché, leurs états d’âme.

Par contre, de par le style fort lourd et assez impersonnel, on ne se sent pas proche d’eux, ne partageant pas leurs sentiments, ce qui est assez dommage, vu le potentiel sentimental qui réside dans la vie de Marguerite de Navarre.


En bref, un très bon livre qui nous fait découvrir de nombreux aspects historiques et philosophiques à travers la vie de Marguerite de Navarre, avec de nombreuses intrigues et retournements de situation et des personnages très bien travaillés. On reprochera par contre un style trop lourd qui a tendance à perdre le lecteur et des personnages desquels on ne se sent pas du tout proche.


A conseiller aux amateurs appréciant la foule de données historiques plus qu’aux lecteurs de romans historiques qui cherchent à apprendre un peu tout en se divertissant.


La Passion secrère d'une reine

Henriette Chardak

Le Passeur

Roman Historique

485 pages

22 €


Garlon

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Date de dernière mise à jour : 27/06/2013