La Racine Carrée de l'été, de Harriet Reuter Hapgood

Quatrième de Couverture :

Voilà ce que signifie aimer. Voilà ce que signifier faire le deuil de quelqu'un. C'est un peu comme un trou noir. C'est un peu comme l'infini.

Gottie H. Oppenheimer, génie des maths, perd du temps. Littéralement. Lors d'étranges absences, le temps disparaît, et elle est projetée dans son passé.

La voici, l'été dernier, quand Grey, son grand-père adoré, est mort. L'après-midi où elle est tombée amoureuse de Jason, qui ne tiendra même pas sa main à l'enterrement. Le jour où son ami d'enfance, Thomas, a déménagé et l'a laissée avec une cicatrice sur la main et un trou noir dans la mémoire.

Aujourd'hui, dans la petite ville anglaise où Gottie a grandi, Grey est toujours absent, mais Thomas est de retour. Le passé de Gottie, son présent et son avenir sont sur le point d'entrer en collision... et le cœur de quelqu'un va bientôt se briser. 

Chronique de Ceinwèn :

D'abord un petit point, Gottie n'est pas vraiment un génie des maths, on pourrait plutôt dire des sciences en général et de la physique en particulier ! Elle s'intéresse à des concepts abstraits et théorise sur sa propre théorie. Mais ne vous y trompez pas, ce n'est qu'une invention de l'auteur !

Ceci dit, ce roman est déstabilisant : de part sa construction et par les théories de Gottie. 

 

Gottie a perdu sa mère très jeune et a toujours vécu avec son père, son grand-père, son frère et son meilleur ami. Mais cette année, son grand-père est décédé et son meilleur ami est parti. Elle est déboussolée et n'arrive pas à gérer son chagrin. D'un naturel plutôt timide, elle se renferme encore plus sur elle-même, n'arrive plus à communiquer avec les autres. 

 

Un jour, Thomas, son meilleur ami, revient et habite chez Gottie. Tandis que son frère tente à sa manière d'honorer la mémoire de leur grand-père, Gottie est encore plus perdue : elle n'arrive pas à concilier son chagrin avec la présence de Thomas. Pire, elle subit des absences. Elle n'ose pas en parler, mais elle ne comprend plus ce qu'il se passe.

 

En vérité, Gottie s'est créée sa propre boucle temporelle. Car, oui, du coup ce livre a une touche de fantastique !

Lorsque Thomas a déménagé, elle a initié la boucle. Durant tout le roman, ce sont ces deux lignes temporelles qui s'affrontent et qui perturbent Gottie. 

Les deux boucles temporelles sont connectées et sont dépendantes l'une de l'autre : car à un moment du futur Gottie envoie un e-mail à Thomas ce qui provoquera son retour dans son "présent". Toutes les absences de la jeune fille, ces fameux trous noirs, sont en vérités des moments de cohabitation des deux boucles !

 

Il est vrai que ce n'est pas aisé à appréhender et je comprend que les lecteurs n'aient pas apprécié le roman. Cela rend sa construction et sa compréhension un peu ardu à suivre et pas forcément attrayant. Pourtant moi j'ai bien aimé. 

Car c'est aussi une histoire sur le deuil et la famille. Gottie n'est pas parfaite, loin de là. Et il lui faudra attendre la fin de l'été et de ses absences pour réaliser qu'elle n'est pas la seule à faire son deuil et que se renfermer sur elle-même tout en attendant des attentions des autres n'est pas forcément aisé ni une réaction saine. 

 

Un roman particulier donc, mais qui aura pourtant su me toucher.

 

 

La Racine Carrée de l'été, 

Harriet Reuter Hapgood 

PkJ

331 pages

17.90 € (moyen format) - 12.99 € (numérique)

 

Ceinwèn

Commentaires (2)

Ceinwèn

Beaucoup de lecteurs ont été déçus, mais j'avoue que j'ai bien aimé. Si on se concentre sur le fond du livre qui est l'absence, le deuil, la famille et l'amitié, je pense qu'on apprécie plus l'histoire.
Mais les absences de Gottie et ses moments de "théorie" peuvent déstabiliser ^^

Hommequilit
  • 2. Hommequilit (site web) | 27/11/2016

Ça l'air bien. Belle chronique :)

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