De la croyance à la perplexité - Itinéraire d'une agnostique, de Anne Boulanger-Pécout

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Quatrième de couverture

Concernant le vieux dilemme du croire ou ne pas croire, A. Boulanger-Pécout a trouvé, au fil de ses réflexions et interrogations, sa réponse à la question… Et l’essayiste de se définir ainsi comme une non-croyante agnostique. Pourtant, A. Boulanger-Pécout croyait et demeure encore aujourd’hui attachée à la personnalité de Jésus et à certains messages de l’Eglise. Alors comment en vient-on à ne plus croire, à dé-croire ? Qu’est-ce qui, dans la parole religieuse, au fil du temps, ne parvient plus à impressionner ou à y faire adhérer ? Et peut-on encore avoir une vie spirituelle sans appartenir à aucune religion ? Retour, sans provocation aucune, sans volonté de heurter, sur une trajectoire à rebours, sur une conversion à l’envers, sur un chemin qui mène, entre croyance et athéisme, à l’agnosticisme.

Si le ton de cet ouvrage demeure assuré, il n’en conserve pas moins respect et même une certaine forme d’admiration pour celles et ceux qui ont la foi. S’adressant aussi bien aux fidèles qu’à ceux qui se situent dans le doute, dialoguant avec toutes les facettes de l’âme, qu’elle soit croyante, athée, hésitante, cet essai fournit une belle interrogation sur ce tropisme proprement humain qu’est la recherche de ce qui lui est caché et divin, transcendant et supérieur.

 

Chronique d’Ailayah

Je tiens à remercier Publibook pour m’avoir permise de découvrir cet essai.

Ce n’est jamais facile de critiquer un ouvrage qui est de l’ordre du témoignage et de la vie personnelle. Je ne vais donc pas rentrer dans des débats sur ce qui est dit à proprement parler, mais davantage sur la façon dont c’est dit, bien qu’il se peut que je dérape à certains moments puisque la frontière est nécessairement fine entre les deux.

Pourquoi, tout d’abord, ai-je choisi d’accepter de lire ce témoignage ? Tout simplement parce que le sujet me paraissait intéressant, et la façon dont il est décrit dans la quatrième de couverture m’a donné envie de savoir pourquoi cette femme était devenue non-croyante, et connaître un peu son parcours. Etant moi-même croyante, c’est un sujet qui m’intéresse particulièrement. Mais c’est là ma première déception après avoir fini ce livre car, même après l’avoir lu, je ne pourrai réellement vous raconter le parcours de cette femme. J’ai compris quelques raisons pour lesquelles elle est devenue non-croyante, mais la manière totalement décousue dont est organisé le livre ne nous permet pas d’avoir  un regard linéaire sur son parcours.

Ce qui est également dommage c’est qu’elle aborde beaucoup de sujets intéressants, beaucoup de questions importantes, réelles, qu’elle nous fait part d’énormément de préjugés face à l’Eglise (en les démontant parfois, et d’autres non), mais toutes ces choses intéressantes ne sont qu’effleurées. Il aurait été vraiment intéressant d’approfondir beaucoup plus les choses. Un témoignage a quelque chose de très personnel dans sa forme, c’est littéralement se mettre à nu sur le papier, or, à aucun moment je n’ai eu le sentiment d’apprendre à connaître l’auteur, personnellement, de vivre ses questionnements, ses désirs, ses frustrations, ses souffrances et même ses joies. Témoigner, pour moi, c’est se rapprocher, personnellement, de son lectorat, or, à la fin de ce livre, Anne Boulanger-Pécout reste pour moi une étrangère qui m’a fait part de sa vision de la foi et de l’Eglise, mais rien de plus.

A certains moments, l’auteur nous fait part de rencontres qu’elle a faites, de dialogues échangés, mais là encore, rien n’est jamais développé, ce ne sont que des exemples furtifs qui ne nous permettent pas de réellement comprendre où elle veut en venir. J’ai eu parfois du mal à tout suivre à cause de cette rapidité, ce qui est vraiment dommage car énormément de sujets intéressants sont abordés. Ceux sur lesquels l’auteur passe plus de temps m’ont paru parfois comme des faits sur lesquels il ne faut pas s’appesantir et critiquer mais au contraire tenter de voir la raison et de trouver des solutions. Je prendrai comme exemple l’ennui à la messe sur lequel l’auteur insiste énormément. Oui, « on s’ennuie à la messe », c’est la réponse de beaucoup d’enfants, de jeunes, et même d’adultes. Mais au lieu de critiquer ce fait (après tout, il n’y a pas qu’à la messe qu’on s’ennuie), il faut davantage critiquer tous ceux qui ne font rien pour changer cela, et pour moi cela passe d’abord par la compréhension. Qui, de nos jours, comprend vraiment tous les gestes qui se font à la messe ? Pourquoi la liturgie de la parole ? Pourquoi une homélie ? Pourquoi chantons-nous le Kyrie, le Sanctus … ? Pourquoi redisons-nous le Credo, le Notre Père ? Je ne m’en cache pas, je n’ai pas toutes les réponses, mais j’ai le sentiment que si nous nous intéressions à ces questions là, alors peut-être y aurait-il moins de « on s’ennuie à la messe ». C’est un sujet intéressant, et un débat qui encore aujourd’hui devrait avoir lieu, et c’est ce que j’attendais un peu dans ce témoignage mais que je n’ai pas reçu.

Une chose qui a été pour moi très intéressante cependant, c’est de voir l’évolution de l’Eglise, car l’auteur nous parle, notamment au début de son témoignage, de l’Eglise de son enfance et de son adolescence, durant la période d’après-guerre. Je dois dire que je suis heureuse de n’avoir jamais connu cette Eglise où l’image de Dieu faisait peur, où on apprenait à craindre ce Dieu qui juge. Je me sens si loin de cette vision dans ma propre foi. Il est intéressant également que l’auteur fasse remonter de nombreux problèmes de l’Eglise d’aujourd’hui, et je ne les renie en aucune façon, l’Eglise n’est pas parfaite, bien qu’elle soit représentative d’une religion, basée sur la foi, sur Dieu, elle n’en reste pas moins à mes yeux une institution humaine, avec toutes ses forces et ses faiblesses. La foi, la croyance, la religion, c’est bien plus complexe qu’il n’y paraît, et c’est cet aspect qui ressort également du témoignage de Anne Boulanger-Pécout, qui malgré ses défauts, reste intéressant sur certains points.

 

De la croyance à la perplexité - Itinéraire d’une agnostique

Anne Boulanger-Pécout

Publibook

146 pages

10€

 

 

Ailayah

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