L'énigme du suicide à l'adolescence

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Quatrième de couverture

Le suicide est l’une des premières causes de mortalité à l’adolescence. Ce drame individuel retentit sur la famille et l’entourage, pour qui il demeure incompréhensible.

Comment tenir compte de cette réalité lorsqu’on est parent, enseignant, éducateur, médecin, psychologue ? Comment comprendre la tentation du suicide et réagir face  à une tentative afin d’éviter la récidive ? Comment peut-on désirer la mort à un âge plein de promesses ? Quels axes de réflexions favoriser dans une perspective de prévention ? La psychothérapie psychanalytique est-elle une des voies à privilégier… ?

Fondé sur la contribution de spécialistes de différentes disciplines, cet ouvrage tente de comprendre les raisons qui peuvent pousser un adolescent à vouloir mourir, pour pouvoir espérer ainsi prévenir les passages à l’acte.

 

Chronique d'Alexandre

Je vous parlerai aujourd’hui du livre « L’énigme du suicide à l’adolescence », écrit sous la direction d’Annie Birraux et Didier Lauru.

Loin des thrillers, romans de fantasy ou autre style semblable, je pense qu’il est important de préciser que, comme le laisse supposer le titre, il s’agit d’un ouvrage plutôt théorique, destiné à susciter une certaine réflexion au lecteur et à lui transmettre un certain savoir.

Cette petite précision apportée, lançons-nous maintenant dans la chronique à proprement parler !

Il m’est difficile de vous livrer un avis bien clair, de par le fait que certains aspects de cet ouvrage m’ont beaucoup plus, et que d’autres, au contraire, m’ont fortement rebuté.

Commençons par les points négatifs.

Le premier, et celui qui a pris le plus d’importance à mes yeux, est un point qui est lié au style de langage employé.

Durant toute ma lecture, j’ai ressenti une frustration grandissante face au fait qu’il m’était nécessaire de faire de nombreuses pauses pour être certain de bien saisir la portée de ce qui est avancé par les auteurs. Non qu’il s’agisse d’une difficulté liée uniquement à cet ouvrage (car il semblerait que dans tout ouvrage théorique qui se respecte, le langage doive absolument atteindre un niveau plaçant le lecteur non averti dans une situation telle qu’il ne pourra pas comprendre et / ou emmagasiner les informations qui l’intéressent), mais c’est l’aspect qui m’a le plus rebuté au fil des pages.

 

J’ai fort heureusement bénéficié de cours de psychologie suffisamment poussés que pour parvenir à saisir le sens des notions apportées et comprendre, reconnaître une bonne partie des concepts énoncés sans avoir à effectuer des recherches personnelles, mais il est bien entendu que la plus grande majorité d’entre nous n’a pas eu cette possibilité. Or, je suis persuadé que sans cette difficulté d’approche, cet ouvrage pourrait apporter un nombre considérable de réponses à des parents, des familles, amis etc. en situation de doute, voire même éclairer un nombre certain de personnes sur des notions de psychologie un peu plus poussées que celles que tout un chacun connait.

Je pourrais encore apporter plus d’arguments et les développer beaucoup plus, mais nous nous écarterions du sujet qui nous préoccupe vraiment ici.

 

Dans le négatif, il me reste deux points à cibler. Points qui m’ont particulièrement marqués.

 

Le premier étant lié à une part du contenu. L’ouvrage énonce un certain nombre de causes pouvant augmenter le risque suicidaire à l’adolescence. Parmi celles-ci, les auteurs évoquent l’homosexualité du sujet comme étant un facteur de risque.

Loin de moi l’idée de remettre en doute ce point, mais il m’a fallu pousser ma lecture plus en avant pour me rendre compte, ou plutôt déduire, que ce qui pouvait réellement être un facteur de risque n’est pas l’homosexualité en elle-même, mais plutôt les questionnements qu’elle implique pour la personne concernée, le regard qu’elle portera sur elle-même, celui que lui portera sont entourage, et bien d’autres choses encore.

Je n’ai pas la prétention ici de vous affirmer que ce que j’ai compris est d’office exacte, mais si ça l’est, j’éprouve un certain regret face au fait qu’il faille réellement pousser la lecture pour arriver à cette conclusion. Avant ça, j’ai eu le désagréable sentiment d’être confronté à une homophobie camouflée par toute une série d’apports théorique, justifiée vaille que vaille à coups de statistiques et de références diverses. Fort heureusement, cette impression s’est dissipée au fil des pages.

 

Enfin, le dernier point plus négatif, qui m’a plus frappé que dérangé, est lié à la quatrième de couverture. Dans celle-ci, la question de la pertinence de la thérapie psychanalytique comme voie privilégiée est posée. Encore une fois, loin de moi l’idée de remettre en doute les écrits, mes maigres connaissances en la matière ne me le permettent certainement pas, mais dès les premières pages les théories avancées m’ont parues résolument psychanalytiques, et cette impression s’est encore confirmée à la lecture de la suite du livre.

Dans un pareil cas, avec une directrice si fortement, voire même ouvertement engagée, la question que je me pose est liée à la pertinence de poser pareille question sur la quatrième de couverture ?

Un détail qui prête à sourire, mais qui pourrait gêner certains lecteurs moins convaincus par la psychanalyse.

 

Passons maintenant au positif, qui même s’il sera moins longuement développé que ce qui précède n’en reste pas moins d’une importance non négligeable.

 

Durant toute ma lecture, le côté complet des informations livrées m’a réellement impressionné et a contribué grandement à m’apporter une impression positive sur l’ouvrage, malgré mes très récurrents coups de rogne liés au style de l’écriture, ce qui n’est pas une mince affaire ! Ceux qui me connaissent pourront attester de l’importance qu’à pour moi le style de l’écriture, et parvenir à m’intéresser au point de continuer ma lecture malgré tout relève de l’exploit !

Encore une fois, je ne suis pas un spécialiste de la question de l’adolescence, et encore moins du suicide à cette période de la vie, mais il m’a semblé que ce que les auteurs avancent est réellement bien fourni et ne laisse pas ou très peu de place au sentiment de trop peu par rapport à tel ou tel concept, sans pour autant fermer toutes les interrogations que peuvent susciter les notions abordées. Autrement dit, tout en répondant à un nombre impressionnant de questions, les auteurs parviennent à en susciter d’autres chez le lecteur, l’amenant à s’intéresser à des versants de la psychologie pour lesquels il n’aurait jamais pensé pouvoir un jour éprouver de l’intérêt, voire même en entendre parler.

 

Un autre point positif non négligeable, celui de la qualité des informations contenues dans ces pages. Sur la quatrième de couverture, on retrouve une partie des noms qui ont contribués aux apports théoriques de l’ouvrage. Rien que cette liste, bien qu’incomplète, est une gageur de qualité, de par la renommée et la qualité reconnue des auteurs cités.

D’autre part, tout au long de l’ouvrage, les références abondent, complètes, précises et nous renvoyant à des sommités.

C’est donc en toute confiance que le lecteur pourra s’abandonner au savoir délivré au fil des pages !

 

Un avis un peu particulier car très noir sur la forme, mais réellement positif sur le fond ! C’est donc un livre que je recommanderais aux lecteurs bien avertis, pour peu que le sujet les intéresse au minimum.

 

L’énigme du suicide à l’adolescence

Annie Birraux et Didier Lauru

340 pages

Albin Michel

19.5 euros

Alexandre

 

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Date de dernière mise à jour : 08/02/2013